Le responsable de l’édition à Afrédit propose de revoir la politique de promotion du livre. –
Quels sont les principaux thèmes de manuscrits que vous recevez aux éditions Afrédit ?
Les manuscrits politiques sont de plus en plus récurrents. Notamment ceux qui abordent des questions de corruption, d’éthique entre autres. La question d’ethnicité, inspirée par le débat identitaire en Côte d’Ivoire, figure également au premier rang de thématiques abordées par les auteurs d’ici. Toutefois, l’on enregistre aussi de nombreux romans. Lesquels sont pour la plupart, écrits par des femmes pour relever les problèmes qui touchent leur genre, par exemple le mariage, les conflits ethniques etc. On note par ailleurs une remontée du thriller (genre romanesque). Dans ce rayon on peut citer les auteurs camerounais – Léo St Clair, Hervé Madaya. Toutefois, la politique est dédiée à une certains classe. Les ouvrages politiques passent lorsqu’il y a un grain de polémique. C’est d’ailleurs pourquoi les ouvrages de Charles Ateba Eyene se vendent autant.
Peut-on justement parler du concept de best-seller au Cameroun
La notion de «best-seller» gravite autour d’une organisation, d’une instance. Laquelle juge du contenu et de la qualité des livres, et peut coordonner et/ou organiser des prix littéraires. Par ailleurs, le «best-seller» suppose un bon circuit de distribution des livres. Pourtant, au Cameroun, il n’y a pas de librairies. Il y a beaucoup plus de vendeurs de livres. Ici, on achète plus un livre parce qu’on est l’ami ou une connaissance de son auteur ou parce l’achat dudit ouvrage est obligatoire, pour parler du cas des livres universitaires ou scolaires. Pour tout dire, les livres au Cameroun manquent cruellement de promotion. Et cela suppose une instance formelle chargée de la promotion du livre. L’Afrique en général a un sérieux problème de circuit du livre. Il est difficile de retrouver au Tchad par exemple, un livre paru au Cameroun.
A croire qu’il ne sert à rien d’écrire dans un contexte camerounais…
A vrai dire, on écrit d’abord pour soi-même. Pour son propre plaisir. D’autre part, les écrits restent. C’est d’ailleurs pourquoi les éditeurs se doivent de faire découvrir le maximum d’auteurs au risque de tuer des talents.
Propos recueillis par M.N.M
