Avec « Le règne du mépris », Ernest Njong décrit clairement l’évolution sociale et politique du Cameroun. –
L’auteur n’avait pas eu froid aux yeux lorsqu’il fallait présenter officiellement son ouvrage au public le 19 mai dernier au Centre de jeunesse et d’animation de la Cité-sic de Douala-Bassa dans une salle archicomble. "Le règne du mépris" de Njong Ernest Yufenyu retrace le quotidien d’un peuple affaibli et pris en otage par ses dirigeants. Le jeune auteur s’inquiète à travers des faits, du futur d’une jeunesse embrigadée, qui ne peut s’exprimer à cause du zèle très poussé des responsables politiques de son pays. Sans masquer les faits, l’auteur montre comment des hommes marginalisés, sont interdits de circuler ou encore de tout mouvement par leurs semblables. Des dirigeants irresponsables, corrompus, malhonnêtes, qui, malheureusement, sont à la tête d’une société qui a du mal à progresser. "Le règne du mépris" de Njong Ernest Yufenyu se rapproche de ces multitudes d’œuvres, qui ont toujours décrié les comportements des Camerounais, surtout des dirigeants du pays.
Dans un mélange de français, d’anglais, de pidgin, de l’argot, le roman présente comment le rêve des jeunes gens a été brusquement cassé par des personnes sans scrupule, qui n’ont pas pitié de leurs semblables en souffrance. "Lorsque je quittais mon village, j’étais persuadée que je devais exercer un métier très important pouvant faire de moi un homme bougrement riche. Mais quant à voir ce travail, il est trop difficile pour nous, qui sommes assez jeunes pour nous peiner de la sorte…", fait savoir l’auteur, qui se cache derrière une jeune qui ne sait plus où donner de la tête. L’auteur qualifie les responsables actuels, qui, pourtant, ont bénéficié des largesses de l’Etat du temps du temps de leur jeunesse, de "cruels" ; et taxe leur environnement de "jungle transformée en un immense champ de bataille où les hommes armés combattaient contre des civils innocents et non coupables".
Le livre préfacé par le Pr Jean Gatsi indique que la jeunesse est désabusée et que les conditions de vie de cette jeunesse, très peu enviables, peuvent transformer un jour le Cameroun en cimetière de martyrs. Le roman de 112 pages est subdivisé en quatre chapitres dans un mélange de temps, et dominé par l’imparfait de l’indicatif. Cependant, contrairement aux poèmes, on n’y retrouve pas une diversité de figures de style. L’on peut tout de même regretter que quelques coquilles et accords se soient glissés à travers certaines pages. Njong Ernest Yufenyu, 27 ans, aujourd’hui étudiant à l’Université de Douala, entend poursuivre les dénonciations à travers d’autres œuvres qu’il va mettre à la disposition du public, a-t-il promis.
Wilfried Joël Tankeu (Stagiaire)
