Après ses débuts en 1998, ce trio connaît aujourd’hui la consécration avec le succès de son second album. –
Il est difficile de changer de fréquence radio sans écouter la chanson « Yelele » depuis quelque temps. Elle est l’œuvre du groupe X-Maleya (X pour la grande inconnue qu’est la vie, et Maleya, qui signifie conseil en langue duala). Roger, Auguste et Haïs forment ce fameux trio à l’ascension fulgurante. Pour comprendre le succès de ces trois jeunes hommes, il faut remonter à la source. Ou plutôt à « La Case ». Ce petit local situé à quelques mètres du Carrefour Bastos à Yaoundé, est une sorte de temple dans lequel les artistes se retrouvent pour revisiter leur répertoire. Un univers bien à eux, qu’ils partagent avec d’autres artistes, dont les membres du groupe Macase. Dans quatre jours, les X-Maleya ont un rendez-vous capital avec leurs fans. Ce samedi au Centre culturel français de Yaoundé, le groupe présente en effet son nouvel album. Une bonne impression, c’est primordial pour une première grande sortie. Chaque détail compte pour la prestation de samedi.
Alors pendant les révisions, Haïs, le « Blanc » du groupe, griffonne dans un petit carnet. « Les notes que je prends vont servir pour faire des améliorations pour le concert », explique-t-il, quand on lui demande l’utilité de son bloc-notes. Comme tous les groupes célèbres, les X-Maleya ont leurs groupies. Celles-ci ont même le privilège d’assister en première ligne aux répétitions de leurs stars. Laure et Clarisse sont venues avec deux amies. Les quatre jeunes filles reprennent en chœur les chansons du groupe, qu’apparemment, elles maîtrisent parfaitement. Et quand les chanteurs entament « Yelele », le titre-phare du moment, elles ne peuvent s’empêcher d’applaudir et de pousser des cris de joie.
Quel est donc le secret de la « Maleyamania » ? Cory, la chanteuse des Macase qui a travaillé avec le groupe sur leur titre à succès, a une petite idée sur la question. « Il y a comme une sorte de mélange de rythmes à la fois jeune et ancien dans leur musique. Par jeune, j’entends bien sûr le hip hop et par ancien, des rythmes bantu proches de chez nous, le makossa entre autres », déclare-t-elle. Au-delà du métissage de sonorités et de l’alliage des chants en français et en langue bassa qui permettent au groupe de plaire aussi bien aux jeunes qu’aux adultes, le nouvel album du trio regorge de compositions originales. Hormis cette reprise de la chanson « Motasawa » d’Eboa Lotin, qu’ils ont su s’approprier à leur manière. Les X-Maleya quant à eux, n’ont pas d’explication véritable à leur réussite. « Rien ne peut l’expliquer. Ce n’est pas une science exacte », affirment-ils. En attendant, la saga continue.
Monica NKODO
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X Maleya
