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Les lions en grève en France

by mboasawa
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Les basketteurs camerounais en stage pour le tournoi préolympique d’Athènes sont confrontés à d’énormes difficultés en France.
Sales temps pour la sélection nationale de basket-ball du Cameroun. En stage depuis bientôt trois semaines à Lyon en France, les basketteurs camerounais ne cessent de se plaindre de leurs conditions d’hébergement et de préparation au tournoi préolympique d’Athènes à Grèce (du 14 au 20 juillet), qualificatif pour les Jeux olympiques de Beijing en Chine. Face au mutisme des autorités sportives camerounaises, ces Lions Indomptables du basket-ball ont décidé d’entrer en grève mercredi 9 juillet. Une grève qui se poursuivait jusqu’au moment où nous allions sous presses hier, jeudi 10 juillet, jour initialement prévu pour le départ de Lyon pour Athènes. “ Nous sommes actuellement en réunion avec les dirigeants qui essayent de nous convaincre sans apporter des solutions à nos problèmes. Ils disent que si nous ne voyageons pas ce jeudi (hier), ce sera samedi 12 juillet. Et, nous jouons notre premier match à Athènes lundi 14 juillet contre la Croatie. La deuxième rencontre est prévue le lendemain, mardi 15 juillet, contre Porto Rico”, révèle un de ces Lions, joint au téléphone hier.
A l’en croire et nombre de ses coéquipiers joints au téléphone dans leur tanière de l’hôtel B&B de Vénissieux à Lyon en France, les difficultés auxquelles ils sont confrontés sont de plusieurs ordres : hébergement, nutrition, primes, santé et lieu d’entraînement. “ Nous sommes logés dans un petit hôtel de seconde zone, aux abords d’un périphérique. Avec seulement trois téléphones pour tous les clients. Pour téléphoner, nous sommes obligés de faire la queue. La nourriture est de très mauvaise qualité. Nous avons décidé, pour cela, de ne plus manger dans cet hôtel. Pour manger désormais, nous allons nous débrouiller constamment dans un restaurant chinois du centre-ville. Nous lavons nos vêtements et équipements nous-mêmes. Pour boire de l’eau, nous en achetons nous-mêmes. Les installations de Ville bande (club de Pro A en France) dans lesquelles nous nous entraînons ne sont pas toujours disponibles. Elles sont souvent fermées quand nous arrivons sur les lieux ; nous sommes alors obligés d’attendre, souvent pendant au moins deux heures. En guise de primes, on nous remet 5 000 Fcfa par jour. Il n’y a pas de médecin. C’est un de nos coéquipiers, médecin de formation (Ben Owona, fils d’un ex-ministre), qui nous vient en aide pour des soins ”, se plaint dans les détails un des professionnels du groupe.

Mme Betala attendue en vain
Face à ces multiples manquements décriés par les joueurs de l’équipe nationale de basket-ball du Cameroun, les autorités sportives camerounaises ont promis l’arrivée à Lyon en France, de Mme Cécile Betala (haut cadre au ministère des Sports et de l’éducation physique), avec des solutions. “ Depuis qu’on nous a annoncé l’arrivée de cette dame pour vendredi 5 juillet, nous ne l’avons pas encore vue. Elle est toujours attendue”, lance un autre basketteur qui, par ailleurs, révèle que l’Etat du Cameroun leur doit encore cinq millions de francs Cfa rentrant dans le cadre des primes de qualification pour le tournoi préolympique, acquis de haute lutte en Angola (ils étaient vice-champions d’Afrique).
Le chef de la délégation de cette équipe nationale de basket-ball, M. Essama qui représente le ministère des Sports et de l’éducation physique aux côtés de la pléiade d’accompagnateurs (15 personnes contre 13 joueurs), est dépassé par les événements. Tout comme le directeur technique national, Lazare Adingono. Dépité par la mauvaise foi et l’amateurisme des autorités sportives camerounaises, le professionnel Njoya Seidou a refait ses valises et est reparti aux Etats-Unis où il poursuit sa carrière. Mpele Mpele quant à lui, n’a pas cru nécessaire de faire le déplacement de Lyon en France, après avoir été informé de la situation de ses coéquipiers. Il est resté en Belgique où il évolue.
La délégation de l’équipe nationale de basket-ball du Cameroun à Lyon est composée de 28 membres dont 13 joueurs (11 professionnels et 2 nationaux) et 15 accompagnateurs.  

Par Honoré FOIMOUKOM

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Les basketteurs camerounais en stage pour le tournoi préolympique d’Athènes sont confrontés à d’énormes difficultés en France.
Sales temps pour la sélection nationale de basket-ball du Cameroun. En stage depuis bientôt trois semaines à Lyon en France, les basketteurs camerounais ne cessent de se plaindre de leurs conditions d’hébergement et de préparation au tournoi préolympique d’Athènes à Grèce (du 14 au 20 juillet), qualificatif pour les Jeux olympiques de Beijing en Chine. Face au mutisme des autorités sportives camerounaises, ces Lions Indomptables du basket-ball ont décidé d’entrer en grève mercredi 9 juillet. Une grève qui se poursuivait jusqu’au moment où nous allions sous presses hier, jeudi 10 juillet, jour initialement prévu pour le départ de Lyon pour Athènes. “ Nous sommes actuellement en réunion avec les dirigeants qui essayent de nous convaincre sans apporter des solutions à nos problèmes. Ils disent que si nous ne voyageons pas ce jeudi (hier), ce sera samedi 12 juillet. Et, nous jouons notre premier match à Athènes lundi 14 juillet contre la Croatie. La deuxième rencontre est prévue le lendemain, mardi 15 juillet, contre Porto Rico”, révèle un de ces Lions, joint au téléphone hier.
A l’en croire et nombre de ses coéquipiers joints au téléphone dans leur tanière de l’hôtel B&B de Vénissieux à Lyon en France, les difficultés auxquelles ils sont confrontés sont de plusieurs ordres : hébergement, nutrition, primes, santé et lieu d’entraînement. “ Nous sommes logés dans un petit hôtel de seconde zone, aux abords d’un périphérique. Avec seulement trois téléphones pour tous les clients. Pour téléphoner, nous sommes obligés de faire la queue. La nourriture est de très mauvaise qualité. Nous avons décidé, pour cela, de ne plus manger dans cet hôtel. Pour manger désormais, nous allons nous débrouiller constamment dans un restaurant chinois du centre-ville. Nous lavons nos vêtements et équipements nous-mêmes. Pour boire de l’eau, nous en achetons nous-mêmes. Les installations de Ville bande (club de Pro A en France) dans lesquelles nous nous entraînons ne sont pas toujours disponibles. Elles sont souvent fermées quand nous arrivons sur les lieux ; nous sommes alors obligés d’attendre, souvent pendant au moins deux heures. En guise de primes, on nous remet 5 000 Fcfa par jour. Il n’y a pas de médecin. C’est un de nos coéquipiers, médecin de formation (Ben Owona, fils d’un ex-ministre), qui nous vient en aide pour des soins ”, se plaint dans les détails un des professionnels du groupe.

Mme Betala attendue en vain
Face à ces multiples manquements décriés par les joueurs de l’équipe nationale de basket-ball du Cameroun, les autorités sportives camerounaises ont promis l’arrivée à Lyon en France, de Mme Cécile Betala (haut cadre au ministère des Sports et de l’éducation physique), avec des solutions. “ Depuis qu’on nous a annoncé l’arrivée de cette dame pour vendredi 5 juillet, nous ne l’avons pas encore vue. Elle est toujours attendue”, lance un autre basketteur qui, par ailleurs, révèle que l’Etat du Cameroun leur doit encore cinq millions de francs Cfa rentrant dans le cadre des primes de qualification pour le tournoi préolympique, acquis de haute lutte en Angola (ils étaient vice-champions d’Afrique).
Le chef de la délégation de cette équipe nationale de basket-ball, M. Essama qui représente le ministère des Sports et de l’éducation physique aux côtés de la pléiade d’accompagnateurs (15 personnes contre 13 joueurs), est dépassé par les événements. Tout comme le directeur technique national, Lazare Adingono. Dépité par la mauvaise foi et l’amateurisme des autorités sportives camerounaises, le professionnel Njoya Seidou a refait ses valises et est reparti aux Etats-Unis où il poursuit sa carrière. Mpele Mpele quant à lui, n’a pas cru nécessaire de faire le déplacement de Lyon en France, après avoir été informé de la situation de ses coéquipiers. Il est resté en Belgique où il évolue.
La délégation de l’équipe nationale de basket-ball du Cameroun à Lyon est composée de 28 membres dont 13 joueurs (11 professionnels et 2 nationaux) et 15 accompagnateurs.  

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A l’en croire et nombre de ses coéquipiers joints au téléphone dans leur tanière de l’hôtel B&B de Vénissieux à Lyon en France, les difficultés auxquelles ils sont confrontés sont de plusieurs ordres : hébergement, nutrition, primes, santé et lieu d’entraînement. “ Nous sommes logés dans un petit hôtel de seconde zone, aux abords d’un périphérique. Avec seulement trois téléphones pour tous les clients. Pour téléphoner, nous sommes obligés de faire la queue. La nourriture est de très mauvaise qualité. Nous avons décidé, pour cela, de ne plus manger dans cet hôtel. Pour manger désormais, nous allons nous débrouiller constamment dans un restaurant chinois du centre-ville. Nous lavons nos vêtements et équipements nous-mêmes. Pour boire de l’eau, nous en achetons nous-mêmes. Les installations de Ville bande (club de Pro A en France) dans lesquelles nous nous entraînons ne sont pas toujours disponibles. Elles sont souvent fermées quand nous arrivons sur les lieux ; nous sommes alors obligés d’attendre, souvent pendant au moins deux heures. En guise de primes, on nous remet 5 000 Fcfa par jour. Il n’y a pas de médecin. C’est un de nos coéquipiers, médecin de formation (Ben Owona, fils d’un ex-ministre), qui nous vient en aide pour des soins ”, se plaint dans les détails un des professionnels du groupe.

Mme Betala attendue en vain
Face à ces multiples manquements décriés par les joueurs de l’équipe nationale de basket-ball du Cameroun, les autorités sportives camerounaises ont promis l’arrivée à Lyon en France, de Mme Cécile Betala (haut cadre au ministère des Sports et de l’éducation physique), avec des solutions. “ Depuis qu’on nous a annoncé l’arrivée de cette dame pour vendredi 5 juillet, nous ne l’avons pas encore vue. Elle est toujours attendue”, lance un autre basketteur qui, par ailleurs, révèle que l’Etat du Cameroun leur doit encore cinq millions de francs Cfa rentrant dans le cadre des primes de qualification pour le tournoi préolympique, acquis de haute lutte en Angola (ils étaient vice-champions d’Afrique).
Le chef de la délégation de cette équipe nationale de basket-ball, M. Essama qui représente le ministère des Sports et de l’éducation physique aux côtés de la pléiade d’accompagnateurs (15 personnes contre 13 joueurs), est dépassé par les événements. Tout comme le directeur technique national, Lazare Adingono. Dépité par la mauvaise foi et l’amateurisme des autorités sportives camerounaises, le professionnel Njoya Seidou a refait ses valises et est reparti aux Etats-Unis où il poursuit sa carrière. Mpele Mpele quant à lui, n’a pas cru nécessaire de faire le déplacement de Lyon en France, après avoir été informé de la situation de ses coéquipiers. Il est resté en Belgique où il évolue.
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A l’en croire et nombre de ses coéquipiers joints au téléphone dans leur tanière de l’hôtel B&B de Vénissieux à Lyon en France, les difficultés auxquelles ils sont confrontés sont de plusieurs ordres : hébergement, nutrition, primes, santé et lieu d’entraînement. “ Nous sommes logés dans un petit hôtel de seconde zone, aux abords d’un périphérique. Avec seulement trois téléphones pour tous les clients. Pour téléphoner, nous sommes obligés de faire la queue. La nourriture est de très mauvaise qualité. Nous avons décidé, pour cela, de ne plus manger dans cet hôtel. Pour manger désormais, nous allons nous débrouiller constamment dans un restaurant chinois du centre-ville. Nous lavons nos vêtements et équipements nous-mêmes. Pour boire de l’eau, nous en achetons nous-mêmes. Les installations de Ville bande (club de Pro A en France) dans lesquelles nous nous entraînons ne sont pas toujours disponibles. Elles sont souvent fermées quand nous arrivons sur les lieux ; nous sommes alors obligés d’attendre, souvent pendant au moins deux heures. En guise de primes, on nous remet 5 000 Fcfa par jour. Il n’y a pas de médecin. C’est un de nos coéquipiers, médecin de formation (Ben Owona, fils d’un ex-ministre), qui nous vient en aide pour des soins ”, se plaint dans les détails un des professionnels du groupe.

Mme Betala attendue en vain
Face à ces multiples manquements décriés par les joueurs de l’équipe nationale de basket-ball du Cameroun, les autorités sportives camerounaises ont promis l’arrivée à Lyon en France, de Mme Cécile Betala (haut cadre au ministère des Sports et de l’éducation physique), avec des solutions. “ Depuis qu’on nous a annoncé l’arrivée de cette dame pour vendredi 5 juillet, nous ne l’avons pas encore vue. Elle est toujours attendue”, lance un autre basketteur qui, par ailleurs, révèle que l’Etat du Cameroun leur doit encore cinq millions de francs Cfa rentrant dans le cadre des primes de qualification pour le tournoi préolympique, acquis de haute lutte en Angola (ils étaient vice-champions d’Afrique).
Le chef de la délégation de cette équipe nationale de basket-ball, M. Essama qui représente le ministère des Sports et de l’éducation physique aux côtés de la pléiade d’accompagnateurs (15 personnes contre 13 joueurs), est dépassé par les événements. Tout comme le directeur technique national, Lazare Adingono. Dépité par la mauvaise foi et l’amateurisme des autorités sportives camerounaises, le professionnel Njoya Seidou a refait ses valises et est reparti aux Etats-Unis où il poursuit sa carrière. Mpele Mpele quant à lui, n’a pas cru nécessaire de faire le déplacement de Lyon en France, après avoir été informé de la situation de ses coéquipiers. Il est resté en Belgique où il évolue.
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Par Honoré FOIMOUKOM

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Arts du spectacle : La théorie règne à Yaoundé I

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Souvent abandonné avant terme,le campus est parfois délaissé pour les cours pratiques.
Justin Blaise Akono –




Exit l’ère exclusive des autodidactes et personnes formées à l’école étrangère ou dans le cadre des stages de recyclage en matière d’arts du spectacle au Cameroun. Depuis plus d’une décennie, des comédiens et autres techniciens du théâtre ainsi que du cinéma et de la télévision sortent de l’université de Yaoundé I pour intégrer le milieu. En effet, une section Arts du spectacle existe à la faculté des lettres, arts et sciences humaines de l’université de Yaoundé I depuis 1994. Pour cette "filière" dite professionnalisante, les enseignements relatifs au cinéma rejoignent le théâtre en 1996. L’on y enseigne les métiers de la scène. Notamment l’art théâtral et l’art cinématographique et télévisuel. "Dans l’art théâtral, on enseigne l’écriture d’une pièce de théâtre, à pouvoir l’analyser et l’interpréter. Soit comme acteur, soit comme metteur en scène. Quant au cinéma, on leur apprend à connaître l’histoire du cinéma, à pouvoir écrire un scénario, le cheminement de l’industrie filmique", informe Erick Mevogbi, étudiant en Dea.

Ils sont titulaires d’une licence, d’une maîtrise, voire plus. Parfois ils n’ont aucun diplôme, "happés par les contrats sur la scène internationale pendant leur formation. Car, c’est quand la carrière s’envole qu’on est obligé d’arrêter. La finalité étant de faire l’art, de gagner sa vie. L’école ne fuit pas, mais les contrats si", relève Nicaise Magloire Wegang, comédienne à la compagnie Annoora. Elle vient de soutenir une maîtrise sur la dramaturgie contemporaine du renouvellement du théâtre camerounais. Il y en a aussi qui, diplômés ou non, ont changé de métiers. Selon des témoignages, certains sont devenus commerçants, conseillers d’animation, ou chômeurs, dans l’espoir d’être recrutés au ministère de la Culture, "qui devrait être leur principal employeur", estime Nicaise Magloire Wegang.

Ceux qui semblent avoir réussi l’adéquation entre la formation et le monde professionnel ne sont pas nombreux. Tchaya Tchameni Zigoto, metteur en scène et réalisateur de cinéma présentement en Grande Bretagne, Daniel Samo Samo, régisseur au Centre culturel français de Yaoundé, Yaya Mbilé, metteur en scène, Essouma Zagor, Emmanuel Tina-Asseng, pour ne citer que le plus connus dans le domaine du théâtre ainsi que celui du cinéma. "C’est une filière qui ouvre les portes du self emploi. Si quinze réussissent sur la scène internationale, ils sont une centaine qui l’espéraient", pense Nicaise Magloire Wegang. Les produits de la section arts du spectacle, intègrent alors les troupes théâtrales ou font partie des projets de réalisations cinématographiques camerounaises. Soit comme comédiens, soit comme techniciens.

Carrière
"Parfois, l’université n’a pas tous les matériaux pour pouvoir assumer sa mission de filière professonnalisante. Alors que des professionnels non formés, possèdent ce matériau", constate avec tristesse Joseph Funtim, produit de cette filière et éditeur, qui parle d’un réel problème de formation. Pendant leurs études, les étudiants creusent alors leurs sillons en intégrant des troupes théâtrales telles que la troupe Les Tongolos programmées aux "Scènes du théâtre francophone" ou des projets de films. L’on parle d’une quinzaine de troupes composées d’étudiants qui fonctionnent dans cette section arts du spectacle de l’université de Yaoundé I. Section animée par quatre enseignants: Bole Butake, Jacques Raymond Fofié, Charles Soh et Anne Tany Tang.

Or, la plupart des promoteurs d’art (théâtre ou cinéma) au Cameroun, qui sont d’ailleurs leurs employeurs, ne sont pas passés par une école. Et leur appréciation des professionnels sortis de l’université est parfois empreinte de beaucoup de critiques. Le producteur de cinéma Frank Ndema de l’association Sud Plateau, spécialisée dans les courts métrages, travaille en majorité avec les anciens étudiants de la filière. "Ils son talentueux. Mais, un talent brut qu’ils finissent par parfaire en associant aux professionnels", témoigne-t-il. Mais, le producteur s’indigne du fait que ces étudiants "ont de la peine à sortir de leur carcan universitaire. Ils oublient qu’après l’école, il y a le monde professionnel".

Pour Martin Ambara, dramaturge et metteur en scène, "Ils peuvent avoir des connaissances théoriques. Mais, cet art exige, en plus du talent, un travail permanent". Il critique surtout le système d’enseignement : "Les techniques théâtrales évoluent rapidement. Les enseignants se recyclent-ils? L’institution dispose-t-elle du matériau adéquat pour pourvoir assurer une bonne formation afin que les étudiants soient à même d’être opérationnels sur le terrain?" Une série d’interrogations qu’aligne Martin Ambara, qui n’ont pas pu trouver de réponses auprès du docteur Jacques Raymond Fofié, chef de la section Arts du spectacle de l’université de Yaoundé I, très occupé à organiser les évaluation pendant cette semaine. D’ailleurs, l’une de ses étudiantes, Nicaise Magloire Wegang, est un peu plus péremptoire : "on a l’impression qu’à un moment, on n’apprend plus rien. L’art évolue vite et la pratique n’est pas satisfaisante".

Un autre metteur en scène, André Majors Akoa se souvient avoir été sollicité en 1998 pour y donner des cours pratiques. "J’ai l’impression qu’on ne prend pas au sérieux cette formation. Le niveau théorique est bon. Mais, ils ont beaucoup d’insuffisances sur le plan pratique", constate-t-il. C’est presque le même avis chez Henri Arsène Beyeme Abouna, président du théâtre universitaire, qui emploie cinq comédiens formés sur les trente que compte la troupe: "Beaucoup n’avaient jamais mis les pieds sur une scène de spectacle. Ils y trouvent un lieu d’expression. Ils en profitent aussi, au frottement des professionnels, d’enrichir leurs recherches".

Pourtant, dans la sous section cinéma, chaque étudiant doit produire un film pour passer au niveau supérieur du premier cycle, apprend-on de certains responsables. Mais, "Nous déplorons le fait que les enseignements ne sont pas pratiques. Nous essayons de comprendre que, dans les universités l’accent soit mis sur l’académisme. Ce sont les intellectuels et les critiques qu’on forme ici", se plaint Erick Mevogbi. Mais, rebondit Nicaise Magloire Wegang, qui relève au passage le caractère essentiellement théorique de la formation universitaire, "la formation est fondamentale, même sans cet accent pratique que nous tous souhaitons recevoir. On se plaint parce qu’on veut plus. Elle est une base sur laquelle peut éclore le talent. On ne peut pas cracher dessus", tempère-t-elle, tout en ajoutant que, grâce à sa formation, elle a pu être recommandée dans certains milieux du théâtre. Juste pour la science, moins pour le talent.

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