La chanteuse participe à l’album de 43 chansons marquant les 30 ans de carrière de son père. –
Plus d’1m 70, corpulente et teint clair, Frédérique Ottou est presqu’à l’image de sa voix grave que l’on découvre dans le nouvel album qu’Ottou Marcellin, son père, vient de mettre sur le marché du disque. Un coffret de 43 chansons reparti en trois compacts disques que Frédérique inaugure par une chanson dédiée à sa mère : «Ma chère maman». L’une des trois chansons du coffret qu’elle compose et dédie à sa mère. Frédérique ne se contente pas de chanter. Même si sa voix grave l’emporte sur celle plus fine de son père. «Elle ferait une bonne musicienne de Jazz», commente Marlyse Bete, une artiste.
D’ailleurs, elle confie que, toute petite, elle était entourée des instruments de musique de son père. Piquée par le virus de la musique, ce qui explique peut-être qu’elle soit le seul enfant de Ottou Marcellin à avoir choisi de suivre les traces de son père. Car, elle dit avoir découvert son talent de chanteuse toute seule. Violant parfois le couvre-feu, elle allait souvent secrètement essayer ce talent naissant dans des cabarets de la ville de Yaoundé. A l’insu du père musicien. «Papa ne voulait pas au départ que je fasse la musique. Il avait peur que je laisse tomber mes études, et que je commence à fréquenter de mauvaises personnes du milieu artistique», rapporte la jeune étudiante en droit, qui obéit à son géniteur en acceptant de laisser tomber la musique pour quelques temps, afin de poursuivre ses études. «Je ne peux pas lâcher mes études car, le Cameroun déçoit», estime-t-elle.
Mais, elle obéira partiellement. Car, elle opte de poursuivre sa carrière débutante et ses études. Mais, elle va très vite se rendre compte que poursuivre deux lièvres à la fois n’est pas toujours évident. Même si c’était sans compter avec la chance. Car, un jour, alors qu’elle chantait dans l’un des cabarets où elle aime bien se produire, elle va surprendre son père à travers sa belle voix et sa manière de chanter. Ce dernier va commencer à la soutenir musicalement. Il va même lui proposer de mettre trois de ses chansons dans son nouvel album «Nkol Ngié». Un coffret de 43 chansons dont la plupart sont de nouvelles compositions, afin de fêter ses 30 ans de musique. Frédérique y participe à travers «Chère maman», «What you did to me» et «Big Girls, don’t cry».
Cette dernière chanson dans laquelle elle demande aux filles «rondes» de ne pas se plaindre.
Frédérique ne joue pas les figurantes. Elle compose, interprète, joue du piano et souvent se retrouve dans les chœurs de son père quand ils ne se produisent pas en duo. Et des exemples comme celui de Marcellin et Frédérique Ottou sont bien rares. Depuis, la fille et le père sont inséparables. Ottou Marcellin parle de sa fille avec beaucoup d’enthousiasme et de fierté. Même s’il faut souligner qu’il n’hésite pas à la remettre sur le droit chemin quand il le faut. Elle compte mettre bientôt sur le marché du disque un album éponyme. A condition que les chansons intégrées dans le coffret touchent un grand public. Ce public qui attend d’elle qu’elle se donne un prénom après que son père lui a déjà trouvé un nom.
Rolande Ndzengue
