Le président du comité d’organisation annonce les couleurs de ce rendez-vous culturel qui se tient du 1er au 6 février prochain. –
En quoi consiste le concept " Afric collection " ?
Afric collection est basé sur le fait que nous avons en Afrique une diversité et un savoir faire qu’il faut valoriser. Nous avons juste besoin d’une reconnaissance afin que stylistes, coiffeurs, accessoiristes et autres, vivent effectivement de leur métier. Le concept tente ainsi de mettre en branle tous les secteurs de la mode pour que nous soyons valorisons à l’intérieur de tout le continent africain
Quelle est la particularité de cette 6ème édition ?
L’année dernière, nous avons mis en place un défilé pour les jeunes et les enfants que nous comptons perpétuer. Nous avons également initié un défilé pour les accessoiristes que nous allons perpétuer également. En marge de cela, à l’intérieur du village du festival, qui se trouve être la place du gouvernement à Bonanjo, il se déroulera des défilés ouvert à tout le monde, donc gratuites. Tous les après midi, il y aura ainsi 5 défiles de mode et plusieurs autres manifestations. On a une quinzaine de créateurs invités parmi lesquels Alphadi, Pathéo. La vedette c’est Moustapha Assanali qui vient de Tanzanie et est d’origine indienne. Il fait de très belles choses. Cette année, on fait revenir la ghanéenne Bi exotik qui avait tant plu lors des premières éditions.
6 ans après, la mayonnaise a-t-elle pris, le public adhère t-il au concept ?
Il y a en effet de plus en plus de monde. On le constate dans notre location de chaises. Nous avons un parterre de 2.000 chaises qui ont été installées. Pour revenir aux particularités de cette édition, cette année, nous sommes sortis de l’hôtel Sawa pour rester dans le parc durant la grande soirée de gala. A l’hôtel Sawa, nous étions bloqués à 300 places et en optant pour le parc, nous allons pouvoir recevoir plus de 600 personnes. Le souci est vraiment de satisfaire le maximum de personnes lors de la soirée de gala le 06 février. Nous avons été frustrés l’année dernière, de refouler 70 couples et pourtant le ticket d’entrée était à 35.000 francs Cfa. Cette année, il est fixé à 25000 francs Cfa. Les partenaires ont souhaité que nous démocratisions l’évènement. Pour beaucoup de familles, c’est l’instant qui leur permet de découvrir des tenues pour l’année. IL y en a pour tous les goûts, de 5000 à 400.000 francs Cfa. C’est une occasion unique de venir encourager les jeunes stylistes camerounais et africains en général. Il y a aussi la participation des écoles de couture, de maquillages qui vont se produire et auront des stands.
On remarque qu’il n’y a pas assez de défilés à Douala. Il faut attendre les grands festivals pour découvrir les œuvres de nos stylistes. D’après vous, à quoi est due cette carence ?
Effectivement. Sachez que c’est important pour nous aussi qu’il y ait ces défilés tout au long de l’année. Nous (la structure d’Afric Collection) nous sommes engagés avec notre partenaire, à pouvoir notre assistance technique à des prix ras de terre, aux organisateurs de soirées de mode, en matière de sonorisation, lumière etc. Mais jusqu’ici, nous constatons malheureusement que seuls les jeunes stylistes de Yaoundé travaillent dans ce sens. Il y a rien sur Douala. Rien ne se fait à part Lambo La tiki de Rodrigue Tchato, qui malheureusement n’a pas eu lieu l’année dernière sûrement par faute de moyens.
Etant donné que vous ne bénéficiez pas de l’appui du ministère de la Culture, qui est finalement derrière cette initiative ?
D’abord, grâce à des bénévoles. Il faut savoir que depuis 6 ans, nous n’avons pas rentré un seul franc dans nos poches. Bien au contraire, nous avons dépensé de l’argent. L’année dernière encore, nous avons enregistré une perte de1 million de francs Cfa. C’était énorme, mais bien moins que lors de la première année où nous avons perdu 15 millions de francs Cfa. Mais nous avons foi en l’avenir. Par exemple, on a déjà pratiquement tout le plateau de 2011. Par ailleurs, pour garantir la production d’Afric collection existe nous employons au moins 250 personnes. C’est énorme c’est la plus grosse organisation en Afrique.
Propos recueillis par Monique Ngo Mayag
