Le député du Sdf publie ses biens; il invite Paul Biya à en faire autant.
Monsieur le président,
Il convient de rappeler qu’il y a quelques années, vous aviez lancé à grands renforts de publicité votre croisade contre l’impunité, la corruption et les détournements de deniers publics. Soyez rassuré que toute initiative dénuée d’arrière-pensées qui va dans le sens de traquer ceux qui ont porté atteinte à la fortune publique est salutaire.
Qu’est ce qui peut néanmoins pousser les Camerounais à prendre cette croisade au sérieux quand, soupçonné d’avoir une fortune colossale qui rend dérisoire les montants détournés par tous ceux qui sont actuellement incarcérés, vous refusez de vous expliquer publiquement au sujet du rapport du Ccfdt ?
Nos compatriotes pensent que ceux qui ont été arrêtés jusqu’ici dans le cadre de l’Epervier et qui sont en majorité vos propres fabrications, sont en réalité tombés en disgrâce du fait qu’ils paient plus pour leur imprudence d’avoir affiché leurs ambitions présidentielles que pour avoir détourné la fortune publique. Qu’est ce qui justifie que des personnes dont les fautes de gestion ont été établies par le Conseil de discipline budgétaire et financière sont libres de tout mouvement alors qu’il y en a qui sont à l’étroit ou qui se retrouvent en prison sans avoir subi la même procédure.
Il n’est plus de secret pour personne que l’opération épervier s’est transformée en une opération escargot à tête chercheuse. La dernière actualité renforce ce sentiment. En maintenant au gouvernement l’ex-Mincom, non seulement vous avez insulté la nation mais vous avez surtout de votre propre gré réussi l’exploit de discréditer définitivement votre croisade auprès du peuple qui s’étonne que le futur ministre des Postes et des Télécommunications soit encore en liberté.
Monsieur le président,
Le rapport du Ccfdt a le mérite de remettre en exergue l’article 66 de la Constitution du 18 janvier 19966. Qu’est ce qui justifie que 13 ans après son adoption, cet article n’ait pas encore fait l’objet d’un décret d’application alors que vous aviez signé le décret d’application de l’article 6 al 2 instituant votre présidence à vie dès le lendemain de son adoption à l’Assemblée nationale?
Qu’est ce qui explique cette discrimination dans la signature des décrets d’application si ce n’est votre volonté antirépublicaine de ne tenir compte que de vos intérêts personnels et de ne ménager aucun effort pour créer l’opacité autour de la gestion des affaires publiques.
Choisir de manière parcellaire des articles de la Constitution devant faire l’objet d’un décret d’application constitue une dérive monarchique, un déni de démocratie inadmissible en République et une injure insupportable proférée à l’endroit de tous ceux qui ont élaboré ou adopté cette Constitution après de rudes journées de labeur en 1996.
Refuser de signer le décret d’application de l’article 66, constitue une faute politique majeure qui jettera définitivement un discrédit total sur l’Opération Epervier. Vous ne sauriez lancer une croisade rationnelle si vous ne vous soumettez pas vous-mêmes à l’exigence constitutionnelle de la déclaration de vos biens.
Monsieur le président,
Le peuple vous regarde. Si vous ne changez pas d’attitude, si vous demeurez impassible, si vous n’adoptez pas une posture républicaine, vous découragerez les rares et dernières bonnes volontés qui restent autour de vous, si tant est qu’elles existent. Vous achèverez de convaincre les Camerounais de votre insincérité dans la conduite des missions d’assainissement que vous proclamez à longueur de discours.
Si par contre vous estimez que le débat qui est engagé est un débat digne des camerounais- et de tous les camerounais, qu’ils aient voté pour vous ou pas-, ne pensez-vous pas qu’une façon d’honorer vos compatriotes serait de sortir de votre mutisme et de signer le décret d’application de l’article 66 de la Constitution?
Personnellement, je ne pense pas que vous ayez intérêt à refuser d’aller définitivement sur le chemin de la transparence car toute persistance d’obstruction à l’application de l’article 66 sera désastreuse pour le pays. Elle va coûter le prix d’une guerre larvée sur fonds de délation car il ne saurait y avoir d’ordre et de sécurité là où règnent l’injustice et l’opacité. Nous ne sommes pas encore en guerre civile, ce qui n’est d’ailleurs pas souhaitable. Le mutisme que vous adoptez depuis la publication du rapport du Ccfdt nous installe progressivement et malheureusement en haine civile. Elle est entrain de s’installer dans le pays tout entier. Elle gagne malheureusement les cœurs. On l’entend et on la voit. La rage qui brusquement tord les bouches. La fureur qui emporte les propos.
Monsieur le président,
Vous êtes le garant de la Constitution. Si vous n’avez rien à cacher, déclarez vos biens pour espérer un classement meilleur dans l’histoire de notre pays et pour éviter que le peuple se perde en conjectures. Au lieu de faire croire que vous êtes victime d’une campagne de calomnies et de dénigrements, vous feriez mieux de dissiper tout soupçon en vous soumettant à cet article. Le peuple aimerait par exemple savoir votre salaire mensuel.
En déclarant vos biens, vous pourrez ainsi donner un sens nouveau pour ceux qui y vivent, pour ceux qui la font et qui n’ont que trop souvent connu jusque là le refus et la fermeture.
Une fois cette exigence remplie, j’espère qu’au terme de votre second septennat qui s’achève dans deux ans, le temps sera venu pour vous à 78 ans de passer le témoin, d’abandonner à d’autres la tâche immense de mener les combats à venir pour l’édification de notre cher pays.
Vous réussirez ainsi à faire passer notre peuple de l’ère des rêves déçus à l’époque des espérances raisonnables.
Chaque soir vous devez sûrement penser au chemin parcouru depuis 1982, au trésor d’habiletés manœuvrières et de coups de force tordus que vous avez dépensé pour vous maintenir au pouvoir. Au soir de votre vie publique, Il faudrait surtout éviter que la rencontre entre l’homme politique que vous êtes et la génération qui fournira les responsables de demain se transforme en gâchis irréparable. Pour éviter ce scénario catastrophe qui n’honorera pas votre mémoire, déclarez d’abord vos biens
Ayez les épaules assez larges, l’intelligence d’esprit, le courage au cœur ainsi que le sentiment d’humilité qui veut qu’aucun être, fût-il président, ne possède à lui seul la science infuse. Un homme ne peut, en quoi que ce soit, se substituer durablement aux mouvements d’un peuple. Son humeur ne peut être plus forte et plus juste que la volonté populaire.
Monsieur le président,
Par ce que l’exemple vaut mieux que la leçon, je me fais le modeste devoir de me soumettre solennellement devant le peuple à cette obligation constitutionnelle.
Voici mes biens :
– 01 véhicule de marque Toyota type HDJ 80 âgé de 14 ans acquis en seconde main.
– 01 véhicule de marque Mercedes type 300 SE âgé de 19 ans acquis en seconde main.
– 01 véhicule de marque Land and Rover type Rang TD âgé de 13 ans acquis en seconde main en panne et immobilisé dans un garage depuis un an.
– 01 Immeuble R+2 non achevé situé à Akwa Nord lieu dit Sable.
– 01 Villa située à Ndog Passi II face Commissariat du 14 ème Arrondissement (Domicile).
– 01 Terrain de 548m² situé à Log Baba objet du titre foncier N° 18550/W hypothéqué auprès d’une Banque de la place.
– 01 Terrain familial de 4 000 m² situé à Banka (Don de ma mère)
Ah ! J’oubliais : Imprimeur de profession, j’ai été propriétaire de l’une des imprimeries les mieux équipées de la ville de Douala jusqu’au 18 Octobre 1992 date à laquelle la police politique de votre régime l’a incendiée en guise de représailles post- électorales.
Vous voyez monsieur le président, déclarer ses biens est un exercice simple pour qui n’a rien à cacher.
Je vous prie respectueusement d’agréer monsieur le président, l’expression de mes sentiments patriotiques.
Par Jean Michel Nintcheu*
*Député à l’Assemblée nationale
Vice-président du groupe parlementaire Sdf

Le staff technique des Lions indomptables était face à la presse hier, 07 octobre 2008 dans la salle de conférence du ministère des Sports et de l’Education physique. Pendant 40 minutes (13h40-14h20), Otto Pfister, Gweha Ikouam et Thomas Nkono ont fait le bilan de leur présence à la tête de la sélection nationale depuis leur nomination le 26 octobre 2007. On se souvient que lors de leur installation, une place au podium africain (Coupe d’Afrique des nations) et une qualification pour la Coupe du monde 2010 étaient les objectifs majeurs qui leurs avaient été assignés par le ministre des Sports Augustin Edjoa. "Malgré les intrigues ici et là, nous avons joué la finale " de la dernière Coupe d’Afrique des nations au Ghana et, partant, "redonner confiance aux fans des Lions et à la populations camerounaise" qui n’avaient plus vu son équipe disputer une finale de la Can après celle gagnée de février 2002 au Mali".
Otto Pfister est formel là-dessus : "il y a cinq joueurs indispensables pour mon groupe". Par ordre d’importance, il cite Gérémi Sorel Njitap qui "est un pion essentiel à Newcastle", Rigobert Song Bahanag, "meilleur défenseur central en Turquie. Champion de Turquie avec Galatasaray la saison dernière. "Les gens parlent de son âge en disant qu’il est vieux. Je ne m’occupe pas de blablabla". Samuel Eto’o "est pour moi, le meilleur attaquant du monde". “Carlos Kameni est le 2e ou le 3e meilleur gardien du monde. Jean II Makoun est titulaire à Lyon. Stéphane Mbia Etoundi l’est aussi à Rennes. Il peut entrer dans ce groupe-là". Ce sont là les joueurs "fixes" de Pfister avec qui il entend débuter la prochaine campagne. Les autres viendront se greffer à ce noyau.