mardi, février 17, 2026
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La mort de Miriam Makeba, une grande voix africaine

by mboasawa
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Miriam Makeba en concert à Cape Town en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).

Une grande voix a disparu dimanche soir. Et elle est partie en beauté, comme elle a vécu, dans l’engagement en faveur de causes universelles. Miriam Makeba, la "Mama Africa", la "mère de l’Afrique" comme elle avait été surnommée, a succombé dimanche soir à une attaque cardiaque à l’age de 76 ans, immédiatement après avoir chanté à un concert, à Naples, en faveur de l’écrivain italien menacé par la mafia, Roberto Saviano, l’auteur de "Gomora".

La chanteuse sud-africaine, universellement connue pour son tube "Pata Pata", a longtemps incarné l’engagement contre l’apartheid, le système de discrimination raciale institutionalisée mis en place dans son pays à partir de 1948. Elle a payé son engagement de 31 ans d’exil, auquel elle n’a mis fin qu’à la libération de Nelson Mandela en 1990.

Voici un cadeau pour saluer son départ: ces images extraordinaires datent de la fin des années 50, et la jeune Miriam Makeba chante dans l’ambiance d’un shebeen, ces bars clandestins où la bière coule à flots, installés dans les maisonnettes de Soweto, le grand ghetto noir à côté de Johannesburg. C’est dans ce milieu que s’est forgée une musique des townships, mix de jazz et de ryhtmes africains. (Voir la vidéo)

Contrainte à l’exil en raison de ses prises de position, alors que Nelson Mandela et la plupart des dirigeants du Congrès national africain (ANC) étaient emprisonnés au pénitencier de Robben Island, Miriam Makeba a incarné à travers le monde la résistance à l’apartheid.

Fidèle à son engagement, elle s’est d’abord installée dans la Guinée d’Ahmed Sekou Touré, qui faisait figure, dans les années 60, de fer de lance contre le colonialisme. Elle n’a pas voulu se désolidariser de lui quand l’ancien syndicaliste est devenu un abominable dictateur. Mais lorsque sa fille est morte en donnant naissance à son enfant, en 1985, en raison de l’état de décomposition du système de santé guinéen, Miriam Makeba, meurtrie, a quitté Conakry poour s’installer à Bruxelles.

La chanteuse a été mariée à deux grandes personnalités, le génial trompétiste de jazz sud-africain Hugh Masekela, et le dirigeant des Panthères noires Stokely Carmichael, originaire de Trinidad, lui aussi réfugié en Guinée alors qu’il était menacé de prison aux Etats-Unis.

Elle avait annoncé en 2005 qu’elle mettait fin à sa carrière, s’estimant, à 73 ans, trop fatiguée pour parcourir le monde. Mais elle ne savait pas dire non aux invitations à défendre les causes auxquelles elle croyait, contre le sida ou pour la liberté d’expression, comme dans le cas de Roberto Saviano.

En dernier hommage à une grande dame, (ré)écoutez le célèbre "Pata Pata", vieux d’un demi-siècle et qui lui survivra. (Voir la vidéo)

Photo: Miriam Makeba en concert à Cape Town en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).
Par Pierre Haski | Rue89

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Miriam Makeba en concert à Cape Town en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).

Une grande voix a disparu dimanche soir. Et elle est partie en beauté, comme elle a vécu, dans l’engagement en faveur de causes universelles. Miriam Makeba, la "Mama Africa", la "mère de l’Afrique" comme elle avait été surnommée, a succombé dimanche soir à une attaque cardiaque à l’age de 76 ans, immédiatement après avoir chanté à un concert, à Naples, en faveur de l’écrivain italien menacé par la mafia, Roberto Saviano, l’auteur de "Gomora".

La chanteuse sud-africaine, universellement connue pour son tube "Pata Pata", a longtemps incarné l’engagement contre l’apartheid, le système de discrimination raciale institutionalisée mis en place dans son pays à partir de 1948. Elle a payé son engagement de 31 ans d’exil, auquel elle n’a mis fin qu’à la libération de Nelson Mandela en 1990.

Voici un cadeau pour saluer son départ: ces images extraordinaires datent de la fin des années 50, et la jeune Miriam Makeba chante dans l’ambiance d’un shebeen, ces bars clandestins où la bière coule à flots, installés dans les maisonnettes de Soweto, le grand ghetto noir à côté de Johannesburg. C’est dans ce milieu que s’est forgée une musique des townships, mix de jazz et de ryhtmes africains. (Voir la vidéo)

Contrainte à l’exil en raison de ses prises de position, alors que Nelson Mandela et la plupart des dirigeants du Congrès national africain (ANC) étaient emprisonnés au pénitencier de Robben Island, Miriam Makeba a incarné à travers le monde la résistance à l’apartheid.

Fidèle à son engagement, elle s’est d’abord installée dans la Guinée d’Ahmed Sekou Touré, qui faisait figure, dans les années 60, de fer de lance contre le colonialisme. Elle n’a pas voulu se désolidariser de lui quand l’ancien syndicaliste est devenu un abominable dictateur. Mais lorsque sa fille est morte en donnant naissance à son enfant, en 1985, en raison de l’état de décomposition du système de santé guinéen, Miriam Makeba, meurtrie, a quitté Conakry poour s’installer à Bruxelles.

La chanteuse a été mariée à deux grandes personnalités, le génial trompétiste de jazz sud-africain Hugh Masekela, et le dirigeant des Panthères noires Stokely Carmichael, originaire de Trinidad, lui aussi réfugié en Guinée alors qu’il était menacé de prison aux Etats-Unis.

Elle avait annoncé en 2005 qu’elle mettait fin à sa carrière, s’estimant, à 73 ans, trop fatiguée pour parcourir le monde. Mais elle ne savait pas dire non aux invitations à défendre les causes auxquelles elle croyait, contre le sida ou pour la liberté d’expression, comme dans le cas de Roberto Saviano.

En dernier hommage à une grande dame, (ré)écoutez le célèbre "Pata Pata", vieux d’un demi-siècle et qui lui survivra. (Voir la vidéo)

Photo: Miriam Makeba en concert à Cape Town en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).
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Miriam Makeba en concert à Cape Town en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).

Une grande voix a disparu dimanche soir. Et elle est partie en beauté, comme elle a vécu, dans l’engagement en faveur de causes universelles. Miriam Makeba, la "Mama Africa", la "mère de l’Afrique" comme elle avait été surnommée, a succombé dimanche soir à une attaque cardiaque à l’age de 76 ans, immédiatement après avoir chanté à un concert, à Naples, en faveur de l’écrivain italien menacé par la mafia, Roberto Saviano, l’auteur de "Gomora".

La chanteuse sud-africaine, universellement connue pour son tube "Pata Pata", a longtemps incarné l’engagement contre l’apartheid, le système de discrimination raciale institutionalisée mis en place dans son pays à partir de 1948. Elle a payé son engagement de 31 ans d’exil, auquel elle n’a mis fin qu’à la libération de Nelson Mandela en 1990.

Voici un cadeau pour saluer son départ: ces images extraordinaires datent de la fin des années 50, et la jeune Miriam Makeba chante dans l’ambiance d’un shebeen, ces bars clandestins où la bière coule à flots, installés dans les maisonnettes de Soweto, le grand ghetto noir à côté de Johannesburg. C’est dans ce milieu que s’est forgée une musique des townships, mix de jazz et de ryhtmes africains. (Voir la vidéo)

Contrainte à l’exil en raison de ses prises de position, alors que Nelson Mandela et la plupart des dirigeants du Congrès national africain (ANC) étaient emprisonnés au pénitencier de Robben Island, Miriam Makeba a incarné à travers le monde la résistance à l’apartheid.

Fidèle à son engagement, elle s’est d’abord installée dans la Guinée d’Ahmed Sekou Touré, qui faisait figure, dans les années 60, de fer de lance contre le colonialisme. Elle n’a pas voulu se désolidariser de lui quand l’ancien syndicaliste est devenu un abominable dictateur. Mais lorsque sa fille est morte en donnant naissance à son enfant, en 1985, en raison de l’état de décomposition du système de santé guinéen, Miriam Makeba, meurtrie, a quitté Conakry poour s’installer à Bruxelles.

La chanteuse a été mariée à deux grandes personnalités, le génial trompétiste de jazz sud-africain Hugh Masekela, et le dirigeant des Panthères noires Stokely Carmichael, originaire de Trinidad, lui aussi réfugié en Guinée alors qu’il était menacé de prison aux Etats-Unis.

Elle avait annoncé en 2005 qu’elle mettait fin à sa carrière, s’estimant, à 73 ans, trop fatiguée pour parcourir le monde. Mais elle ne savait pas dire non aux invitations à défendre les causes auxquelles elle croyait, contre le sida ou pour la liberté d’expression, comme dans le cas de Roberto Saviano.

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Miriam Makeba en concert à Cape Town en 2006 (Mike Hutchings/Reuters).

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La chanteuse sud-africaine, universellement connue pour son tube "Pata Pata", a longtemps incarné l’engagement contre l’apartheid, le système de discrimination raciale institutionalisée mis en place dans son pays à partir de 1948. Elle a payé son engagement de 31 ans d’exil, auquel elle n’a mis fin qu’à la libération de Nelson Mandela en 1990.

Voici un cadeau pour saluer son départ: ces images extraordinaires datent de la fin des années 50, et la jeune Miriam Makeba chante dans l’ambiance d’un shebeen, ces bars clandestins où la bière coule à flots, installés dans les maisonnettes de Soweto, le grand ghetto noir à côté de Johannesburg. C’est dans ce milieu que s’est forgée une musique des townships, mix de jazz et de ryhtmes africains. (Voir la vidéo)

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Fidèle à son engagement, elle s’est d’abord installée dans la Guinée d’Ahmed Sekou Touré, qui faisait figure, dans les années 60, de fer de lance contre le colonialisme. Elle n’a pas voulu se désolidariser de lui quand l’ancien syndicaliste est devenu un abominable dictateur. Mais lorsque sa fille est morte en donnant naissance à son enfant, en 1985, en raison de l’état de décomposition du système de santé guinéen, Miriam Makeba, meurtrie, a quitté Conakry poour s’installer à Bruxelles.

La chanteuse a été mariée à deux grandes personnalités, le génial trompétiste de jazz sud-africain Hugh Masekela, et le dirigeant des Panthères noires Stokely Carmichael, originaire de Trinidad, lui aussi réfugié en Guinée alors qu’il était menacé de prison aux Etats-Unis.

Elle avait annoncé en 2005 qu’elle mettait fin à sa carrière, s’estimant, à 73 ans, trop fatiguée pour parcourir le monde. Mais elle ne savait pas dire non aux invitations à défendre les causes auxquelles elle croyait, contre le sida ou pour la liberté d’expression, comme dans le cas de Roberto Saviano.

En dernier hommage à une grande dame, (ré)écoutez le célèbre "Pata Pata", vieux d’un demi-siècle et qui lui survivra. (Voir la vidéo)

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Le réalisateur américain Sydney Pollack est mort

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Le réalisateur et acteur américain Sydney Pollack, auteur notamment de l’adaptation d' »Out of Africa » de Karen Blixen, est décédé lundi à l’âge de 73 ans d’un cancer à son domicile de Los Angeles (ouest des Etats-Unis), a indiqué son agent. –

Photo 1 - Le réalisateur américain Sydney Pollack est mort"

M. Pollack est mort d’un cancer cet après-midi à son domicile de Pacific Palisades à Los Angeles, entouré de sa famille. Un cancer avait été diagnostiqué il y a neuf mois", a déclaré à l’AFP Leslee Dart.

Considéré comme l’un des réalisateurs les plus féconds du cinéma d’après-guerre, s’essayant à tous les genres, du grand film romantique au meilleur suspense, en passant par la télévision, il a reçu sept Oscars pour "Out of Africa" (1986, tourné en 1985), dont celui de meilleur film et meilleur réalisateur.

Il aimait souvent raconter des histoires d’amour, sur fond d’exotisme et de conscience sociale.

Malade, il avait dû abandonner en août 2007 le tournage d’un téléfilm intitulé "Recount" sur l’élection présidentielle américaine de 2000 et le fameux épisode du recomptage des voix en Floride (sud-est).

Sydney Pollack avait déjà tourné des films à thème politique, dont "Les trois jours du Condor" avec Robert Redford en 1975.

En 1986, il devait à nouveau faire tourner Redford, son acteur fétiche, dans "Out of Africa". L’acteur donnait cette fois-ci la réplique à Meryl Streep.

Le réalisateur, issu d’une famille d’immigrants juifs russes, est aussi le metteur en scène de "On achève bien les chevaux", "Tootsie" avec Dustin Hoffman et "L’interprète" avec Nicole Kidman et Sean Penn.

"Les succès de +Tootsie+ et de +Out of Africa+ m’ont surpris", déclarait en août 2005 Sydney Pollack dans une interview avec le site MonstersAndCritics.com.

"C’était des genres complètement différents, une comédie newyorkaise contemporaine et une romance de la vieille époque. Mais je crois que +Out of Africa+ est plus proche des films que j’ai aimé enfant. Ils en faisaient un peu plus à l’époque, ils n’en font plus tellement aujourd’hui", ajoutait le réalisateur qui a été catalogué comme le dernier des grands metteurs en scène romantiques.

Ses films n’ont pas toujours été des succès. "Havana" (1990), un autre film avec Redford, a été un flop commercial.

Parmi les autres artistes de premier plan, Pollack a également travaillé avec Tom Cruise, Barbra Streisand, Paul Newman, Sydney Poitier.

Son dernier film "Esquisses de Franck Gehry" (2005) est un documentaire sur l’architecte qui a notamment conçu le fameux musée Guggenheim de Bilbao (Espagne).

"Sydney rendait le monde un peu meilleur, les films un peu meilleurs et même le dîner un peu meilleur", a déclaré l’acteur George Clooney dans un communiqué cité par le magazine Variety.

"Un coup de chapeau à quelqu’un de classe. Il manquera terriblement", a-t-il ajouté.

Sydney Pollack a aussi été acteur (pour Woody Allen ou Robert Altman) et producteur.

Né le 1er juillet 1934 à Lafayette dans l’Indiana, il a déménagé à New York à l’âge de 17 ans, où il a appris le métier d’acteur. Il a d’abord réalisé des séries télévisées avant de se lancer dans le cinéma en 1965 avec "The Slender Thread" (Trente minutes de sursis).

Il était marié et père de trois enfants.

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