Les rendez-vous périodiques proposent des innovations à Douala et ailleurs. –
Depuis fin juin, c’est la période des vacances. Les jeunes vacanciers n’accourent cependant pas dans les espaces culturels, car très peu d’attractions s’offrent à eux. Seuls quelques programmes culturels leurs sont servis.
Dans les maisons des jeunes et de la culture de Douala, certains vacanciers se livrent à l’apprentissage de petits métiers (artisanat, sculpture, peinture, art culinaire, etc.). A la délégation départementale de la Culture pour le Littoral, des colonies de vacances pointent à l’horizon. La ville d’Abong-Mbang, dans la région de l’Est, est l’une des destinations retenues par les responsables régionaux. Elle doit accueillir, très bientôt, une quarantaine de jeunes, dont l’âge varie entre 8 et 15 ans.
La salle de spectacles du Centre culturel français Blaise Cendrars (Ccf) de Douala est fermée depuis le 9 juillet 2011, et ce jusqu’en septembre prochain. Le personnel de la bibliothèque prendra également bientôt ses congés annuels. «Une partie des responsables du Ccf se reposent en ce moment. J’achève juste les programmations de septembre et octobre, avant de prendre moi aussi mon congé», indique Abraham Nana, promoteur culturel dans cet espace. De nombreux changements y sont cependant annoncés. Dès l’année prochaine, l’espace, appelé à devenir l’Institut français du Cameroun, restera ouvert pendant les vacances, et permettra aux jeunes de suivre des cours à distance à partir d’un campus numérique. Cette mesure prend effet à compter du 1er janvier 2012.
Dans la capitale économique, seuls quelques concepts culturels tel que Challenge vacances de Idriss Saladin Amidou, diffusé sur l’une des chaînes de télévision privées de la place ; le Mboa come test de Blaxity et Tony Nobody, lancé la semaine dernière ou encore «Capsules», pourront occuper les jeunes pendant les vacances. Tous les jeudis à Douala Bercy et les samedis au complexe La Gaieté de Bastos, à Yaoundé. Le Mboa come test est un festival culturel qui allie les compétitions de rap, de danse hip hop, de miss, de djing ainsi qu’un show d’artistes de la scène les plus en vue de l’heure (Krotal, X-Maleya, Boudor, etc.). Il est proposé aux jeunes vacanciers des deux villes. «Il s’agit de participer, à notre manière, à l’émulation de la jeunesse, à l’évolution du rap et à sa diffusion. La chance est ainsi donnée à tout le monde, même aux enfants de la rue. Il suffit juste que vous ayez du talent et que vous soyez prêt à le mettre en valeur», précise Tony Nobody, promoteur de la manifestation.
Gains
5 millions de francs de dotation sont mis à disposition par les promoteurs du festival. «Rendue à sa quatrième édition, la compétition a connu une innovation. Elle se déroule à Yaoundé durant quatre semaines, ce qui n’avait pas été le cas jusqu’ici. Les jeunes vont ensuite effectuer le déplacement pour la capitale économique où, du 1er au 3 septembre 2011, se dérouleront les quarts de finales, demi-finales et les finales», poursuit Tony Nobody.
Si le Mboa come test s’ouvre à tout le monde, même aux enfants de la rue ayant un talent à vendre, Challenge vacances, lui, est un programme réservé aux élèves et étudiants. Il va capter l’attention tous les mercredis. Pour l’heure, Idriss Saladin ainsi que l’équipe de Canal 2 international, sillonnent le Cameroun à la recherche de compétiteurs. Le show débute dans les différentes régions du pays début août prochain. 3 millions de francs seront répartis dans une vingtaine de rubriques. 200.000 francs sont, par exemple, mis en jeu pour la Miss Challenge vacances.
Ce concept s’ouvre désormais aux musiques du terroir (bend skin, assiko, etc.). «Le jury de cette édition change. Il ne sera plus constitué des organisateurs de l’événement, mais de professionnels dans plusieurs domaines. A Douala, l’événement a lieu tous les mercredis alors qu’à Yaoundé, il se déroule les samedis. La finale aura lieu en mi-septembre 2011 au Palais des sports de Yaoundé. C’est ma façon, à moi, de rassembler et de chasser l’oisiveté dans l’esprit des jeunes», explique Idriss Saladin Amidou.
Dans les quartiers, sous l’impulsion de jeunes, les complexes culturels, foyers et autres hôtels de Douala ne sont pas en reste. Au quartier Village axe lourd, non loin de Elf axe lourd, le concept Holiday les occupe. La machine se met en place petit à petit, et ces zones vibrent au rythme des vacances le temps d’un week-end. Des bals dansants sont également au menu.
Aristide Ekambi
