C’est ce que soutient un ouvrage collectif dirigé par Maurice Kamto, publié chez Afrédit et présenté hier à Yaoundé. –
L’Afrique dans un monde en mutation. Dynamique interne ; marginalisation internationale ?» est un ouvrage collectif. Il a été présenté hier à la presse, au siège des éditions Afrédit à Yaoundé, en l’absence de son directeur scientifique, Maurice Kamto.
L’ouvrage rassemble des intellectuels de choix évoluant dans plusieurs disciplines : Fabien Eboussi Boulaga, Maurice Kamto, Achille Mbembe, Jean-François Médard, décédé en 1999, Alain Didier Olinga, Jean Njoya, Roger Tsafack Nanfosso, Gérard Tchouassi, Alain Fogue Tedom, Philip Towle, Jean-Emmanuel Pondi et Joseph Vincent Ntuda Ebodé. Jean Emmanuel Pondi explique : «on ne peut plus, avec satisfaction, analyser les sujets à partir d’un seul angle».
L’ouvrage qui veut se départir de l’afro pessimisme défend la thèse du tout n’est pas bon, mais tout n’est pas mauvais non plus, et pose qu’il ne faut pas désespérer de l’Afrique. L’Afrique évolue, certes de façon erratique et inorganisée, mais évolue quand même et se pose comme acteur du système international. Au final, les auteurs expliquent, chacun avec ses mots, que le développement du continent «qui essaie de faire sa mue politique sur un socle politique qui se dérobe» ne viendra que de l’Afrique elle-même. Et elle passera obligatoirement par le travail.
Maurice Kamto a pensé «L’Afrique dans un monde en mutation» dans les années 90, au moment des grandes mutations mondiales. Refusé aux éditions La découverte qui ne l’ont pas trouvé " politiquement correct", puis aux éditions Karthala qui l’ont trouvé "mal écrit", il atterrit finalement chez Africaine d’édition. Simone Edzoa, la directrice générale d’Afrédit, précise qu’il a été publié à compte d’éditeur. L’ouvrage coûte 10 000Fcfa et sera dédicacé jeudi prochain à 16h au siège d’Afrédit. Pour ce travail, Jean Emmanuel Pondi espère un meilleur sort que celui qu’à connu «L’urgence de la pensée» de Maurice Kamto, dont les réflexions n’ont pas été exploitées.
Stéphanie Dongmo
