Transport urbain : Bonabéri – Bonanjo en bateau
Un consortium Canado-camerounais se propose de lancer ce mode de transport au mois de mai 2007 à Douala.
Brice R. Mbodiam
200 Fcfa pour une traversée du fleuve Wouri entre Bonabéri et Bonanjo, le quartier administratif de la ville de Douala. La traversée d’une durée de 12 minutes se fera sur 6 à 10 bateaux d’une capacité de 200 places chacun. C’est l’activité à laquelle va s’atteler, dès le mois de mai 2007, la société anonyme Hywater, filiale du consortium Canado-camerounais Hyti. Lequel consortium se propose également d’installer au Cameroun deux autres entreprises : Hycenter, spécialisée dans la formation et le recyclage des chauffeurs de gros porteurs, ainsi que les techniciens de maintenance en mécanique, électronique, électricité, gestion des transports, etc. et Hyrail, un centre de distribution des pièces détachées et de révision des équipements ferroviaires. C’est la substance d’un point de presse donnée hier, mercredi 22 novembre 2006, dans les locaux du Haut commissariat du Canada à Yaoundé, par Pascal Balata Bayl, l’un des coordonnateurs de ce projet susceptible de générer mille emplois en 3 ans, selon les promoteurs.
A l’observation, et ainsi que l’aurait fait savoir le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala aux responsables du projet -à en croire Pascal Balata Bayl lui même- l’activité la plus bénéfique pour les populations sera le transport par bateau entre Bonabéri et Bonanjo. En effet, ces deux quartiers de la capitale économique distants de 800 mètres (à partir des deux berges du Wouri) sont actuellement reliés par une route bitumée de 6 kilomètres (en passant par le Port) à 8 kilomètres (en passant par Akwa). En plus de la traversée, qui dure souvent plusieurs heures aux heures de pointe, le transport entre les deux quartiers (en taxi ou en moto-taxi) coûte actuellement 400 Fcfa (Bonabéri-Rond point Deido-Bonanjo), voire 500 à 600 Fcfa du fait des embouteillages sur le pont du Wouri.
Ces coûts sont inférieurs à l’investissement en carburant que consentent les propriétaires de véhicules ralliant chaque jour les deux quartiers, pour des raisons professionnelles. A l’intention de ceux-ci, Pascal Balata Bayl rassure que les bâteaux de Hywater pourront également transporter des véhicules. De quoi faire des économies aussi bien en numéraires qu’en temps pour les automobilistes et les usagers des transports en commun de ces deux quartiers de la capitale économique. Lesquels habitants et bien d’autres Camerounais peuvent, par ailleurs, participer à la mise en place du consortium Hyfi à travers l’achat d’obligations. Car, dans le capital de 100 millions Fcfa de Hyfi (60% pour le Canada et 40% pour les camerounais, dont éventuellement la Société nationale d’investissement (Sni), qui a donné "un accord de principe jusqu’ici", selon Pascal Balata Bayl) 800 obligations d’une valeur d’un million Fcfa chacune sont mises à la disposition du public.
Placement obligataire
Il s’agit-là du tout premier appel du public au placement hors marché financier au Cameroun. Une option sous-tendue, apprend-on, par le désir d’associer les populations camerounaises dans ce projet. "Nous n’avons pas obtenu la preuve de l’efficacité de la Douala stock Exchange (Dsx, Bourse des valeurs mobilières de Douala). Nous ne pouvons pas confier 5,5 milliards Fcfa et un milliard d’épargne de monsieur Tout-le-monde à une telle institution", affirme Pascal Balata Bayl, avant de poursuivre : "La loi qui institut la Dsx exclut ce type de projet de la cotation. Pour entrer à la Dsx, il faut présenter au moins trois bilans [c’est-à-dire avoir fonctionné au moins pendant trois ans], ce qui exclut d’office les projets nouveaux".
Pour souscrire à une obligation, explique les responsables du projet, il suffit de se présenter à un guichet de Afriland First Bank (un partenaire dudit projet), où un compte est ouvert. Après le versement d’un million Fcfa, l’obligataire reçoit un coupon sur la base duquel Maître Marceline Enganalim, notaire à Douala, lui remet un contrat dont une copie a été présentée au cours du point de presse d’hier à Yaoundé. Il s’agit d’un contrat, soutiennent les promoteurs du projet, doublement sécurisé par les parties camerounaise et canadienne. Par le biais de ce placement, l’obligataire, qui peut revendre son obligation après trois ans exclusivement aux partenaires canadiens du projet, peut tirer des intérêts annuels de 120 mille Fcfa. Soit un taux de 12 % ; tandis que, affirme Antoine-Marie Tiki, un expert financier impliqué dans le projet, le même placement dans une banque classique rapporterait des intérêts de 4,7 5% seulement chaque année.
