Fille de deux comédiens de renom, elle vient de faire une apparition dans le cinéma. –
Lorsqu’on égraine le chapelet des fils de… devenus comme leurs pères, l’on peut aussi modestement citer Hermine Yollo. Non pas par sa grande taille (1,80m), encore moins pour sa fréquence sur les planches tous ces derniers temps. Mais, parce que la jeune femme n’atterrit pas par hasard dans ce domaine de l’art du spectacle. Papa et maman étaient déjà bien connus. Mieux, célèbres dans le domaine du théâtre au Cameroun. Jean Mingele et Edwige Nto Ngon étaient-ils. L’un disparut en 2004 et l’autre en 2005. «J’ai été bercée dans le théâtre». Mais, Hermine n’a pas laissé la flamme s’éteindre.
Déjà en 2000, alors qu’elle est encore adolescente, elle décide de se consacrer au théâtre. Elle passe deux ans au théâtre universitaire de Yaoundé I.
Elle marque un break entre 2002 et 2005 pour se consacrer à ses études de traductrice. Mais aussi, elle multiplie les stages. Car, elle n’a aucune envie d’abandonner le théâtre que lui ont légué ses parents. «Je suis née dans le théâtre. C’est ma passion. Je n’envisage pas ma vie autrement», avoue celle qui décide en 2009 de relancer la troupe, la Compagnie Ngoti que ses parents avaient fondée en 1991. «En 2005, tout a été arrêté du fait de la disparition des deux membres fondateurs», explique-t-elle.
Dix ans après ses débuts, elle estime encore en train d’apprendre. «Même quand on a un talent, il faut le travailler. Il risque d’avoir quelque chose d’inachevé. Déjà qu’au Cameroun, il n’y a plus d’école de théâtre», souligne Hermine. A sa charge, quatre représentations majeures parmi lesquelles «Espace Lumières» de Jacques Fame Ndongo mise en scène en 2000 par Emmanuel Keki Manyo, de regrettée mémoire, «Inventaire d’une mélancolie» de l’antillais Patrick Chamoiseau mise ne scène par France Ngo Mbock, dans le cadre du regroupement des femmes artistes d’Afrique centrale (Rafaac). Au total, une dizaine de pièces en dix ans de carrière. «J’essaie encore de ma faire connaître. Je suis sûre de pouvoir vivre de ce métier», espère-t-elle.
En plus de faire des piges en traduction, métier pour lequel elle a été formée, Hermine Yollo peut encore rêver d’une carrière en cinéma. D’ailleurs, elle apparaît dans le dernier film de Thierry Ntamack. Un court métrage intitulé «Sur la route d’un ange». Elle, Estelle, y joue le rôle d’une secrétaire dans l’entreprise de Mme Beaufia. Visiblement timide. «C’était une équipe soudée. Mais, cette fois, je savais ce qu’on attendait de moi : travailler pour rentrer dans la peau du personnage», confie Hermine, qui n’était pas à sa première expérience cinématographique. En effet, Hermine Yollo apparaît sur l’écran, mieux, le petit écran en 1990 alors qu’elle n’a que 9 ans. Un rôle dans secondaire dans «La petite orpheline» de Vincent Ndoumbè de la Cameroon radio television (Crtv Télé). «On ne peut pas être comédien et ne pas s’intéresser au cinéma», pense Hermine Yollo, fille de comédiens.
Justin Blaise Akono
