Artiste, activiste politique, la star vient de commettre un maxi single où il fait la part belle aux journalistes…. –
Pendant et après les obsèques de Pius Noumeni Njawe, divers témoignages en guise d’hommage ont été rendus à l’endroit du fondateur du journal indépendant Le Messager, par ailleurs, président directeur général de Free média group, société éditrice du quotidien de la rue des écoles à Akwa Douala. Des artistes à l’instar de Mary Christ, sont rentrés dans la danse et ont joint leurs voix au concert d’hommages entonnés par la communauté nationale et internationale. C’est dans ce sillage que Joe La Conscience s’est glissé pour faire entendre son tedeum du désormais feu directeur de la publication du quotidien trentenaire, survenue aux Etats-Unis d’Amérique, notamment en Virginie un fatidique 12 juillet 2010. Joe La Conscience, artiste bien connu du landernau des créateurs de l’esprit, activiste politique devant l’Eternel et pas moins ami de l’illustre défunt, a commis dans les bacs un maxi single riche de trois titres tous chantés dans la langue de Molière.
Les ressorts fondamentaux de cette parturition artistique sont centrés autour d’un vibrant hommage que la star rend à celui qui était un pugnace défenseur de la liberté d’expression, un fervent et ardent militant des droits de l’Homme et un infatigable combattant de l’insécurité routière. Sans surprise le bébé a pour nom de baptême Hommage à Pius Njawe «Il s’appelait Pius Njawe, pionnier du combat pour la liberté, il n’hésitait pas à se lever pour défendre les droits humains bafoués…Pius Njawe repose en paix» chante-t-il dans un reggae bien tonique, qui ne va pas sans rappeler le monstre sacré qu’aura été l’inénarrable Bob Marley. Joe La Conscience, dans son maxi single revisite musicalement parlant les divers combats que le défunt directeur de la publication aura menés, parfois à son corps défendant. Dans ce droit fil, la lutte contre les injustices, la dénonciation des abus, la stigmatisation de la mal gouvernance, des intimidations, des arrestations arbitraires, la dénonciation de la Françafrique, le combat pour la démocratie, l’insécurité routière sont entre autres chantiers dans lesquels l’illustre disparu s’est fortement investi de son vivant.
Une fleur aux journalistes
Dans sa galette musicale, Joe La Conscience souligne à grands traits les moments difficiles et éprouvants que le régime du renouveau triomphant a fait endurer à Pius Njawe. Un parcours que le reggaeman, rastaphile évoque dans un style prosaïque. «Après la création de Le Messager en 1979, Pius a été arrêté 126 fois dans sa vie… » Pius Njawe n’a jamais reculé devant les menaces. Son épouse, Jane Njawe, arrachée brutalement aussi à la vie, à la fleur de l’âge, a été torturée par des gardiens de prison alors qu’elle apportait à manger à son époux incarcéré à la prison principale New Bell. «Njawe était un combattant infatigable» conclut-il, non sans au passage, juré la main sur le cœur, de poursuivre le combat laissé par le héraut : «Combattant, repose en paix, je promets fructifier ton héritage, car la lutte continue»
Au-delà de Pius Njawe, Joe La Conscience fait une fleur aux journalistes d’ici et d’ailleurs victimes de la machine infernale de la répression, assassinés, kidnappés ou emprisonnés. Norbert Zongo, Bibi Ngota, Jean Hélène, Moussa Kaka, Georges Malbrunot, Joan Sutton… sont cités pêle-mêle dans le deuxième titre du maxi single. C’est que l’artiste, proche des journalistes, stigmatise musicalement les maux qui minent cette profession et décrie sans fards ni gants, les menaces auxquelles font face les ouvriers de la plume et du microphone. «Libérez la presse…refus d’accorder des accréditations…les journalistes se sacrifient pour nous» dit-il dans l’une de ses ritournelles. «Ceux qui assassinent, emprisonnent, musèlent, veulent décapiter la liberté d’expression…sont des ennemis de la presse…Reporters sans frontière, il faut faire quelque chose» sérine-t-il en direction des fossoyeurs de la liberté de presse. Sera-t-il entendu ? Question à un sou !
Le Messager
