« Nsaa Nyus Lipem », un feuilleton de dix épisodes, au programme de la Crtv dès ce week-end.
Eugène Dipanda – Il aura fallu attendre cinq mois, après la projection en grande première du film le 29 mai 2007 au Centre culturel camerounais de Yaoundé, pour réentendre parler de "Nsaa Nyus Lipem" (le prix de l’ambition en langue bassa). Selon la bande annonce diffusée ces derniers jours sur l’antenne de la télévision publique nationale, le premier épisode du film réalisé par Jean Marc Lingom est attendu sur les écrans de la Crtv ce samedi, 27 octobre 2007 à partir de 18h. "Nsaa Nyus Lipem", selon les explications de Jean Marc Lingom, raconte en dix épisodes de 26 minutes chacun, le quotidien d’une famille pauvre vivant en zone rurale, et dont le chef, en s’appuyant sur ses fils, se bat bec et ongle pour tenter d’améliorer le niveau social.
Dans le rôle principal, on redécouvre le bien connu Salomon Tatfo, révélé à la télévision nationale il y a plus de vingt ans sous le nom d’Essola, dans un autre feuilleton resté célèbre à la Crtv : "L’orphelin".
Comme à son habitude d’ailleurs, la Crtv est coproducteur de "Nsaa Nyus Lipem", dont le coût total est estimé à quelque 30 millions de francs Cfa. Jean Marc Lingom indique par ailleurs que "Le prix de l’ambition est une œuvre rédigée depuis… 1978. Elle totalise quelque 1400 pages. Mais, pour la série, nous n’avons retenue qu’une centaine de pages que nous avons compulsées en une dizaine épisodes". Pour sa part, Wafeu Teinze Louis, le producteur délégué du film, explique que "Nsaa Nyus Lipem s’instruit dans la lignée des œuvres engagées, dont la cible particulière se trouve être les peuples des pays du tiers-monde dits en développement, et singulièrement des pays sous-développés d’Afrique". L’objectif de ce film, poursuit-il, "est de participer à toutes les actions culturelles et spirituelles visant à asseoir une éthique sociale compatible aux aspirations des peuples modernes…". Le prix de l’ambition, en tout cas, est une sorte d’invite à plus d’amour, à la solidarité et au goût de l’effort. "Cette série vient rompre cet état de fait qui a investi les mentalités des hommes qui pensent que la vie sur cette terre se résume uniquement au succès de leurs différentes entreprises, sans tenir compte qu’il existe des valeurs humaines qu’il convient de respecter et de mettre en pratique", justifient les initiateurs du projet.
