J’y ai des contacts, comme l’on dit : journalistes, société civile, politiciens et, bien sûr, au sein même de la présidence. Cela nourrit articles et réflexions publiés dans JA. Mais cela génère aussi beaucoup de fantasmes.

J’étais à Yaoundé. J’y ai vu des amis, deux ou trois de mes contacts et je suis allé, à deux reprises, au Palais d’Etoudi où se trouvait le président Biya. De là est née la folle rumeur.

Dès le 12 mai, plusieurs journaux évoquent une probable grande interview de Biya à JA. Le 13, le quotidien Mutations, au demeurant sérieux et informé, titre : « Visibilité : Paul Biya parle à Jeune Afrique ». On y donne le jour de l’entretien (vendredi 9 mai dans l’après-midi), son contenu (l’opération anticorruption Epervier, l’arrestation prochaine de personnalités, la révision de la Constitution, etc…), ainsi que la date de parution : lundi 19 mai, veille de la fête nationale !

Tout cela est inexact, puisque je n’ai pas réalisé d’interview avec Paul Biya, mais la rumeur enfle sur la toile. On m’appelle de Yaoundé, de Paris et d’ailleurs. A Maputo, où se tiennent les AG de la Banque africaine de développement, notre envoyé spécial Samir Gharbi est abordé par des délégués camerounais, qui lui demandent avec insistance le texte de l’entretien !

Mes dénégations ne convainquent personne et pourtant ce numéro 2471 de JA sort sans Biya à la une. Dommage, peut-être, mais c’est ainsi.

Principale leçon de cette anecdote : l’opinion camerounaise, au sens le plus large du terme, est à ce point sevrée d’information et de communication présidentielles qu’elle prend ses désirs pour des réalités. De quoi donner à réfléchir à l’hôte du Palais.

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