La plasticienne a présenté ses oeuvres lors d’un vernissage jeudi à Douala. –
La salle du «Carré des artistes» de Bonapriso a accueilli le 20 octobre dernier le vernissage de l’exposition de la plasticienne Christelle Yatdon. Il est 19 heures, lorsque l’exposante fait son entrée dans une salle transformée en une galerie d’art. Protocole oblige, elle commence par remercier le public pour son soutien et l’invite à découvrir ses oeuvres exposées le long des quatre murs de la salle. 25 toiles au total qui traduisent toutes une seule et même réalité symbolique : «Koni» (l’amour, ndlr) en langue Bagangté. Les formes et les expressions quant à elles sont différentes les unes des autres. Les couleurs qui transparaissent sur l’ensemble de son travail sont entre autres, le blanc, le noir, le jaune, le bleu. Les matériaux utilisés proviennent pour la plupart de la roche, du sable et de la sciure. Le tout associé à de l’Acrylique. Attachée à ses racines, l’artiste a choisit le Bagangté, sa langue maternelle pour titrer la plupart des ses toiles. D’où «broh» (beauté), «Men tcheuh » (rapport homme plante), ou encore «bouh nkam » (princesse), entre autres titres de ses tableaux.
Un choix original que la jeune artiste justifie par le fait que, « je reste très attachée à ma culture. C’est ce qui m’a motivé à titrer mes tableaux en Bagangté, plutôt qu’en français ». Mais, parmi ses oeuvres, l’on en dénombre cinq qui n’ont pas été titrés. L’artiste laisse ainsi « la possibilité au visiteur de faire preuve de son imagination, de donner un titre particulier à une toile en fonction de ses propres sensibilités et des couleurs qui transparaissent de la représentation ». C’est ainsi que l’une de ses oeuvres, bien qu’anonyme, retrace la tragique période vécue par les populations du Darfour. Cependant, seul son caractère lugubre et quelques explications de l’artiste permettent d’en saisir le sens. Agée de 27 ans, Christelle Yatdon est une jeune artiste qui a de l’ambition. L’exposition qu’elle baptise «amour» est sa toute première exposition solo. Toutefois, elle a souvent accompagné des artistes plasticiens comme Malam, Stéphane Eloundou ou encore Merlin Tefolo avec qui elle a partagé l’atelier.
Frédéric Nonos (Stagiaire)
