L’enseignant de mathématiques a commencé une carrière dans le rap en 1988.
Dorine Ekwè –
Ses congénères dans le milieu hip hop camerounais ne tarissent pas d’éloges sur sa personne. Et malgré tout, le rappeur qui célèbre tout au long du mois d’août en cours ses 20 ans de carrière se fait modeste. Avec six albums sur le marché dont trois avec le star system qui s’est rebaptisé War system quelques années plus tard, Peckey Power se présente comme l’un des précurseurs du hip-hop au Cameroun.
C’est en effet en 1988 que tout a commencé pour ce jeune homme, cinquième enfant d’une famille de dix et qui a fait ses classes comme batteur et danseur au cabaret "La saladière" à Yaoundé. Cette année-là, il intègre le "Star System", groupe phare de rap au Cameroun pendant cette période, et qui s’est fait connaître grâce à ses différentes chorégraphies inspirées du titre "Bad" de Michael Jackson. En 1992, alors les courants du Hip-Hop atteignent les grandes métropoles africaines dans les années 1990, offrant à la jeunesse africaine une nouvelle forme d’expression pour dire ses aspirations, Peckey Power contribue, au chant, à la sortie de l’album "Djé dance" qui est accueilli avec euphorie par la jeunesse camerounaise. L’album se vend à 26.000 exemplaires et Peckey Power profite de son passage dans ce groupe qui en 1996 devient le "War system", pour se roder pendant les spectacles scolaires et les différents passages du groupe dans les cabarets de la ville de Yaoundé.
Enseignement
Après la scission du groupe "pour des raisons économiques", le jeune homme couvert de tatouages se lance dans une carrière solo et propose à son public un mélange de Rnb, de Makossa et de musiques folkloriques. Un mélange de genre qu’il baptise "Afro soul Vibration". A propos de tous ces tatouages qui marquent ses bras, il confiait il y a quelques temps sur le site Kamer hip-hop: "Ça me rappelle moi-même. Le lion symbolise mon signe zodiaque. Le long couteau, c’est pour me protéger et les quatre autres signes : Venus représente la musique, Jupiter, l’élévation sur le plan financier, Mars, la force…". Seulement, il reconnaît que faire du rap au Cameroun n’a jamais été une sinécure. Parallèlement à sa carrière solo qu’il a engagée et au cours de laquelle il a produit trois albums (Té-Iyié (2004), Mé-Kome (2005), Enfants défavorisés (2008)), il a lancé sa propre écurie, Flape production, qui lui permet de produire de jeunes talents.
Mais, bien qu’il " vive décemment", tout n’est pas toujours rose et il s’est vite rendu compte qu’il ne pouvait vivre uniquement du hip-hop. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a décidé de poursuivre des études à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé. Des études qui lui ont permis d’embrasser la profession d’enseignant. De ce fait, il donne des cours de mathématiques au lycée classique de Nkolbisson. Comment l’homme au dreadlocks et aux tatouages réussit-il à imposer son style à ses élèves. Pour lui, il n’y a rien de plus simple : "J’ai onze ans de carrière comme enseignant et, au lycée, c’est Monsieur Mpeck et non Peckey qui donne des cours. Je tiens à ce que mes élèves respectent ça. J’ai souvent invité des journalistes à prendre part aux cours que je donne. Ils ont pu se rendre compte par eux-mêmes." confie-t-il avant de préciser que souvent, il est emmené à conseiller certains de ses élèves qui veulent se lancer dans la musique hip-hop.
