Le Centre culturel camerounais de Douala a abrité du 29 au 30 janvier 2010, la 1ere édition de poésie en scène. –
Le promoteur est un artiste au sens large du terme. Dramaturge, comédien, musicien avec une propension avérée pour le reggae et la funk, poète à ses heures perdues, Jam-Lam est pour tout dire un créateur dans sa plénitude. De sa muse est née le concept de poésie en scène dont la première édition s’est achevée à Douala au terme de deux jours d’une tempête d’idées et de déclamation des poèmes. Du 29 au 30 janvier 2010, la capitale économique du Cameroun est devenue un point névralgique où des allitérations, des rimes sous toutes les coutures ont explosé au grand bonheur d’un public mince mais toute ouïe.
En s’appuyant sur la marginalisation des poètes, le peu d’engouement manifesté autour de la chose poétique, le promoteur a décidé de prendre les taureaux par les cornes. Pour Jam-Lam, «Poésie en scène» est «une plate-forme d’échanges entre poètes et créateurs. C’est un projet de vulgarisation de la poésie et de promotion de ce genre littéraire». Normal que cette édition ait donné la part belle aux activités de formation et autres cogitations autour de la question. Au menu, l’on a noté une initiation de jeunes gens âgés de 6 à 17 ans à l’écriture poétique. Sous la férule de Marcel Kemadjou, poète, les élèves de l’école primaire de Dominique Savio, du collège Libermann ont été moulés à l’écriture poétique.
De même, «la poésie camerounaise et africaine a-t-elle une place sur le marché?» aura constitué le thème de la conférence animée par Akapin Mallo et Marcel Kemadjou. Pendant les échanges sur la question, des voix se sont élevées pour s’interroger sur l’existence ou non d’une poésie camerounaise, quand bien même il existe des poètes camerounais qui n’évoluent pas en marge du langage universel poétique et des canons qui régissent cette catégorie d’art. Le clou de cette édition expérimentale a été consacré aux prestations scéniques de la poétesse Matip, du créateur, du poète traditionnel Ras Tingling, Tamo Gilbert, Jam-Lam, Akapin Mallo. A travers une théâtralisation musicalisée, l’assistance a eu droit à des déclamations des poèmes à la satisfaction générale.
On n’en demandait pas mieux ! Pour ne pas faire les choses à moitié et passer les assisses intellectuelles de «Poésie en scène» par pertes et profit, Jam-Lam annonce une résidence de création qui mettra au vers une quinzaine de poètes de Douala dans la ville universitaire de Dschang à l’Ouest Cameroun au mois de mars prochain. On espère qu’au sortir de ce conclave, la production poétique gagnera des galons.
Alain NJIPOU
