La Ière édition des journées du «Yolop », de création et des accessoires de mode des Mbamois, a permis de retourner aux sources samedi dernier. –
Les origines et migrations du peuple Banen réécris à Douala. Le mythe du lion indomptable, qui est né de la bravoure d’un roi Banen, a ainsi été dévoilé. Les prouesses et l’histoire du roi «Manimben y Tombi» ont édifié les participants à ce festival. L’élite du Mbam et Inoubou faiblement représentée a fait le déplacement. Sa Majesté Semouya Lucky, artiste et chef traditionnel venu de Ndikiniméki, Jonas Embom, directeur de l’Agence internationale des acteurs, sont de la partie. Le stade Soppo Priso situé sur la rue Njo-njo, a abrité ce festival de l’Odecam ‘art samedi 9 octobre dernier.
«Je suis très déçu de l’accueil. Je m’attendais à trouver une plus grande mobilisation. En 25 ans de recherche, je suis venu partager le fruit de mon travail avec mes frères. Je suis venu leur expliquer nos origines et les différentes migrations des Banen de Yingui et Yabassi», explique Semouya Lucky. Dénommées «Yolop» qui signifie discussion, les premières journées culturelles Banen ont permis de retourner aux sources. «Le but étant de rehausser l’éclat de notre cher et beau continent. Pour moi, ce grand rendez-vous culturel est un outil de promotion et de valorisation de notre identité», soutient Odette Ongbokanimb, reine des perles et styliste camerounaise qui allie beauté et nature.
Pour marquer son mécontentement, Semouya Lucky va entonner des chants de ralliement. «Pokoa Lepa», et «Messeke» sont deux titres qu’il a choisis pour entrer dans la fête. «Je suis un leader, je reste donc convaincu que nous allons nous réunir. Car, un peuple sans culture, est un peuple sans histoire», poursuit le chef traditionnel. Jonas Embom et Semouya Lucky auront la charge de démystifier le mythe autour du lion noir Banen. Manimben y Tombi, valeureux roi des Banen, s’était opposé à la pénétration allemande au Cameroun. L’histoire et les anecdotes du plus grand résistant à l’occupation du Cameroun ont été contées au public. L’on apprendra des exposants que c’est à partir de son histoire, qu’on va appeler les Camerounais des hommes lions.
Manimben y Tombi avait la capacité de se transformer en lion. Emprisonné par les Allemands, et alors qu’il lui était demandé d’effecteur une mission suicide, il va faire chavirer la barque, et rebrousser chemin. Il sera fusillé, mais son corps ne sera jamais retrouvé. Ces exploits vont forcer l’administration allemande à lui ériger un monument. Et en attendant de revivre cette histoire, qui sera mise en scène par Jonas Embom au Centre culturel Français de Douala le 19 octobre prochain, des danses traditionnelles, des œuvres d’arts et des mets ont été présentés aux participants.
Aristide Ekambi
