La finale des 5è Master Class s’est tenue vendredi dernier à Douala. –
Valéry Lobe a son successeur ! L’assertion tient lorsqu’on a écouté Jean François Ewelle jouer de la batterie. Ce n’est pas une faveur si le jury des «Aladji Touré Master Class» l’a plébiscité parmi les jeunes batteurs lancés dans la compétition. Tant le jeune lauréat sait s’y prendre avec les caisses, le rythme et…le jazz. Mais la batterie rageuse de Jean François n’était pas seule à l’honneur. Dans le concours d’Aladji Touré Master Class, la gloire se partage, tel dans un orchestre. Aussi, la guitare (basse et solo), le piano et le chant ont-ils connus leur dignitaire. Mouan Edridge Bertrand n’en est pas moins. Le jeune pianiste a tapé dans l’œil des décideurs. Lui qui s’était pourtant inscrit dans deux ateliers en compétition, le piano et la guitare basse. Mais ses doigts épousent visiblement mieux les touches du clavier. Même les yeux fermés, il reconnaît les notes qui rythment un Makossa à l’ancienne.
Donc la basse, ce sera pour une autre fois. La basse, c’est visiblement l’affaire de Darryl Kuika Kuika.
L’autre qui sait s’y prendre avec les cordes d’une guitare, c’est Simplice Kengne. Le quintuor des lauréats de la 5ème édition des Atmc est masculin.
Il en aurait été autrement si Eddy Berthy (Berthe Dissake de son vrai nom) n’avait pas failli au chant. C’est Jacques Mpoudi Dioh (dit Baby Dioh) qui poussera mieux la chansonnette. Le jury constitué de Bertin Mbakock, directeur d’entreprise, Seidou Touré bassiste, Johnson Monney, cadre de banque a dû statuer suivant 4 critères. L’accent était en effet mis sur la prestation scénique, l’expression du visage, la maîtrise de l’instrument et celle du chant.
A défaut de billets verts du comité d’organisation, les heureux gagnants retournent avec la reconnaissance d’un public avisé et des trophées scintillants.
«Ils ont déjà bénéficié d’une formation et non des moindres», explique Aladji Touré, le promoteur des Atmc. Néanmoins, Emmanuel Chatué, patron de la chaîne de télévision privée Canal 2 international, a remis une enveloppe de 50.000 francs Cfa à chaque lauréat. «En guise d’encouragement», déclare-t-il.
Ce dernier promet par ailleurs de produire des rejetons des Atmc à l’orée 2013. Cette cinquième édition a connu la participation d’une «centaine de candidats» renseigne Aladji Touré. Tous se sont lancés dans la course au trophée en mars dernier. La demi –finale retiendra 9 candidats pour la finale à Douala. Puis suivra une trêve entre le mois d’avril et le début du mois de juillet. «Ceci du fait de la coupe du monde de football», dit Aladji Touré. La formation des instrumentistes en herbe a duré deux semaines à Douala et Yaoundé.
L’apprentissage s’est fait sous la houlette de Epanya Castro (à la batterie) Philippe Monange (piano et harmonie), Aladji Touré (à l’orientation vocale, guitare basse et harmonie jazz). Le concept Atmc initié depuis 2005 par Aladji Touré (qui vient de fêter ses 30 ans de carrière de bassiste, ndlr) a pour but de former des instrumentistes.
Monique Ngo Mayag
