Après vingt huit ans passés au sein de l’orchestre national, Louise Nséké vient de mettre sur le marché discographique son tout premier album. –
Ce dernier intitulé «Rêve d’enfance» est un mélange de plusieurs rythmes. On y trouve du makossa, de la salsa, du tango africain, du high life et de la charanga. «Le makossa parce que je suis sawa. Comme je pense que la musique subit des variations et qu’il ne faut pas être figée, mais ouverte au monde que j’ai épousé les autres rythmes qui ont leur place dans cet album»
Les thèmes abordés sont entre autres l’amour, la solitude, l’ingratitude, le sida et Dieu. A l’hôtel Lewat de Douala où cet album a été présenté aux hommes de médias le vendredi 3 septembre 2010, il était question pour l’artiste de présenter son album. Cette dernière parle : «Je réalise ainsi un vieux rêve car après avoir accompagné les grands noms de la musique camerounaise, africaine et mondiale (Manu Dibango, Toto Guillaume, Tchana Pierre, Marthe Zambo, Bébé Manga, Anne-Marie Ndzié…) pendant des années, d’aucuns me trouvaient déjà vieille et avaient tendance à m’envoyer au placard. C’est toute ma vie qui se décline sur cette galette musicale». Elle y raconte ses tribulations, narre les difficultés qu’elle a endurées avant de se frayer une place au firmament en positivant.
Une approche que tente de justifier François Bingono Bingono, le célèbre critique artistique. «Louise (Nséké, ndlr) se serait retournée dans sa tombe si cet album ne voyait pas le jour. Ainsi elle a apporté sa pierre à l’édification de la musique. C’est un album que j’apprécie beaucoup car il répond au tritype chant-danse-parole poétique. C’est ce qui fait de la musique un art, et nous fait retrouver nos racines par sa dimension spirituelle et pas seulement ludique. C’est un album à conseiller à tous ceux qui aiment la bonne musique, la vraie. Il ne faut pas perdre de vue que Dieu a créé un monde volontairement imparfait afin que chacun y apporte du sien. »
Ancien élève du collège Libermann (où elle chante pour la première fois et gagne un prix en 1972), du collège Sainte Jeanne d’Arc de Nkongsamba où sa carrière se dessine à travers l’interprétation des chansons de Myriam Makeba, Cella Stella, Pierre Akendengue et bien d’autres. Et en signant un contrat de dix ans avec Septocam en 1997, une maison de production, elle rêvait de faire un album de douze titres avec Henri Njoh, Jeannot Ekwalla, Bell’a Njoh, Marthe Zambo et Petit Pays. Un projet qui ne verra jamais le jour, comme beaucoup d’autres, au point où Louise Nséké fond en larmes chaque fois que les passages ténébreux de sa vie lui sont rappelés. «Je suis une grande pleureuse surtout quand c’est un sujet qui me touche mais j’ai décidé de braver toutes les difficultés pour que cet album voit le jour et je remercie tous ceux qui m’ont aidée de près ou de loin, notamment Joly Priso qui a mis son studio gratuitement à ma disposition pour l’enregistrement de cet album»
Pour l’instant, certains mélomanes qui ont voulu s’approprier ce produit ont été confrontés à un obstacle de taille. «Cet album n’est pas encore disponible car je suis à le recherche d’un distributeur sérieux. Comme c’est une auto production, il faut agir prudemment et sagement. Mais nous ne sommes pas pressés car après la tournée que je compte effectuer, je trouverai cet oiseau rare». Médaillée d’honneur du travail (argent et vermeil), Louise Nséké qui a cultivé endurance et stoïcisme réalise ainsi son rêve, pas seulement celui d’enfance, mais celui d’une artiste confirmée qui a attendu briller son étoile avant de produire cet opus. Bon vent !
Etame Kouoh
