Elles ont offert le 20 novembre, à la permanence du parti de Douala, un défilé de mode digne des lauréates en fin de formation en stylisme et modélisme. –
C’était la soirée des sept. Sept, le nombre de filles en fin de formation en haute couture, à l’institut Abdel à Douala. Le 20 novembre 2010, jour de remise de leurs parchemins, elles ont marqué la soirée avec un grand défilé de mode. L’occasion de présenter tout le savoir faire qu’elles ont accumulé pendant deux années de formation. Au total, soixante tenues exhibées à la maison du parti à Bonanjo, devant un parterre d’invités constitués de parents, responsables administratifs de la ville de Douala, amis et enseignants de l’Instituts Abdel. Quatre principales tenues composaient le menu de l’offre. Des tenues de ville, des tenues d’après midi, des tenues de soirée, des tenues de gala. Modèles pour femmes et hommes, portés par des mannequins dont le niveau appréciable de prestation se racontera longtemps encore. Au-delà de la beauté des modèles, il faut compter avec les matériaux choisis. Abdel Aïda, la promotrice du centre dit avoir « insisté sur la valorisation des matériaux locaux et la culture Africaine ». L’exercice de ces créations de fin de formation, a d’ailleurs été guidé par des thèmes. A l’instar de « la valorisation des tissus en écorce ». Ce thème a donné lieu à la présentation d’une panoplie de tenues de la tribu pygmées. Notamment des tenues de mariage, celles du roi et de la reine, celles destinées à la danse. Somptueux aussi, a été le travail de Patricia Abouna, dont le travail était centré sur les tenues Africaine Bamiliéké, pour laisser parler la culture vestimentaire de l’Ouest Cameroun.
Animations
Les réalisations sont passées par les tenues appropriées à la danse traditionnelle, les tenues des reines, les tenues des chefs traditionnels. Logiquement, elles ont été appréciées à leur juste valeur par les patriarches qui ont pris part à la soirée. Diane Happy sera applaudie à son tour pour être passé par les confins de la région du Centre dont elle a presque épuisé les habitudes vestimentaires, à travers ses coupes, assemblages et ornements. Les moments magiques, furent alors ceux consacrés à la présentation des robes de mariées. A étages, à voile, ou encore, à traine. Des couleurs aussi, faites de rose, de violet, d’or. Des ornements de perles, du tafta, de la crêpure, sur du satin duchesse. Tout simplement somptueux. Une soirée très glamour en somme qui n’a pas laissé aux oubliettes aucune habitude vestimentaire de l’ensemble des régions du Cameroun. Des réalisations jugées d’un grand niveau de recherche et de créativité par l’ensemble des invités, émus par les différents matériaux mis à contribution. Autours des agapes et des animations diverses, cette fête de la mode s’est poursuivie jusqu’à l’aube.
Au final, Patricia Abouna, Merline Diane Happy, Florence Biekop, Rosine Matouomno, Blanche Medjo, Amandine Batchou, Yolande Magué, ont reçu des parchemins attestant de leur aptitude à exercer leur métier. Tant dans le conseil, que dans la pratique. Deux prix décernés à deux lauréates. A Patricia Abouna en stylisme, et à Merline Diane Happy en modélisme. L’octogénaire Thérèse Ngan, jusqu’ici, doyenne du stylisme au Cameroun, peut dormir tranquille, à côté de ces héritières qu’elle a de plus. Mais, la promotrice du centre dans sa prudence, sait que, le « plus difficile pour ces filles, consiste à s’installer ». Raison pour laquelle, elle a souhaité que certains opérateurs leur viennent en appui, tant financièrement que matériellement.
Louis Blaise Ongolo
LNE
