Les 6 titres de cet artiste musicien sont une fusion de reggae et de folklore. –
C’est sur un air triste que Jam-Lam entame l’album intitulé «Je resterai dans mon pays», qui est également le titre de l’une des chansons. Un compact disc (Cd) de 6 titres dans lequel il consacre une grande partie au reggae. Dans les titres «Sankara», « Tohi » et « Je resterai dans mon pays », l’auteur reste sur le Reggae. En effet, que ce soit la basse de Désiré Volkan, ou le son distillé par le saxophone d’Amstrong Tankeu, tous les ingrédients sont mis à contribution pour avoir un reggae dans le style d’Alpha Blondy. Dès lors, on note une grande influence du célèbre chanteur de reggae ivoirien, dont Jam-lam se présente comme le fils spirituel. Les notes soufflées par la trompette de Michel Lacor et du clavier de Yannick ajoutent de la puissance à la musique, fortement dominée par la guitare solo d’Alexis Rokoye.
Loin d’être un album exclusivement réservé aux adeptes des dreadlocks et du Reggae, « Je resterai dans mon pays» allie à merveille le reggae et le folklore de l’ethnie Bassa, d’où est originaire Jam-lam. A l’instar du Makunè. Un retour à ses origines que le fils spirituel d’Alpha Blondy met en relief dans le titre «Mut Binam» (quelqu’un). Il fait retomber la cadence dans «Zymbo» et «Yélé». Où sur un rythme lent et langoureux, il laisse parler ses émotions. Loin de pratiquer la langue de bois, Jam-lam utilise des mots pouvant insinuer des pensées, lorsqu’il s’adresse aux mélomanes. C’est le cas du titre «Sankara» dans lequel il rappelle le «complot» qui a entraîné la mort de l’ancien président du Burkina Faso, Thomas Sankara. «Tu as liquidé, manigancé, comploté et à la fin, fais assassiner ton meilleur copain. Tout cela à cause du pouvoir», clame-t-il. Dans le titre en hommage à Thomas Sankara, l’auteur replonge les fans dans le passé politique du Burkina Faso à travers la guitare rythmique qui caractérise ce titre. C’est également sans détour que le reggae man rappelle aux africains qu’ «on est jamais mieux que chez soi».
Et ce, «malgré la démocratie à la con, la politique et les politiciens sans scrupules et corrompus. Malgré un pays sans avenir…», répète-t-il. Un pays où la solidarité longtemps prônée par les anciens tend à disparaître. D’où le titre «Mut binam». Un mélange de reggae et de Makunè dans lequel Jam-lam décrie la non assistance des hommes lorsque quelqu’un est encore en vie. « Ils refusent de m’assister quand je suis malade. Mais quand je meurs, ils viennent nombreux à mon deuil pour boire et manger», regrette-t-il. Comme un apaisement, «yélé» le dernier titre de l’?uvre, est une berceuse dans laquelle Jam-Lam révèle son côté slameur. Dans le souci d’exorciser l’Afrique des maux qui la mine. Telle, l’l’hypocrisie, la jalousie, l’égoïsme, la prostitution, entre autre. «Je resterai dans mon pays» est un régal moins digeste pour les mélomanes qui essayent de comprendre ce que l’auteur compositeur dit dans ces chansons. Soit parce que les paroles de certaines chansons sont à peine audibles, soit parce que certains titres sont totalement exécutés en bassa.
Marthe Ndiang (Stagiaire)
