La finaliste 2009 du prix découvertes Rfi a offert un spectacle inédit la semaine dernière à Douala. –
Depuis la finale perdue du prix de musique Découvertes Rfi en janvier 2009, à quoi vous êtes vous occupée entre-temps ?
Après la finale du prix de musique «Découvertes Rfi» en janvier 2009, j’ai fait de nombreuses scènes sous d’autres cieux. A l’initiative du réseau culturel «Culture France», j’ai chanté en Angola, lors de la Coupe d’Afrique des nations de football, en février, j’embarquais pour les Jeux olympiques d’hiver à Vancouver, au Canada. De mars en mai dernier, j’ai fait une tournée dans 17 pays d’Afrique, d’Océan indien. J’ai chanté pour le cinquantenaire des indépendances en mai 2010 à Yaoundé. Après la Coupe du monde, je me suis rendue à Paris pour présenter mon nouvel album qui avait d’ailleurs été réalisé en Belgique. En juin dernier, je participais au Festival du marathon des mots, en hommage à la chanteuse sud africaine Myriam Makeba.
Autant d’opportunités artistiques qui ont de quoi faire pâlir plus d’un chanteur africain….
Mon secret est simplement de rester moi-même. Dans l’art il faut rester soi. C’est seulement ainsi qu’on séduit par sa différence, un plus lui apporter. Si tu te fonds totalement dans la culture de l’autre, il est évident que tu restes sans intérêt majeur. Ma musique est inspirée du folklore de mon pays, notamment du village Bandjoun, dans l’ouest du Cameroun d’où je suis originaire. Le prix de musique «découvertes Rfi» a énormément contribué à me mettre au devant de la scène. Il a permis que je sois médiatisée. Je n’étais pas très déçue de mon éviction en finale. Au contraire très ravie, et fier.
Lors de vos différentes prestations musicales dans plusieurs pays, vous faites toujours découvrir un zeste de votre album « Koagne ». Ne craignez-vous pas d’être piratée à la longue ?
A priori, je n’ai pas peur de la piraterie. Quelles que soient les précautions qu’on prend, elle finit toujours par s’immiscer. Et puis, chacun doit faire son devoir. Moi je chante et aux autorités de contrer la piraterie. Ce sont ces autorités qui ont prêté serment en disant «i do so swear» (je le jure en anglais). Il ne dépend que de leur volonté.
Vous êtes une chanteuse acoustique sur les pas de Coco Mbassi, Sally Nyollo, Charlotte Dipanda etc. Est-ce un choix musical porteur ?
Je n’ai pas vraiment choisi de donner une coloration acoustique à ma musique. C’est l’acoustique qui est venu à moi, si je puis dire. Je me laisse simplement guider par l’inspiration. Ce que je fais aujourd’hui, vient de mes tripes.
Pour une pure citadine de Mvog Ada, dans la capitale camerounaise, d’où vous vient ce pur prononcé « bandjoun » ou cette aisance musique enracinée dans la tradition bamiléké?
Mes parents sont très attachés à la culture. J’ai également eu la chance d’être née d’une mère pour qui, l’apprentissage de la langue maternelle prime sur tout. J’ai d’ailleurs eu droit à des fessées pour apprendre ma langue. Le français s’arrêtait à la porte du domicile familial. Par ailleurs je m’exprime parfaitement en langue «éwondo» du fait d’avoir grandit dans le milieu béti. Et j’étais curieuse d’apprendre la culture de chez moi, de chez nous.
Propos recueillis par Monique Ngo Mayag
