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Goethe Institut : Portes ouvertes pour un cinquantenaire

by mboasawa
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Le centre culturel allemand était en fête jeudi 7 juillet, avec un public nombreux à son siège à Yaoundé. –

 

Lorsque la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, ouvre l’enveloppe pour dévoiler le gagnant du concours de mise en scène, pierre angulaire de cette journée portes ouvertes du Goethe Institut, il est un peu plus de 19h ce jeudi 7 juillet 2011. Elle prendra donc son temps et, simplement, lira le nom d’Edouard Elvis Bvouma. Le néo-metteur en scène venait ainsi de faire mouche, pour l’une de ses premières sorties sous cette nouvelle casquette, aidé pour la circonstance par la compagnie Zouria Théâtre.
La joie passée, le grand gagnant du jour pouvait laisser libre cours à des remerciements sans fin, invitant du même coup le public à venir le voir, «en vrai», le lendemain au Centre culturel François Villon pour une première véritable représentation publique de l’un de ses textes.

A ses côtés, son équipe, bien sûr mais aussi les deux autres finalistes du jour, qui avaient laissé sur le bord du chemin trois autres concurrents n’ayant pas pu suivre le rythme dans ce qui était la célébration de l’auteur qui donne son nom au bras culturel de la coopération allemande dans le monde entier. Mais, avant ce moment, que la journée fut éreintante pour les nombreux admirateurs du centre culturel allemand ! Eux qui ont saisi, au bond, l’occasion pour venir voir de leurs propres yeux ce qui se passe ici, selon les propos d’un visiteur sous le charme. Une journée remplie d’un bout à l’autre par une succession d’activités à donner le tournis à plus d’un. Car entre le tour de salles de classe, de bureaux et autres espaces de l’imposante bâtisse ainsi que les projections vidéos, les visiteurs ont satisfait leur curiosité au point d’en redemander à la nuit tombée. Quand tout ce beau monde se rassembla sous le chapiteau de la cour arrière normalement prévue pour les spectacles (Goethe café notamment).

Histoire
Peu avant, cependant, l’ambassadeur d’Allemagne, Reinhardt Buccholz, s’était retrouvé dans la salle de projection contiguë à la grande cour pour écouter Uwe Jung, préposé à l’information et au centre de documentation de l’institut raconter, au moyen de photos d’archives, l’histoire longue de cinquante années de cet espace en présence, déjà, de la ministre Muna et d’autres invités de choix mêlés à une foule de curieux à l’oreille attentive et aux questions affûtées.
M. Jung, dans son exposé, ne manquera pas de remercier Cameroon Tribune et son aîné, La presse du Cameroun, pour les avoir autorisé à utiliser leurs articles. Des coupures de presse qui avaient recouvert une partie du mur de la salle. Où l’on ne pouvait malheureusement pas voir les débuts véritables de l’institution culturelle, quoiqu’un tableau récapitulatif des différents premiers responsables du centre figurât en annexe des articles.
Mais cette soif sera étanchée au cours de la soirée. Quand Irene Bark, maîtresse de céans, dans son mot de bienvenue, reviendra sur les principales étapes du Goethe Institut. L’on apprend alors que c’est au Dr E. Schnitzler qu’échut le rôle de diriger, le premier, cette institution camerounaise. Occasion qui lui permit, selon son lointain successeur, de lancer «le dialogue culturel entre nos pays avec des cours de langue à Yaoundé». C’était à une époque où les deux pays traversaient, pour l’essentiel, une période difficile. A Berlin, le fameux «mur de la honte» présentait sa façade hideuse dans les rues, séparant un même peuple qui continuait ainsi de payer pour une guerre qui était pourtant achevée depuis plus de 15 ans.

Le Cameroun, pour sa part, était en proie à une guerre nationaliste qui n’allait connaître son épilogue qu’une décennie plus loin avec la condamnation et l’exécution publique, à Bafoussam, du dernier chef de l’Union des populations du Cameroun (Upc), Ernest Ouandié. Les premières années furent donc celles de l’apprentissage de la langue de Goethe. Avec un engouement d’abord timide, mais qui allait s’accélérer vers la fin des années 60. D’ailleurs, des étudiants de cette cuvée-là témoigneront, plus loin, sur les motivations des uns et des autres. Et, à les en croire, elles se résumaient à des besoins scolaires.
Dans les années 70, l’espace allait contribuer notamment à faire de Yaoundé le centre du jazz. C’était l’époque bénie qui vit un certain Adala Gildo diriger les workshops, contribuant à donner à la Rue Narvick, où se trouvait le centre culturel, son aura jazzistique et culturel dans la capitale pour les décennies suivantes. La migration à l’Avenue du président Kennedy n’allait pas freiner cette envolée, quoique les nouveaux responsables présentaient manifestement d’autres préoccupations.

Jazz
Et ce jusqu’à la visite du chancelier Helmut Kohl, en 1987, qui allait donner un coup de fouet à cet échange culturel avec notamment la signature, l’année suivante, d’un traité entre les deux nations encadrant leur coopération culturelle. Coopération dont le visage le plus reluisant était cette télévision d’Etat qui illuminait les foyers citadins et dont l’expertise technique allemande avait été convoquée à bon escient.
Mais cet élan salvateur allait connaître un bémol du fait d’événements imprévus. A Berlin, en novembre 1989, le «mur de la honte» allait tomber sous les coups de boutoir d’une population déterminée, ouvrant ainsi la voie à une réunification tant souhaitée. Dans le même temps, ce que l’on appelait «vent d’Est» allait souffler jusqu’à Yaoundé où les libertés devaient être proclamées avant que la rue ne s’embrase et que le régime en place ne passe un temps de chien qui le fit tanguer, des mois durant, sans toutefois rompre.

Si la décennie suivante allait commencer, en 1991, par l’introduction du manuel «Ihr und Wir» dans l’enseignement de la langue allemande dans les écoles publiques au Cameroun, les années 90 passeront plutôt à la postérité comme celle des arts plastiques. De Pascale Marthine Tayou au regretté Goddy Leye en passant par Barthélémy Toguo, ils sont nombreux à avoir bénéficié du Centre culturel camerounais pour placer leur carrière sur orbite. Dr Bark dira d’ailleurs que ce fut une période de «promotion des arts plastiques (…) avec l’introduction des tendances innovantes et avec des échanges professionnels dans les secteurs expérimentaux dans les domaines du théâtre, des arts plastiques, de la performance, de la vidéo». Avec toutefois une baisse au fur et à mesure que le nouveau millénaire approchait.

Ecoles partenaires
Les années 2000 s’ouvriront véritablement avec le transfert du centre au quartier Bastos, dans une imposante bâtisse aux fonctionnalités plus intéressantes pour un personnel soudé autour de ses directeurs successifs. Et si d’aucuns avaient excipé l’éloignement pour prédire une baisse de fréquentation, l’histoire allait s’appliquer à leur opposer plus qu’un démenti. A tel point que, pour ce qui est de l’apprentissage de l’allemand, on en est à une fréquence de 2000 étudiants par an. Des effectifs répartis sur le campus de Bastos – qui comprend depuis quelques mois un bâtiment annexe – et ceux des écoles partenaires Pasch et SLZ à Douala et Bafoussam. Ce qui n’est pas pour déplaire aux autorités diplomatiques de la Rfa. M. Buccholz profitera de la cérémonie commémorative pour rappeler à l’assistance que le Cameroun compte quelque 200.000 élèves et à peu près 1500 enseignants de la langue allemande. Qu’on estime actuellement à 6000, les effectifs des étudiants camerounais en Allemagne.

Ou encore que le Cameroun a l’un des plus grands réseaux des ressortissants qui retournent au pays après leurs études en Allemagne. Toutes choses qui l’ont amené à exhorter les Camerounais à continuer à apprendre l’allemand. Une exhortation qui pourrait bien intéresser la ministre Ama Tutu Muna, ancienne pensionnaire du centre il y a 35 ans et qui a profité de son passage à la tribune pour montrer au public qu’elle n’avait pas perdu les réflexes dans cette langue bien complexe au demeurant. Soulevant par la même occasion les applaudissements nourris d’un public bien joyeux. Une joie qui a fait du bien au coeur de Mme Bark et de son équipe qui, dès le lendemain, allaient poursuivre leurs efforts en direction d’un autre rendez-vous de ce cinquantenaire : le pont d’Edéa. Un ouvrage symbolique de la présence allemande au Cameroun qui vêtira de nouveaux atours et entamera, pour ainsi dire, une nouvelle vie. Mais de cela, il «vaut mieux en parler en temps opportun. Pour l’heure, place à la fête», lâchera un employé de la maison entre deux gorgées de bière.

Parfait Tabapsi

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