En cause des bousculades nées de la mauvaise organisation du retrait de ces fiches à la délégation régionale du ministère de la Fonction publique du centre. –
« Les fiches de candidature ne sont valable que s’il y a dessus un cachet de la délégation régionale du ministère de la Fonction publique». Cette déclaration des agents en service à la délégation régionale du ministère de la Fonction publique et de la réforme administrative (Minfopra) pour le Centre a suscité un tollé auprès des milliers de candidats tassés à l’esplanade de la délégation régionale du Minfopra sis à Yaoundé.
Juste après cette annonce, des hurlements et interrogations fusent de partout : « C’est encore quelle histoire ça !!! », «Pourquoi ne pas l’avoir dit dans l’avis de recrutement ?», « C’est un stratagème pour que vos enfants déposent vite leurs dossiers ? », « On ne peut pas mettre le cachet là au dépôt du dossier ? », « vous voulez les émeutes ici ? Ne nous provoquez pas »….
La jungle
Si certains restent ahuris ou continuent à lancer des récriminations, d’autres se précipitent vers des bureaux afin d’obtenir le précieux sésame. Mais la tâche n’est pas aisée. Il faut jouer des coudes et faire usage de ses muscles pour se faufiler. « C’est aujourd’hui ou jamais », « tant pis pour les faibles » peut on attendre dire.
Une dizaine de personnes notamment des jeunes filles s’évanouissent. Pas l’ombre d’une ambulance ou d’une équipe de la Croix – Rouge pour leur venir en aide. Quelquefois, elles sont mises à l’ombre du soleil de plomb par des bons samaritains qui ne s’attardent pas longtemps auprès d’elles, car il faut faire vite et c’est chacun pour soit.
Les agents de force de l’ordre venues prêter main forte aux vigiles sont débordées et jettent l’éponge. « Comme vous voulez le désordre, restez avec votre désordre, nous on a déjà nos matricules » lance l’un d’eux avant de s’en aller sur les huées des gens en délire.
Parcours du combattant

Pour ceux qui réussissent l’exploit de retirer la fiche sur laquelle est apposée le fameux cachet, une fois entre leurs mains, les candidats la serrent si fortement qu’elle se froisse voire se déchire au moment où ils se démènent pour s’exfiltrer de la foule.
Une fois cette étape passée, le chemin de croix n’est pas achevé. Il faut une seconde estampille sur la fiche de candidature. Elle doit être posée sur le timbre fiscal. Faute de passage pour accéder au bureau où l’opération est effectuée, les postulants escaladent un mur d’environ 1 mètre 60 de hauteur.
La tension monte
A un peu plus de 15 heures, les bureaux de la délégation régionale du ministère de la Fonction publique pour le Centre ferment. Des candidats insatisfaits ne l’entendent pas de cette oreille. Ils cassent une à deux vitrines pour manifester leur mécontentement. Mais cela ne change rien, faudra revenir.
Sur le chemin du retour, Barnabé et Rose Anne, acteurs de toutes ces péripéties de la journée du 14 mars, supputent sur d’éventuels dérapages. « Si rien n’est fait pour bien organiser les dépôts de dossiers, l’affaire de recrutement si va barder, et il y aura plus de morts que lors du concours de la police en janvier 2009 »
Bonne organisation ou pas, des postulants qui n’ont pas été servies promettent revenir le lendemain (Ndlr : aujourd’hui). « Je serais là dès 3 heures du matin et on va voir ce qu’on va voir » déclare Athanase qui rentre chez lui avec sa chemise en lambeau et une paire de chaussure en moins.
Pierre- Patrick Mouandjo
Cameroun Actu
