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Théâtre : Exils de métisse sur scène

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La représentation d' »Exils 4″ reflète une recherche identitaire à laquelle se mêle à un voyage vers l’inconnu. –

Le public du Centre culturel français Blaise Cendrars de Douala aura retenu les deux scènes jugées impudiques d’Exils 4. Mais, au-delà de la nudité des protagonistes, le metteur en scène Eva Doumbia a voulu montrer le tiraillement interne auquel se livrent les métisses et les fils d’immigrés. Pris entre deux mondes : celui d’ici et d’ailleurs, les métisses doivent pourtant trouver un juste équilibre. Une identité. La scène s’ouvre sur un décor léger, composé d’une chaise et d’une valise. La chaise semble symboliser l’inertie, l’emprisonnement. Et la valise reflèterait le voyage, l’esprit de découverte qui anime les personnages de la pièce.

Mais comment aller à la rencontre de l’inconnu ? D’un univers qu’on ne connaît pas ? Il faut pourtant franchir le pas. Chérie Traoré, fille d’exilé africain en France, tente le tout pour le tout. Elle réussi à dompter ses démons et entreprend le voyage dont elle a toujours rêvé. Celui qui lui permet de se réconcilier avec ses origines africaines, son ascendance nègre. Pour mimer la traversée hésitante de son personnage, Sabine Samba esquisse des mouvements "robotiques", sous un air de hip-hop. La musique monte crescendo, à mesure que la comédienne s’achemine vers le bout du tunnel. Tout près, la voix de Nanténé Traoré accompagne ces enjambées rythmiques, d’une rhétorique philosophique. Lorsqu’elle foule la terre de ses ancêtres, Chérie Traoré se voit conter l’histoire de son nom, celui du clan des Fourama, aux confins de l’Afrique de l’Ouest.

Impuretés
Mais avant d intégrer le milieu de ses frères de sang, le personnage doit se soumettre à une thérapie. Un mélange de rites ancestraux, qui ne sont pas au goût de la postulante. Mais Fatoumata Traoré saura bien convaincre sa nièce métisse du bien-fondé de ce passage initiatique. Au menu de cette "thérapie" : bain et tétée. Des moments intimes interprétés à nue, par deux jeunes femmes. Des scènes qui ont visiblement choqué de nombreux pudiques. Quelques-uns ont quitté la salle. Avait-on besoin de ça ? Par symbolisme sans doute. Le symbole de la guérison, du débarras des impuretés du corps et de l’âme.
Le rideau rouge tombe sur Chérie Traoré souriante. Le sourire de la renaissance et de l’identité retrouvée. Les applaudissements nourris du public semblent émouvoir Sabine Samba, Salimata Kamaté, Nanténé Traoré et Elise Berthelier. Toutes des femmes. Des métisses, à l’exception de Salimata Kamaté. Eva Doumbia mettait ainsi en scène, le texte d’Aristide Tarnagda, auteur Burkinabé. Les scènes étaient également enrichies de brèves projections des documentaires vidéo, sur la problématique du métissage et de l’émigration. La troupe poursuit sa tournée à Malabo, en Guinée Equatoriale.

Monique Ngo Mayag

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