Le styliste modéliste, malade depuis quelques années, a rendu l’âme hier à l’hôpital général de Douala. –
La famille de la mode Camerounaise est en deuil depuis hier matin, frappée par la disparition de l’un de leurs précurseurs, le styliste modéliste Jemann, de son vrai nom, André Jeumeni. Jemann est décédé hier à l’hôpital général de Douala où il était interné depuis un mois. De source médicale, il souffrait d’une tumeur au cerveau. Ce depuis des années. Ce mal l’a finalement emporté, laissant sa famille et les élèves de son centre de formation, dans la consternation.
Le défunt qui était âgé de 65 ans environ, était originaire de Bafang à l’Ouest Cameroun. C’est en 1974 qu’il embrasse le métier de la mode et du stylisme en s’inscrivant à l’école d’arts de Paris, non sans avoir au préalable travaillé dans les milieux de la finance camerounaise. Ses études achevées, il parfait sa formation auprès des grandes marques telles que Rodier, Ventilo, et revient au Cameroun en 1980. Il assure donc la direction technique de la société Siva, mais, animé par le désir de lancer sa propre marque. Chose qui sera faite en 1990, avec l’ouvre de son magasin à Akwa. Misant tout particulièrement sur l’accessibilité, la diversité mais aussi l’originalité de ses modèles, il connaît aussitôt un grand succès qui, jusqu’ici reste présent.
Dans le souci de partager sa passion et développer la haute couture au Cameroun, il ouvre parallèlement un centre de formation, “Jemann Institute of Fashion” qui devient au fil des années, l’une des plus grandes écoles de mode de l’Afrique sud Sahélienne. Défenseurs des droits des couturiers au Cameroun, Jemann était le président du groupement des couturiers et confectionneurs du Cameroun (G3c). Dans le désir de promouvoir la mode Africaine en général et de faire de l’Afrique centrale le carrefour de la mode Africaine, il mit sur pied le festival « Afrique Azimuts » qui accueillait à chaque édition depuis 1997, des stylistes et célébrités de renommées internationales au point d’en faire un événement comptant parmi les grands rendez-vous de la mode africaine.
Des distinctions honorifiques, il y en a suffisamment eues. Il a été tour à tour Ciseau d’or de la mode en 1992 ; premier prix de Best of Fashion en 1998 ; prix de l’excellence Africaine 1999 ; Epi d’or au Fenac à Limbè en 2000 ; Golden Award de stylisme masculin en 2003. L’intense activité du défunt l’a conduit à divers rendez-vous internationaux. Notamment, la nuit de la mode à Cotonou en 1993 ; La nuit de la mode Africaine à Libreville en 1998 ; le Fima à Niamey respectivement en 1998, 2000,2003 ; la soirée du Lions cluc à Paris en 1999 ; les Kora de Johannesbourg en 2000 ; la soirée Afro-Américaine à New York en 2000 ; l’élection des jeunes stylistes créateurs à Libreville en 2005. Cette est aussi celle des débuts de ses ennuis de santé. Raison pour laquelle, il multipliera des voyages en France pour des soins. En vain.
Pour l’ensemble de stylistes et modélistes du Cameroun, c’est une énorme perte en termes d’expérience et d’expertise.
Écrit par Louis Blaise Ongolo
LA NOUVELLE EXPRESSION
