Ruben Binam Bikoï, producteur du groupe depuis six ans, parle de leur succès. –
Qu’est ce qui peut expliquer le succès actuel des X-Maleya ?
C’est un groupe dont on pourrait dire qu’il est ouvert sur le plan de la sensibilité musicale. Au départ, ils ont été estampillés hip hop. Puis, au fil du temps, nous avons essayé de caler les harmonies et je pense qu’ils sont en train de suivre la voie des plus grands artistes, tels que Salif Keita ou Youssou N’Dour. On a plus de rythme, plus de chanson, mais on reste toujours dans le rythme jeune. Le succès est une chose qui est toujours surprenante et inattendue. Je n’ai pas la prétention de pouvoir expliquer le succès de X-Maleya mais je peux affirmer que ce sont des gens qui travaillent honnêtement. Les artistes du groupe X-Maleya sont des gens qui se donnent à fond dans tout ce qu’ils font. Ils sont fidèles et c’est une qualité qui est utile quand on travaille dans le monde de la musique. Ils sont également ambitieux et quand l’on est ambitieux, on va être disponible pour toutes les actions qui en valent la peine. Je pense que c’est pour cela que tout se passe bien pour le groupe, mais je ne dis pas pour autant qu’il s’agit de la formule magique pour le succès.
Quelle est la particularité du groupe sur le plan musical ?
Je pense que X-Maleya c’est tout simplement X-Maleya. C’est-à-dire que ce groupe est unique, car il n’est pas calqué sur d’autres groupes qui ont connu le succès avant eux, comme le Bantu Pô Si ou les Macase. Il est unique en sa démarche par son histoire et par sa constitution. Si les gens écoutent leur musique c’est simplement parce qu’ils ont aimé ce que le groupe fait. Ils se sont reconnus dans le mélange qu’orchestre le groupe. Un mélange de la tendance au niveau des âges et un mélange de la tendance au niveau des espaces, c’est-à-dire qu’ils s’intéressent à la musique occidentale et à la musique de pure souche. Et je pense que plus on ratisse large plus on attire du monde.
Comment voyez-vous l’avenir du groupe, dans un contexte de piraterie entre autres ?
Nous sommes optimistes parce que nous ne sommes ni attentistes, ni passifs. Au niveau de l’audience, nous avons gagné des points car le groupe est connu et il est déjà dans l’esprit du public camerounais. Nous essayons désormais de trouver des solutions pratiques à la question de la piraterie, notamment à la question de la distribution de l’album. Nous avons mis sur pied le projet « Culture Mboa », qui va permettre de vendre progressivement les produits du groupe X-Maleya maintenant et des autres artistes plus tard. C’est ainsi que nous pensons résoudre le problème de la piraterie. Certes, le public camerounais tend à oublier rapidement certains artistes. Mais je pense que ces artistes tombés dans l’oubli ont mal géré leur succès. Soit ils ont pris la grosse tête, soit ils ont arrêté de travailler parce qu’ils ont eu du succès. Les X-Maleya comprennent que c’est encore le début de leur envol, et s’ils ont réussi au Cameroun, ils doivent être plus travailleurs pour aller encore plus loin.
Propos recueillis par M.N.
