Des objets de divers ordres sont vendus dans ce petit marché d’objets d’art encore ignoré de la majorité des Camerounais…. –
Toute personne qui va ou revient de Village, quartier situé à l’entrée Sud de la ville de Douala, traverse sans s’en rendre compte « le Village de la sculpture ». Petit marché où sont exposés des objets d’art de plusieurs ordres, « le village de sculpture » s’offre à tous ceux qui voudraient découvrir les réalités culturelles Camerounaises. Situé le long de la route, à quelques mètres du bras mort du fleuve Wouri, il présente les allures d’un musée. Tant les objets sculptés d’origines diverses et de plusieurs variétés sont disposés dans les différents étales conçus à cet effet. Parmi ces objets, on peut distinguer, ceux qui servent à la décoration et ceux qui sont d’une utilité usuelle. Parmi les objets de la décoration il y a des sculptures de girafes, de caïmans, de crocodiles, d’éléphants, des masques et d’autres encore.
S’agissant des objets utiles on peut découvrir des tabourets traditionnels, des sert-vins, des services de sous-verres, des cendriers et plein d’autres objets traditionnels faits en bois. Pour Joseph Désiré Onana sculpteur, les objets que l’on trouve dans ce petit marché d’art ont pour objectif principal d’enrichir ce petit village de l’art, d’exposer et de promouvoir la culture camerounaise, qui est en disparition avec l’européanisation galopante. « Je suis Camerounais et j’aime mon pays. Je me sens obligé de mener cette activité pour contribuer au développement de mon pays malgré le temps qu’il fait. »
Ayant rejoint le « Village de la sculpture » depuis 2004, Joseph Onana malgré de nombreux problèmes rencontrés, a pu s’offrir une boutique où il expose ses différentes productions. Pareil dans la trentaine de boutiques de ce marché. Les variétés culturelles camerounaises et de nombreux objets d’art du pays de Roger Milla y sont exposés et vendus à des prix abordables qui varient entre 500Fcfa et 75000francs. Les prix varient selon la taille de l’objet et la qualité du bois. Les clients peuvent également commander des objets.
Conditions difficiles
Les artisans du « Village de la sculpture » connaissent des moments difficiles. A en croire nombre d’entre eux, les activités tournent au ralenti. « Nombreux d’entre nous ici présents ne rêvent pas bâtir une maison avec ce métier. Les Camerounais achètent occasionnellement les objets d’art. Et en plus le tourisme n’est même pas développé dans notre pays. C’est par obligation que je fais ce métier. Car je n’ai pas trouvé mieux » affirme Joseph Désiré Onana. Une affirmation que partage Lucas Pondjou, le président de l’Association des artisans du village de la sculpture du Wouri (Aaviw). « Ici nous travaillons pour les revendeurs et quand on travaille pour les revendeurs on ne gagne rien. On peut faire une semaine ici sans avoir un client c’est vraiment difficile pour nous. » Ajoute-t-il.
A côté de cette carence de clients qui est légion au « Village de la sculpture », les artisans évoquent également le problème de matière première. Au moment de l’acquisition du bois qui constitue leur outil principal de travail, les sculpteurs déclarent être victimes de tracasseries policières. « Le bois est notre véritable gageure. Quand nous transportons ce bois après achat, les responsables du ministère de la Faune et de la forêt, la police et la gendarmerie nous embêtent, malgré la présence de la carte d’artisans que nous portons. Avec l’absence des clients et des grossistes qui achètent à bas pris comment pensez vous qu’on peut s’en sortir. » Déclare Lucas Pondjou courroucé. .
Hervé Villard Njiélé (cp)
