Depuis une semaine, la Cameroon music corporation a ouvert les vannes de la troisième répartition spéciale des droits d’exécution publique (Dep). Mais pas pour tous. –
Vendredi 22 septembre, quelques artistes musiciens font des va-et-vient à la direction générale de l’agence de Cameroon music corporation (Cmc) du Littoral. Dans la salle de répartition, le personnel s’affaire à les servir tout le monde est très pris. “ Depuis lundi, les artistes viennent percevoir leurs droits d’auteurs ”, explique M. Mathias Njoga fondation des éditions “ Disque Cousin ” dans les années 60 et membre de la commission de répartition. Cette troisième répartition spéciale des droits d’exécution publique du genre, effectuée par la Cmc, rentre dans “ l’apurement d’arriérés, antérieure à la gestion de l’actuelle équipe dirigeante ”, affirme-t-on à la Cmc Littoral. Ladite répartition couvre la période allant de septembre 2003 à avril 2005. “ La somme en répartition pour cette opération s’élève à 47 millions de Fcfa et a pour source unique la Crtv Radio. La plus grosse enveloppe est d’environ 570.000 Fcfa alors que la plus modeste est de 5000 Fcfa. Soixante deux auteurs compositeurs et éditeurs touchent entre 100.000 Fcfa et 500.000 Fcfa. Près d’un millier d’artistes reçoivent moins de 100.000 Fcfa ”, explique dans un communiqué de presse, Manfred Moumi, chargé de la communication et des relations publiques, à la Cmc Douala.
Cette troisième répartition des droits d’exécution publique qui a débuté le 18 septembre intervient après cinq répartitions des droits de reproduction mécanique et deux répartitions de droits d’exécution publique. Même si à la Cmc, on se réjouit des progrès effectués. Mais les artistes ne sont pas toujours contents. La répartition des droits d’exécution publique d’avril 2006 avait déjà en son temps, fait couler encre et salive. Cette fois, parmi les quelque “ 1100 ayants droit concernés ” par ce partage, certains artistes ne s’y retrouvent pas. Devis Mambo est de ceux-là. Cet artiste musicien qui a trois albums sur le marché n’en revient pas. “ J’ai découvert que mon nom ne figurait pas sur la liste des bénéficiaires de cette répartition. Ce qui ne s’est jamais produit. Mais, j’ai introduit une requête auprès de la commission en charge. Mon cas e est sûrement en train d’être traitée. M. Njoga m’a assuré que c’est une erreur qui sera rectifiée ”, confie l’artist, la mine défaite, mais le regard plein d’espoir. Pour la quasi-totalité des artistes camerounais, cette redistribution des droits d’auteurs constitue un véritable salaire.
A l’instar de Devis Mambo, plusieurs artistes attendent de voir leur dossier être traité, pour avoir enfin droit à cette manne. Toutefois, la grande pomme de discorde entre les artistes musiciens et les membres de la commission de répartition, est l’épaisseur des enveloppes jugée maigre. “ Avec tout le succès que Johnny a connu ici dehors, on m’appelle pour me dire de venir prendre 200.000 Fcfa ”, s’exclame avec dédain, Ange Bagnia.
Comme lors des précédentes répartitions, la commission Joe Mboule a choisi de travailler sur “ une procédure de sondage et d’exploitation des programmes radio de la Crtv, uniquement des périodes citées plus haut ”. Du coup, certains artistes qui ont vu leur œuvre jouer à longueur de journée dans les Fm de nos cités, crient au complot. Selon Manfred Moumi, chargé de communication à la Cmc Douala. “ seuls les artistes méritants ont droit à ces Dep. Pour leur partage, nous tenons compte des playlists ”. En effet, la formule des playlists est nouvelle dans la gestion collective des droits d’auteurs au Cameroun. Tous les mécanismes ne semblent pas être maîtrisés. D’où des cas de lésion décriés ci et là. Cette fois Ndedi Eyango rafle 549.301 Fcfa. Le prince des montagnes décroche la première marche du podium, jadis occupée par Petit Pays. L’homme de la Monako s’en tire avec 164.365 Fcfa.
