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René Ayina : Nous avons banni le concept tête d’affiche

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Le directeur du festi-bikutsi qui est annoncé du 09 au 13 novembre parle de l’apport de ce festival dans l’éclosion du rythme et des articulations de cette édition qui se fera sans Lady Ponce et Majoie Ayi. –

Nous sommes à cinq jours du lancement de la 11ème édition du festi-bikutsi prévu du 09 au 14 novembre prochain. A quel niveau sont les préparatifs?
Les choses avancent plutôt bien. Nous sommes dans la phase terminale des préparatifs et je pense que, contrairement à nos inquiétudes, le festi-bikutsi aura bel et bien lieu.

Y-avait-il des craintes?
Comme toujours. Ce n’est pas facile de trouver les financements, il faut renouveler les contrats avec les partenaires, ce qui a déjà été fait et c’est pour cela que nous pouvons annoncer que le festival aura bel et bien lieu car, ce n’est pas toujours évident. S’il y avait encore des zones d’ombre, je pense que j’aurais tout simplement annoncé que le festival ne se tiendra pas cette année. Ce n’est pas étonnant que je le dise parce que quand on constate que ça c’est bien passé, c’est parce que nous avons réussi à organiser le festival avec le peu de moyens dont nous disposons. Cette année. Pratiquement tous les artistes ont signé leurs contrats donc nous pouvons le faire.

Qu’elles sont les articulations de cette 11ème édition du festival?
Elle va s’articuler autour de conférences et rencontres professionnelles parce que nous avons un forum de directeurs de festivals qui aura lieu le 12 et le 13. Nous avons également des formations pour enfants à l’instrument traditionnel qui se déroulent tous les après-midi du 09 au 13. Il est également prévu une formation des managers artistiques des opérateurs culturels qui commence le 09 et se termine le 13. Après cette phase, nous allons entamer avec les spectacles le 12, jour de la cérémonie d’ouverture du festival.

Quelles sont les têtes d’affiche de ce festival?
J’avoue que c’est une expression que nous bannissons dans le festival parce que nous considérons qu’il y a comme un foisonnement d’artistes qui ont une même valeur. C’est donc aller trop vite en besogne de mettre certains en avant. Cependant, je peux dire que Aï-Jo Mamadou, Charmant M qui est un jeune qui monte que nous n’avons pas programmé les années antérieures parce que nous pensions qu’il devait encore travailler, tonton Ebogo, Bisso Solo et bien d’autres seront là.

Le festival intervient à un moment où on ne distingue pas les artistes qui se sont démarqués contrairement à l’année dernière…
Ça justifie le fait que, lorsque nous désignons un artiste de l’année, une distinction que nous avons mise sur pied depuis deux ans, ça permet aux artistes de faire preuve de davantage de créativité et cette année, comme vous le dites, il n’y a pas d’artiste qui se démarque particulièrement. On va se fier au choix du public. Le jury va également va faire son travail.

Lady Ponce dit avoir un spectacle le 12 hors du Cameroun, Majoie Ayi se dit traumatisée par l’incident de l’année dernière et ne sera pas sur les scènes du festival…
Lady Ponce voyage le 04 et a un concert le 12. Ça ne nous gêne pas beaucoup. Au contraire, ça nous fait plaisir de savoir qu’elle va prester ailleurs, c’est notre honneur de savoir qu’un artiste est compétitif à l’extérieur. Il en est de même pour Ama Pierrot. Malgré leur absence, il y a d’autres artistes qui sont là et qui ont de la valeur et ils prouveront qu’ils sont à la hauteur de ceux-là qu’on désigne comme étant les leaders. Pour ce qui est de Majoie Ayi, elle ne pourra pas être là pendant le festival; elle va prendre part à la première phase du festival qui est constituée de conférence dans les mairies et nous entendons offrir des podiums dans ces différentes mairies.

N’avez-vous pas l’impression qu’après l’incident de l’année dernière, elles refusent toutes les deux de se produire au festival ?
Nous ne voulons pas chercher loin. Nous préférons travailler avec les informations que nous donnent les artistes. Nous pensons également que c’est de leur droit de vouloir jouer ou pas. Ce n’est pas une obligation

K-tino est annoncée mais ce n’est pas sûr qu’elle sera de la fête. Pourquoi?
Depuis qu’elle s’est mariée, son programme ne dépend plus que d’elle. Donc, si elle est là, on la programme sinon, le festival ne va pas s’arrêter. Le jour où elle pourra être là, on sera heureux de l’avoir sur scène.

Après plusieurs éditions avortées, le festi-bikutsi a repris du poil de la bête depuis deux ans. Qu’est-ce qui est à l’origine de ce regain d’énergie?
Quand les choses ne marchaient pas, nous avons arrêté pendant deux ou trois ans. Ce qui nous a donné le temps de restructurer le projet. C’est ce qui nous a permis de repartir sur de nouvelles bases avec de nouvelles personnes qui sentent le projet. Depuis que nous avons commencé avec ces personnes là, nous nous portons mieux. Le festival se porte désormais mieux parce que nous n’avons pas d’arriérés en termes de cachets, de logistique. Il a simplement besoin d’être boosté pour que nous parvenions à le développer car, jusque-là nous faisons uniquement de l’animation, ce qui paraît bien mais je pense qu’il faut ouvrir de nouveaux horizons.

Après onze années d’activités, qu’est-ce que vous pensez avoir apporté au bikutsi à travers votre festival?
Il y a déjà le plaisir personnel de voir un projet que l’on a monté aboutir et puis j’ai l’impression que les artistes se sentent à l’aise et sont contents d’être programmés. Le festival est devenu un site où ils peuvent venir s’exprimer. Au-delà de cela, nous avons l’impression que depuis un certain temps, le discours a changé, les critiques ne sont plus régulières. On faisait le reproche au bikutsi d’être trop grivois mais la nouvelle génération essaie de faire un travail plus épuré.

Et vous pensez que cela est le fait du festival que vous dirigez ?
Je pense, oui car, dans nos plans, nous faisions attention à ne pas programmer les artistes qui se laissaient aller aux paroles grivoises uniquement. Ils ont compris que s’ils poursuivaient dans ce registre, ils risquaient de ne pas être programmés. C’était une façon pour nous d’encourager les jeunes à faire du bikutsi de façon propre. Je pense que nous avons offert au bikutsi un espace de promotion où chaque année on se retrouve pour parler de l’évolution de ce rythme. C’est important parce que nous nous sommes rendu compte que nos rythmes ne sont pas connus à l’étranger. Le makossa a commencé mais a vite été noyé par les autres rythmes qui venaient d’autres pays d’Afrique. Je pense que c’est parce qu’il y a eu un manque de suivi. C’est cela que nous essayons d’apporter au bikutsi et nous espérons qu’il va faire long feu.

Combien un artiste peut gagner en une soirée ?
Les cachets sont clairs, c’est 50.000Fcfa par soirée. Nous n’avons pas d’argent ni de subventions. Pour le cas de cette année, nous innovons en allant faire des spectacles dans les mairies avec les Brasseries du Cameroun. Ce sera notamment à l’esplanade de la mairie de Yaoundé 2, Yaoundé 6 et Yaoundé 3. Nous annonçons les artistes qui sont présents à 90%. Nous essayons de maximiser les bons points pour que les annonceurs viennent.

Combien coûteront les billets d’entrée ?
En semaine, ils seront à 500fcfa mais le vendredi et le samedi, ils coûteront 1000Fcfa. L’année dernière le prix d’entrée à cette période avait été fixé à 2000Fcfa et les gens se sont plaints. Nous les comprenons mais nous continuons de dire que l’on ne paie jamais trop cher pour voir un artiste que l’on aime.

Propos recueillis par Dorine Ekwè

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