Dans son dernier recueil, le jeune homme interpelle les jeunes l’importance du travail et se dit favorable au changement. –
Pour ceux qui connaissent le mal dont souffre Simon Eloundou, on se serait attendu à trouver de l’amertume dans ses œuvres, et peut-être, une certaine répulsion qu’il aurait nourrit à son égard. Simon Joël, semble-t-il, n’appartient pas à cette catégorie de personnes. C’est d’ailleurs avec le sourire qu’il déclare, lorsque l’on lui pose la question : «je ne suis pas complexé. Pourquoi en vouloir à la nature? Je ne reproche rien à personne».
Plutôt que de parler de mal physique dans ses œuvres, Simon Eloundou traite d’un autre type de mal: celui du cœur et de l’âme. A travers ses écrits (trois depuis le début de son aventure littéraire en 2000) il s’interroge notamment sur le devenir des jeunes mais aussi sur les rapports des hommes, le quotidien, la vie comme elle va en somme.
Comme dans «L’enfant africain» (2006) et «Où vas-tu» (2008), dans les 44 poèmes que compte son tout dernier bébé «Racines de la conscience», paru en novembre 2009 aux éditions Ifrikiya dans la collection Ronde dédiée aux poètes, Simon explore les mêmes sphères.
Dès le début de son recueil, il interpelle les jeunes et les appelle à travailler à travers son poème «Du rêve au matériel». Ici, le jeune auteur interpelle ses semblables «Allons au progrès Travaillons Combattons pour le succès Le rêve est un danger» dit-il. Un peu plus loin, c’est en imaginant son sourire ironique se dessiner que l’on lit l’un des vers de son poème «la solution». A son avis en effet, dans le monde actuel «Chacun est appelé à un monde de solutions
Qui a rang universitaire n’est pas intellectuel Personne ne serait en arrière si tout le monde avait trouvé la solution».
Tout au long du recueil, le jeune homme interpelle et dénonce. A travers «Le renouveau», il se dit favorable au changement. Il affirme «[…] Fixité est tristesse La fixité est danger pour l’évolution La conscience viendra du changement Le changement est une évolution Notre bien sera changement Vive le renouveau», clame-t-il avant d’affirmer, quelque peu sentencieux, des vers plus loin «sur terre rien n’est éternel». Un peu fleur bleu, le jeune homme qui rêve de mariage, de trouver une femme qui le comprendrait et qui l’aimerait a conçu un poème sur la question. A travers «Le mariage», 11ème poème du recueil, il livre son sentiment sur cette institution. De son avis en effet «Le mariage entre un homme et une femme s’appelle fidélité Je suis pour le meilleur et contre le pire qui est l’infidélité», lance-t-il.
A travers les différents poèmes, on dénote également cette influence de la philosophie dans la vie de ce jeune homme qui a fait ses classes en Lettres modernes françaises à la Faculté des arts et lettres de l’université de Yaoundé I à Ngoa-Ekellé. Lui-même n’a pas de cesse de présenter Jean jacques Rousseau ou Ebenezer Njoh Mouelle comme ses muses. C’est en effet alors qu’il est inscrit au lycée de Tsinga à Yaoundé que le jeune homme est pris par le virus de l’écriture : "J’étais très actif au lycée. Ça a permis que je sois très longtemps membre au parlement des enfants Et là, j’écrivais déjà. Je participais à des concours de littérature et de poésie", raconte t-il.
Et même si les succès ne sont pas encore d’actualité, le jeune homme se ravit déjà de savoir que ses ouvrages sont lus, par ces jeunes qui constituent la frange la plus importante de son lectorat.
Dorine Ekwè
