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Hommage : «Le vieux nègre et la médaille» remis sur scène

by mboasawa
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Un spectacle en mémoire de L F Oyono a eu lieu vendredi dernier à Yaoundé. –

 

De toutes les œuvres de Ferdinand Léopold Oyono, «Le vieux nègre et la médaille» est sans aucun doute celle qui lui aura le plus collé à la peau. Une œuvre qui, lui a valu le surnom de «Vieux nègre» que beaucoup gardent encore en mémoire aujourd’hui, même après son décès survenu le 11 juin dernier à l’âge de 81 ans. Et pour ceux des jeunes camerounais qui n’ont pas eu l’occasion de connaître cette œuvre autrefois inscrite au programme scolaire de notre pays, rien de tel qu’une représentation théâtrale pour en découvrir un extrait. Une initiative du syndicat des travailleurs de l’audiovisuel, des arts du spectacle et des Tic (Syntaastic).

Classique de la littérature africaine, «Le vieux nègre et la médaille», raconte l’histoire de Meka. Ce vieillard, ancien soldat de l’empire qui a beaucoup fait pour la mission de l’homme blanc sur ses terres. Combattant pour l’empire, il offrira plus tard deux enfants à l’armée française. Malgré le drame qui survient suite au décès de ses enfants durant la guerre, Meka pour bien montrer son inclinaison, fait quand même don d’une partie de ses terres au profit de la mission catholique dirigée par des colons. Dévoilant de par cette attitude, l’exemple d’un nègre modèle en somme. Tous ces actes de bravoure et de dévouement à son asservissement lui valent la promesse d’une «malheureuse» médaille. Une médaille grâce à laquelle néanmoins, il mesure à quel point son rapprochement circonstanciel avec le monde des Blancs le tenait éloigné des siens.

Ceci lui permettra tout de même de réviser sa position vis-à-vis du monde des autorités coloniales. Au soir de la remise de sa médaille, ivre et égaré dans le quartier blanc, il termine sa soirée en prison en vieux nègre africain aventuré dans les territoires «ségrégés» des Blancs. Laissant de fait suggérer au spectateur qu’un bout de métal n’allait quand même pas changer les relations entre colonisés et colonisateurs. L’interprétation de l’extrait sera signée de deux comédiens d’un talent certain, Arsène Beyene et Jeanne Ngondap jouant respectivement le rôle de Meka et de son épouse Kalara sur une mise en scène d’Alex David Longang par ailleurs directeur artistique de l’espace Harmattan.

Une soirée spéciale qui aura permis au public d’en apprendre davantage sur la vie artistique de cet illustre disparu. A la faveur de nombreux témoignages rendus entre autres par le Pr. Magloire Ondoa dont on retiendra en substance que c’est à Ferdinand Léopold Oyono qu’on doit «le système de droit d’auteur en vigueur au Cameroun». Et Richard Antoine Lobe, le président du Syntaastic d’ajouter que c’est grâce à l’engagement du «Vieux nègre» qu’aujourd’hui, «les artistes peuvent, comme tout travailleur prétendre à une sécurité sociale».
François Tamango, ancien Directeur du Théâtre national ne manquera pas pour sa part de souligner «que les grands artistes ne meurent jamais, car grâce à leurs œuvres ils vivent pour la postérité et l’éternité. Beaucoup l’avait connu, homme politique et écrivain, mais très peu comme metteur en scène. L’homme de culture évoquera l’anecdote de la pièce «Papa bon Dieu» dont Ferdinand Léopold Oyono assurera l’instant d’une représentation, la mise en scène lors d’un festival national des arts et de la culture. Du reste, Claude Ndam et l’inénarrable Kaiser show poncturons la soirée par des chansons et des sketches.

Abel Ntonga (stagiaire)

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