Home ARCHIVES Sur les traces des vestiges des cinémas

Sur les traces des vestiges des cinémas

by mboasawa
0 comments

Si des affiches traînent encore à l’Abbia, les autres salles de Yaoundé abritent des commerces quand ils ne sont pas des repaires de malfrats.

Abbia, Wouri, Empire… images d’un black-out

Après la fermeture du cinéma Théâtre Abbia à Yaoundé le week-end du 17 janvier 2009, les portes du cinéma Le Wouri ont été cadenassées lundi 19 janvier. L’Empire à Bafoussam, est rentré dans la danse macabre mardi 20 janvier 2009. Conséquence le Cameroun n’a plus de salles de cinéma. A Yaoundé, les cinéphiles n’auront pas l’opportunité de voir, en salle, Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Kristin Davis et Cynthia Nixon dévoiler les contours de “ Sex and the city ”. L’affiche de ce film trône encore au fronton du cinéma Abbia. Mais la salle a fermé ses portes depuis quelques jours : le rideau de fer est soigneusement cadenassé, aucune trace de vie à l’intérieur. La mention Abbia est certes toujours suspendue sur la façade principale de l’immeuble qui abritait cette salle de cinéma. De loin, l’on croirait que la salle est opérationnelle.
Mais les cinéphiles qui le voudraient ne pourront pas découvrir sur l’écran géant du cinéma Abbia, les “ 8 inconnus. 8 points de vue. La vérité ” du film “ Angles d’attaque ”. L’affiche de cette œuvre cinématographique encombre encore l’entrée principale du cinéma Abbia. De même, ils ne sauront pas comment les filles disent merci à Charlie. Surtout comment se dénoue l’intrigue exhibée en surtitre de ce film : “ Il [Charlie] a un gros problème : elle veut coucher avec lui ! ”. Qu’a-t-il fait ? A-t-il satisfait l’envie libidinale de cette partenaire ? La réponse dans cette salle se fera encore attendre car le rideau est tiré sur l’écran…
L’on ne saura pas ce qui se passe dans “ Le Royaume ” de Jamie Foxx, Chris Cooper et Jennifer Gardner. Impossible donc de voir en salle “ comment arrêter un ennemi qui n’a pas peur de mourir ”. Ah ! La salle de cinéma s’en est certainement inspirée ; elle n’a pas eu peur de fermer, de “ mourir ” comme l’indique l’affiche de ce film… Ces affiches à l’entrée de l’ex cinéma Abbia ne sont qu’un mirage. Des vestiges d’un passé récent. Le cinéma vient de tirer le rideau de la fin de scènes. A quand la prochaine, celle de la réouverture de l’Abbia ? “ Abbia peut rouvrir ; ça dépend de la négociation entre le bailleur et le locataire ”. La fermeture des salles de cinéma au Cameroun a plongé bon nombre de Camerounais dans la désolation. “ C’est bien que les gens se plaignent de la fermeture. Mais je voudrais leur poser cette question : combien de fois êtes-vous allés au cinéma l’année dernière ? ”. En octobre dernier, lorsque le documentaire sur la trajectoire de Barack Obama est diffusé à l’Abbia, il y a moins de dix cinéphiles dans la salle, malgré la grande publicité.

Commerces et malfrats font leur cinéma
Que reste-t-il des salles de cinéma qui ont fait la fierté de Yaoundé ? Des espaces de commerce pour la plupart. C’est le cas du défunt cinéma “ Le Djoungolo ”. L’édifice de Nlongkak s’appelle désormais “ Niki Nlongkak ”. La grande salle qui faisait courir un monde fou il y a une vingtaine d’années, est aujourd’hui la propriété d’un groupe de commerçants, dont les magasins inondent le Cameroun : le groupe “ Niki ”. Ces derniers semblent d’ailleurs avoir une préférence pour les anciennes salles de cinéma. Puisque l’ex cinéma “ Le Fébé ”, au cœur du marché Mokolo, abrite également une agence Niki. Ici comme là-bas, une couche de peinture orange recouvre désormais les murs. L’enseigne du cinéma a disparu. La physionomie intérieure a changé ; des travaux d’aménagement et d’éclairage ont été effectués pour l’adapter aux exigences du commerce. “ C’était pourtant une salle qui tenait tête au cinéma théâtre Abbia, il y a quelque temps ”, se souvient Arnaud Kepgang, natif de Mfou.
Les locaux de l’ex-cinéma le Capitole ont aussi été transformés en espace commercial. Ils hébergent dorénavant le supermarché Reliance. “ Alors qu’il fut un temps où le public de Yaoundé ne jurait plus qu’au nom de cette salle. Elle faisait foule tout le temps ”, explique nostalgique, un cinéphile. Un autre pan du bâtiment, a été aménagé pour un magasin d’ameublement. Le cinéma “ La Mefou ” sert désormais de cadre à l’une des poissonneries les plus fréquentées du marché de Mvog Mbi à Yaoundé. Rares sont d’ailleurs ceux qui se souviennent qu’il y avait une salle de cinéma “ populaire et peu coûteuse ” à cet endroit. Selon certains témoignages, la salle aurait fait faillite pour des raisons de non payement de loyers. A quelques encablures de là, l’ex cinéma “ Le Mfoundi ” au quartier Nkoldongo est l’un des magasins les plus courues du coin. Même si “ elle a connu une mort lente et inattendue ”, le souvenir de cette salle a du mal à quitter les esprits des “ Yaoundéens ”. “Ça m’a toujours l’air d’un rêve. Je n’arrive pas toujours à réaliser que je fais mes courses dans l’enceinte du cinéma “ le Mfoundi ”, se lamente un riverain.
Par contre, au quartier Briqueterie, tout le monde se souvient du cinéma “ Le Rex ”. “ C’était la belle époque ! Certaines mauvaises langues disaient même que cette salle a été uniquement construite pour les populations musulmanes” de ce quartier, explique Paul Emane, ex guichetier. Aujourd’hui, seule l’enseigne a résisté aux aléas du temps. La salle elle-même, abandonnée est en décrépitude. Elle sert même de refuge aux bandits de grand chemin, selon les populations riveraines.

Des souvenirs s’effacent…
Où se situe le site de l’ancien cinéma Le Fébé ? Même des jeunes taximen dynamiques, capacité en poche, se sont plantés à cette question. Il y a quelques années, Le Fébé était pourtant une destination courue à Yaoundé. On dit aujourd’hui : Niki Mokolo. Le commerce a occupé l’espace du cinéma. Le nom du ciné a cédé la place dans les habitudes à l’appellation du commerce. Nul ne fait plus allusion au cinéma Le Fébé en se rendant au marché Mokolo. Ceux qui avaient pris l’habitude de fixer leur destination en se référant au cinéma Le Djoungolo ont fait des ajustements dans leur atlas mental : ils se réfèrent dorénavant à “ Niki Nlongkak ”. Les “ Yaoundéens ” qui empruntent le taxi en direction du quartier Nkolndongo ne situent plus les taximen sur leur destination exacte en s’inspirant de la localisation du cinéma La Mefou. La tendance n’est pas seulement à la fermeture de toutes les salles de cinéma de la capitale politique. Elle est aussi à l’oubli des noms des anciens cinémas de la capitale.
Malgré cette propension à l’effacement, certains noms continuent de résister à l’érosion mentale. La destination Le Capitole est restée mythique dans les habitudes des “Yaoundéens ”. Aucun indice visuel n’indique à ceux qui n’ont pas connu le Capitole qu’ils y sont. Mais personne ne se trompe de destination. Certains habitants de la capitale continuent de se référer au cinéma Rex pour indiquer aux taximen où ils vont à la Briqueterie. Mais depuis, une nouvelle station-service lui fait désormais concurrence malgré l’enseigne qui semble attendre la prochaine ouverture. Les “Yaoundéens” disent toujours “carrefour Abbia” en guise de destination. Cette habitude va-t-elle résister à l’érosion mentale ? La réponse au prochain épisode. A suivre… 

Par Christian LANG et Christian TCHAPMI (Stagiaire)

You may also like

Leave a Comment

Sur les traces des vestiges des cinémas

by mboasawa
0 comments

Si des affiches traînent encore à l’Abbia, les autres salles de Yaoundé abritent des commerces quand ils ne sont pas des repaires de malfrats.

Abbia, Wouri, Empire… images d’un black-out

Après la fermeture du cinéma Théâtre Abbia à Yaoundé le week-end du 17 janvier 2009, les portes du cinéma Le Wouri ont été cadenassées lundi 19 janvier. L’Empire à Bafoussam, est rentré dans la danse macabre mardi 20 janvier 2009. Conséquence le Cameroun n’a plus de salles de cinéma. A Yaoundé, les cinéphiles n’auront pas l’opportunité de voir, en salle, Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Kristin Davis et Cynthia Nixon dévoiler les contours de “ Sex and the city ”. L’affiche de ce film trône encore au fronton du cinéma Abbia. Mais la salle a fermé ses portes depuis quelques jours : le rideau de fer est soigneusement cadenassé, aucune trace de vie à l’intérieur. La mention Abbia est certes toujours suspendue sur la façade principale de l’immeuble qui abritait cette salle de cinéma. De loin, l’on croirait que la salle est opérationnelle.
Mais les cinéphiles qui le voudraient ne pourront pas découvrir sur l’écran géant du cinéma Abbia, les “ 8 inconnus. 8 points de vue. La vérité ” du film “ Angles d’attaque ”. L’affiche de cette œuvre cinématographique encombre encore l’entrée principale du cinéma Abbia. De même, ils ne sauront pas comment les filles disent merci à Charlie. Surtout comment se dénoue l’intrigue exhibée en surtitre de ce film : “ Il [Charlie] a un gros problème : elle veut coucher avec lui ! ”. Qu’a-t-il fait ? A-t-il satisfait l’envie libidinale de cette partenaire ? La réponse dans cette salle se fera encore attendre car le rideau est tiré sur l’écran…
L’on ne saura pas ce qui se passe dans “ Le Royaume ” de Jamie Foxx, Chris Cooper et Jennifer Gardner. Impossible donc de voir en salle “ comment arrêter un ennemi qui n’a pas peur de mourir ”. Ah ! La salle de cinéma s’en est certainement inspirée ; elle n’a pas eu peur de fermer, de “ mourir ” comme l’indique l’affiche de ce film… Ces affiches à l’entrée de l’ex cinéma Abbia ne sont qu’un mirage. Des vestiges d’un passé récent. Le cinéma vient de tirer le rideau de la fin de scènes. A quand la prochaine, celle de la réouverture de l’Abbia ? “ Abbia peut rouvrir ; ça dépend de la négociation entre le bailleur et le locataire ”. La fermeture des salles de cinéma au Cameroun a plongé bon nombre de Camerounais dans la désolation. “ C’est bien que les gens se plaignent de la fermeture. Mais je voudrais leur poser cette question : combien de fois êtes-vous allés au cinéma l’année dernière ? ”. En octobre dernier, lorsque le documentaire sur la trajectoire de Barack Obama est diffusé à l’Abbia, il y a moins de dix cinéphiles dans la salle, malgré la grande publicité.

Commerces et malfrats font leur cinéma
Que reste-t-il des salles de cinéma qui ont fait la fierté de Yaoundé ? Des espaces de commerce pour la plupart. C’est le cas du défunt cinéma “ Le Djoungolo ”. L’édifice de Nlongkak s’appelle désormais “ Niki Nlongkak ”. La grande salle qui faisait courir un monde fou il y a une vingtaine d’années, est aujourd’hui la propriété d’un groupe de commerçants, dont les magasins inondent le Cameroun : le groupe “ Niki ”. Ces derniers semblent d’ailleurs avoir une préférence pour les anciennes salles de cinéma. Puisque l’ex cinéma “ Le Fébé ”, au cœur du marché Mokolo, abrite également une agence Niki. Ici comme là-bas, une couche de peinture orange recouvre désormais les murs. L’enseigne du cinéma a disparu. La physionomie intérieure a changé ; des travaux d’aménagement et d’éclairage ont été effectués pour l’adapter aux exigences du commerce. “ C’était pourtant une salle qui tenait tête au cinéma théâtre Abbia, il y a quelque temps ”, se souvient Arnaud Kepgang, natif de Mfou.
Les locaux de l’ex-cinéma le Capitole ont aussi été transformés en espace commercial. Ils hébergent dorénavant le supermarché Reliance. “ Alors qu’il fut un temps où le public de Yaoundé ne jurait plus qu’au nom de cette salle. Elle faisait foule tout le temps ”, explique nostalgique, un cinéphile. Un autre pan du bâtiment, a été aménagé pour un magasin d’ameublement. Le cinéma “ La Mefou ” sert désormais de cadre à l’une des poissonneries les plus fréquentées du marché de Mvog Mbi à Yaoundé. Rares sont d’ailleurs ceux qui se souviennent qu’il y avait une salle de cinéma “ populaire et peu coûteuse ” à cet endroit. Selon certains témoignages, la salle aurait fait faillite pour des raisons de non payement de loyers. A quelques encablures de là, l’ex cinéma “ Le Mfoundi ” au quartier Nkoldongo est l’un des magasins les plus courues du coin. Même si “ elle a connu une mort lente et inattendue ”, le souvenir de cette salle a du mal à quitter les esprits des “ Yaoundéens ”. “Ça m’a toujours l’air d’un rêve. Je n’arrive pas toujours à réaliser que je fais mes courses dans l’enceinte du cinéma “ le Mfoundi ”, se lamente un riverain.
Par contre, au quartier Briqueterie, tout le monde se souvient du cinéma “ Le Rex ”. “ C’était la belle époque ! Certaines mauvaises langues disaient même que cette salle a été uniquement construite pour les populations musulmanes” de ce quartier, explique Paul Emane, ex guichetier. Aujourd’hui, seule l’enseigne a résisté aux aléas du temps. La salle elle-même, abandonnée est en décrépitude. Elle sert même de refuge aux bandits de grand chemin, selon les populations riveraines.

Des souvenirs s’effacent…
Où se situe le site de l’ancien cinéma Le Fébé ? Même des jeunes taximen dynamiques, capacité en poche, se sont plantés à cette question. Il y a quelques années, Le Fébé était pourtant une destination courue à Yaoundé. On dit aujourd’hui : Niki Mokolo. Le commerce a occupé l’espace du cinéma. Le nom du ciné a cédé la place dans les habitudes à l’appellation du commerce. Nul ne fait plus allusion au cinéma Le Fébé en se rendant au marché Mokolo. Ceux qui avaient pris l’habitude de fixer leur destination en se référant au cinéma Le Djoungolo ont fait des ajustements dans leur atlas mental : ils se réfèrent dorénavant à “ Niki Nlongkak ”. Les “ Yaoundéens ” qui empruntent le taxi en direction du quartier Nkolndongo ne situent plus les taximen sur leur destination exacte en s’inspirant de la localisation du cinéma La Mefou. La tendance n’est pas seulement à la fermeture de toutes les salles de cinéma de la capitale politique. Elle est aussi à l’oubli des noms des anciens cinémas de la capitale.
Malgré cette propension à l’effacement, certains noms continuent de résister à l’érosion mentale. La destination Le Capitole est restée mythique dans les habitudes des “Yaoundéens ”. Aucun indice visuel n’indique à ceux qui n’ont pas connu le Capitole qu’ils y sont. Mais personne ne se trompe de destination. Certains habitants de la capitale continuent de se référer au cinéma Rex pour indiquer aux taximen où ils vont à la Briqueterie. Mais depuis, une nouvelle station-service lui fait désormais concurrence malgré l’enseigne qui semble attendre la prochaine ouverture. Les “Yaoundéens” disent toujours “carrefour Abbia” en guise de destination. Cette habitude va-t-elle résister à l’érosion mentale ? La réponse au prochain épisode. A suivre… 

Par Christian LANG et Christian TCHAPMI (Stagiaire)

You may also like

Leave a Comment

Sur les traces des vestiges des cinémas

by mboasawa
0 comments

Si des affiches traînent encore à l’Abbia, les autres salles de Yaoundé abritent des commerces quand ils ne sont pas des repaires de malfrats.

Abbia, Wouri, Empire… images d’un black-out

Après la fermeture du cinéma Théâtre Abbia à Yaoundé le week-end du 17 janvier 2009, les portes du cinéma Le Wouri ont été cadenassées lundi 19 janvier. L’Empire à Bafoussam, est rentré dans la danse macabre mardi 20 janvier 2009. Conséquence le Cameroun n’a plus de salles de cinéma. A Yaoundé, les cinéphiles n’auront pas l’opportunité de voir, en salle, Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Kristin Davis et Cynthia Nixon dévoiler les contours de “ Sex and the city ”. L’affiche de ce film trône encore au fronton du cinéma Abbia. Mais la salle a fermé ses portes depuis quelques jours : le rideau de fer est soigneusement cadenassé, aucune trace de vie à l’intérieur. La mention Abbia est certes toujours suspendue sur la façade principale de l’immeuble qui abritait cette salle de cinéma. De loin, l’on croirait que la salle est opérationnelle.
Mais les cinéphiles qui le voudraient ne pourront pas découvrir sur l’écran géant du cinéma Abbia, les “ 8 inconnus. 8 points de vue. La vérité ” du film “ Angles d’attaque ”. L’affiche de cette œuvre cinématographique encombre encore l’entrée principale du cinéma Abbia. De même, ils ne sauront pas comment les filles disent merci à Charlie. Surtout comment se dénoue l’intrigue exhibée en surtitre de ce film : “ Il [Charlie] a un gros problème : elle veut coucher avec lui ! ”. Qu’a-t-il fait ? A-t-il satisfait l’envie libidinale de cette partenaire ? La réponse dans cette salle se fera encore attendre car le rideau est tiré sur l’écran…
L’on ne saura pas ce qui se passe dans “ Le Royaume ” de Jamie Foxx, Chris Cooper et Jennifer Gardner. Impossible donc de voir en salle “ comment arrêter un ennemi qui n’a pas peur de mourir ”. Ah ! La salle de cinéma s’en est certainement inspirée ; elle n’a pas eu peur de fermer, de “ mourir ” comme l’indique l’affiche de ce film… Ces affiches à l’entrée de l’ex cinéma Abbia ne sont qu’un mirage. Des vestiges d’un passé récent. Le cinéma vient de tirer le rideau de la fin de scènes. A quand la prochaine, celle de la réouverture de l’Abbia ? “ Abbia peut rouvrir ; ça dépend de la négociation entre le bailleur et le locataire ”. La fermeture des salles de cinéma au Cameroun a plongé bon nombre de Camerounais dans la désolation. “ C’est bien que les gens se plaignent de la fermeture. Mais je voudrais leur poser cette question : combien de fois êtes-vous allés au cinéma l’année dernière ? ”. En octobre dernier, lorsque le documentaire sur la trajectoire de Barack Obama est diffusé à l’Abbia, il y a moins de dix cinéphiles dans la salle, malgré la grande publicité.

Commerces et malfrats font leur cinéma
Que reste-t-il des salles de cinéma qui ont fait la fierté de Yaoundé ? Des espaces de commerce pour la plupart. C’est le cas du défunt cinéma “ Le Djoungolo ”. L’édifice de Nlongkak s’appelle désormais “ Niki Nlongkak ”. La grande salle qui faisait courir un monde fou il y a une vingtaine d’années, est aujourd’hui la propriété d’un groupe de commerçants, dont les magasins inondent le Cameroun : le groupe “ Niki ”. Ces derniers semblent d’ailleurs avoir une préférence pour les anciennes salles de cinéma. Puisque l’ex cinéma “ Le Fébé ”, au cœur du marché Mokolo, abrite également une agence Niki. Ici comme là-bas, une couche de peinture orange recouvre désormais les murs. L’enseigne du cinéma a disparu. La physionomie intérieure a changé ; des travaux d’aménagement et d’éclairage ont été effectués pour l’adapter aux exigences du commerce. “ C’était pourtant une salle qui tenait tête au cinéma théâtre Abbia, il y a quelque temps ”, se souvient Arnaud Kepgang, natif de Mfou.
Les locaux de l’ex-cinéma le Capitole ont aussi été transformés en espace commercial. Ils hébergent dorénavant le supermarché Reliance. “ Alors qu’il fut un temps où le public de Yaoundé ne jurait plus qu’au nom de cette salle. Elle faisait foule tout le temps ”, explique nostalgique, un cinéphile. Un autre pan du bâtiment, a été aménagé pour un magasin d’ameublement. Le cinéma “ La Mefou ” sert désormais de cadre à l’une des poissonneries les plus fréquentées du marché de Mvog Mbi à Yaoundé. Rares sont d’ailleurs ceux qui se souviennent qu’il y avait une salle de cinéma “ populaire et peu coûteuse ” à cet endroit. Selon certains témoignages, la salle aurait fait faillite pour des raisons de non payement de loyers. A quelques encablures de là, l’ex cinéma “ Le Mfoundi ” au quartier Nkoldongo est l’un des magasins les plus courues du coin. Même si “ elle a connu une mort lente et inattendue ”, le souvenir de cette salle a du mal à quitter les esprits des “ Yaoundéens ”. “Ça m’a toujours l’air d’un rêve. Je n’arrive pas toujours à réaliser que je fais mes courses dans l’enceinte du cinéma “ le Mfoundi ”, se lamente un riverain.
Par contre, au quartier Briqueterie, tout le monde se souvient du cinéma “ Le Rex ”. “ C’était la belle époque ! Certaines mauvaises langues disaient même que cette salle a été uniquement construite pour les populations musulmanes” de ce quartier, explique Paul Emane, ex guichetier. Aujourd’hui, seule l’enseigne a résisté aux aléas du temps. La salle elle-même, abandonnée est en décrépitude. Elle sert même de refuge aux bandits de grand chemin, selon les populations riveraines.

Des souvenirs s’effacent…
Où se situe le site de l’ancien cinéma Le Fébé ? Même des jeunes taximen dynamiques, capacité en poche, se sont plantés à cette question. Il y a quelques années, Le Fébé était pourtant une destination courue à Yaoundé. On dit aujourd’hui : Niki Mokolo. Le commerce a occupé l’espace du cinéma. Le nom du ciné a cédé la place dans les habitudes à l’appellation du commerce. Nul ne fait plus allusion au cinéma Le Fébé en se rendant au marché Mokolo. Ceux qui avaient pris l’habitude de fixer leur destination en se référant au cinéma Le Djoungolo ont fait des ajustements dans leur atlas mental : ils se réfèrent dorénavant à “ Niki Nlongkak ”. Les “ Yaoundéens ” qui empruntent le taxi en direction du quartier Nkolndongo ne situent plus les taximen sur leur destination exacte en s’inspirant de la localisation du cinéma La Mefou. La tendance n’est pas seulement à la fermeture de toutes les salles de cinéma de la capitale politique. Elle est aussi à l’oubli des noms des anciens cinémas de la capitale.
Malgré cette propension à l’effacement, certains noms continuent de résister à l’érosion mentale. La destination Le Capitole est restée mythique dans les habitudes des “Yaoundéens ”. Aucun indice visuel n’indique à ceux qui n’ont pas connu le Capitole qu’ils y sont. Mais personne ne se trompe de destination. Certains habitants de la capitale continuent de se référer au cinéma Rex pour indiquer aux taximen où ils vont à la Briqueterie. Mais depuis, une nouvelle station-service lui fait désormais concurrence malgré l’enseigne qui semble attendre la prochaine ouverture. Les “Yaoundéens” disent toujours “carrefour Abbia” en guise de destination. Cette habitude va-t-elle résister à l’érosion mentale ? La réponse au prochain épisode. A suivre… 

Par Christian LANG et Christian TCHAPMI (Stagiaire)

You may also like

Leave a Comment

Sur les traces des vestiges des cinémas

by mboasawa
0 comments

Si des affiches traînent encore à l’Abbia, les autres salles de Yaoundé abritent des commerces quand ils ne sont pas des repaires de malfrats.

Abbia, Wouri, Empire… images d’un black-out

Après la fermeture du cinéma Théâtre Abbia à Yaoundé le week-end du 17 janvier 2009, les portes du cinéma Le Wouri ont été cadenassées lundi 19 janvier. L’Empire à Bafoussam, est rentré dans la danse macabre mardi 20 janvier 2009. Conséquence le Cameroun n’a plus de salles de cinéma. A Yaoundé, les cinéphiles n’auront pas l’opportunité de voir, en salle, Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Kristin Davis et Cynthia Nixon dévoiler les contours de “ Sex and the city ”. L’affiche de ce film trône encore au fronton du cinéma Abbia. Mais la salle a fermé ses portes depuis quelques jours : le rideau de fer est soigneusement cadenassé, aucune trace de vie à l’intérieur. La mention Abbia est certes toujours suspendue sur la façade principale de l’immeuble qui abritait cette salle de cinéma. De loin, l’on croirait que la salle est opérationnelle.
Mais les cinéphiles qui le voudraient ne pourront pas découvrir sur l’écran géant du cinéma Abbia, les “ 8 inconnus. 8 points de vue. La vérité ” du film “ Angles d’attaque ”. L’affiche de cette œuvre cinématographique encombre encore l’entrée principale du cinéma Abbia. De même, ils ne sauront pas comment les filles disent merci à Charlie. Surtout comment se dénoue l’intrigue exhibée en surtitre de ce film : “ Il [Charlie] a un gros problème : elle veut coucher avec lui ! ”. Qu’a-t-il fait ? A-t-il satisfait l’envie libidinale de cette partenaire ? La réponse dans cette salle se fera encore attendre car le rideau est tiré sur l’écran…
L’on ne saura pas ce qui se passe dans “ Le Royaume ” de Jamie Foxx, Chris Cooper et Jennifer Gardner. Impossible donc de voir en salle “ comment arrêter un ennemi qui n’a pas peur de mourir ”. Ah ! La salle de cinéma s’en est certainement inspirée ; elle n’a pas eu peur de fermer, de “ mourir ” comme l’indique l’affiche de ce film… Ces affiches à l’entrée de l’ex cinéma Abbia ne sont qu’un mirage. Des vestiges d’un passé récent. Le cinéma vient de tirer le rideau de la fin de scènes. A quand la prochaine, celle de la réouverture de l’Abbia ? “ Abbia peut rouvrir ; ça dépend de la négociation entre le bailleur et le locataire ”. La fermeture des salles de cinéma au Cameroun a plongé bon nombre de Camerounais dans la désolation. “ C’est bien que les gens se plaignent de la fermeture. Mais je voudrais leur poser cette question : combien de fois êtes-vous allés au cinéma l’année dernière ? ”. En octobre dernier, lorsque le documentaire sur la trajectoire de Barack Obama est diffusé à l’Abbia, il y a moins de dix cinéphiles dans la salle, malgré la grande publicité.

Commerces et malfrats font leur cinéma
Que reste-t-il des salles de cinéma qui ont fait la fierté de Yaoundé ? Des espaces de commerce pour la plupart. C’est le cas du défunt cinéma “ Le Djoungolo ”. L’édifice de Nlongkak s’appelle désormais “ Niki Nlongkak ”. La grande salle qui faisait courir un monde fou il y a une vingtaine d’années, est aujourd’hui la propriété d’un groupe de commerçants, dont les magasins inondent le Cameroun : le groupe “ Niki ”. Ces derniers semblent d’ailleurs avoir une préférence pour les anciennes salles de cinéma. Puisque l’ex cinéma “ Le Fébé ”, au cœur du marché Mokolo, abrite également une agence Niki. Ici comme là-bas, une couche de peinture orange recouvre désormais les murs. L’enseigne du cinéma a disparu. La physionomie intérieure a changé ; des travaux d’aménagement et d’éclairage ont été effectués pour l’adapter aux exigences du commerce. “ C’était pourtant une salle qui tenait tête au cinéma théâtre Abbia, il y a quelque temps ”, se souvient Arnaud Kepgang, natif de Mfou.
Les locaux de l’ex-cinéma le Capitole ont aussi été transformés en espace commercial. Ils hébergent dorénavant le supermarché Reliance. “ Alors qu’il fut un temps où le public de Yaoundé ne jurait plus qu’au nom de cette salle. Elle faisait foule tout le temps ”, explique nostalgique, un cinéphile. Un autre pan du bâtiment, a été aménagé pour un magasin d’ameublement. Le cinéma “ La Mefou ” sert désormais de cadre à l’une des poissonneries les plus fréquentées du marché de Mvog Mbi à Yaoundé. Rares sont d’ailleurs ceux qui se souviennent qu’il y avait une salle de cinéma “ populaire et peu coûteuse ” à cet endroit. Selon certains témoignages, la salle aurait fait faillite pour des raisons de non payement de loyers. A quelques encablures de là, l’ex cinéma “ Le Mfoundi ” au quartier Nkoldongo est l’un des magasins les plus courues du coin. Même si “ elle a connu une mort lente et inattendue ”, le souvenir de cette salle a du mal à quitter les esprits des “ Yaoundéens ”. “Ça m’a toujours l’air d’un rêve. Je n’arrive pas toujours à réaliser que je fais mes courses dans l’enceinte du cinéma “ le Mfoundi ”, se lamente un riverain.
Par contre, au quartier Briqueterie, tout le monde se souvient du cinéma “ Le Rex ”. “ C’était la belle époque ! Certaines mauvaises langues disaient même que cette salle a été uniquement construite pour les populations musulmanes” de ce quartier, explique Paul Emane, ex guichetier. Aujourd’hui, seule l’enseigne a résisté aux aléas du temps. La salle elle-même, abandonnée est en décrépitude. Elle sert même de refuge aux bandits de grand chemin, selon les populations riveraines.

Des souvenirs s’effacent…
Où se situe le site de l’ancien cinéma Le Fébé ? Même des jeunes taximen dynamiques, capacité en poche, se sont plantés à cette question. Il y a quelques années, Le Fébé était pourtant une destination courue à Yaoundé. On dit aujourd’hui : Niki Mokolo. Le commerce a occupé l’espace du cinéma. Le nom du ciné a cédé la place dans les habitudes à l’appellation du commerce. Nul ne fait plus allusion au cinéma Le Fébé en se rendant au marché Mokolo. Ceux qui avaient pris l’habitude de fixer leur destination en se référant au cinéma Le Djoungolo ont fait des ajustements dans leur atlas mental : ils se réfèrent dorénavant à “ Niki Nlongkak ”. Les “ Yaoundéens ” qui empruntent le taxi en direction du quartier Nkolndongo ne situent plus les taximen sur leur destination exacte en s’inspirant de la localisation du cinéma La Mefou. La tendance n’est pas seulement à la fermeture de toutes les salles de cinéma de la capitale politique. Elle est aussi à l’oubli des noms des anciens cinémas de la capitale.
Malgré cette propension à l’effacement, certains noms continuent de résister à l’érosion mentale. La destination Le Capitole est restée mythique dans les habitudes des “Yaoundéens ”. Aucun indice visuel n’indique à ceux qui n’ont pas connu le Capitole qu’ils y sont. Mais personne ne se trompe de destination. Certains habitants de la capitale continuent de se référer au cinéma Rex pour indiquer aux taximen où ils vont à la Briqueterie. Mais depuis, une nouvelle station-service lui fait désormais concurrence malgré l’enseigne qui semble attendre la prochaine ouverture. Les “Yaoundéens” disent toujours “carrefour Abbia” en guise de destination. Cette habitude va-t-elle résister à l’érosion mentale ? La réponse au prochain épisode. A suivre… 

Par Christian LANG et Christian TCHAPMI (Stagiaire)

You may also like

Leave a Comment

Les sportifs camerounais engagés à Beijing 2008

by
1 comment

Les sportifs camerounais engagés à Beijing 2008 . Football : rééditer l’exploit d’il y a huit ans. Athlétisme : Françoise Mbango en vedette. Lutte : Ali Annabel Laure déterminée. Boxe : trois pugilistes gonflés à bloc. Natation : Guedia et Brigion prêts pour le plongeon. Haltérophilie : un défi pour Brice V. Batchaya K.
Sports nautiques (aviron) : l’intrépide P. Etia Ndoumbe. Tennis de table : l’amazone Victorine Fomun A…. –

Football : rééditer l’exploit d’il y a huit ans
30 septembre 2000 à Sydney en Australie. Devant plus de 100.000 spectateurs, le Cameroun obtient la première médaille d’or olympique de son histoire grâce à son équipe nationale espoir de football, vainqueur de l’Espagne (2-2 puis 5 tirs aux buts à 3). Non qualifié pour les Jeux olympiques de 2004 à Athènes en Grèce, le Cameroun revient huit ans plus tard. Pourra-t-il rééditer l’exploit de 2000 ? Pour la campagne chinoise, l’entraîneur des Lions espoirs a fait confiance à 18 joueurs actuellement en tournoi préolympique à Hong-kong au Japon. Ces espoirs, qui sont en train de bouder la prime de participation d’un million de francs Cfa qui a été proposé à chacun d’eux ont été battus (0-2) par les Pays-Bas au cours de leur première sortie dans ce tournoi amical mercredi 30 juillet en soirée.

Amour P. Tignyemb
Age : (22 ans)
Club : Tonnerre de Ydé Poste : gardien de but
Baning Albert
Age: 23 ans
Club: Psg (France)
Poste : milieu
Taille : 1m73
Poids : 80kg
Antonio Ghomsi
Age : 21 ans
Club : Messine (Italie)
Poste : défenseur
Taille : 1m78
Poids : 76 kg
Andre Bikey
Age: 23 ans
Club: Reading (Angl.)
Poste: défenseur
Taille: 1m82
Poids : 82 kg
Alexandre Song
Age : 20 ans
Club : Arsenal (Angl.)
Poste : milieu
Taille : 1m82
Poids : 74 kg
Stephane Mbia
Age: 22 ans
Club : Rennes (France)
Poste : milieu
Taille : 1m87
Poids : 81 kg
Marc Mboua
Age: 21 ans
Club: Cambuur L. (Holl.)
Poste : milieu offensif
Mandjeck Georges
Age: 19 ans
Taille : 1m83
Poids : 72 kg
Poste : Milieu
Club: Stuttgart (All.)
Franck Songo’o
Age: 21 ans
Poste : Milieu
Club: Portsmouth (Ang.)
Christian Bekamenga
Poste : Attaquant
Âge : 22 ans
Poids : 79 kg
Taille : 1m85
Club : Nantes (France)
Bebbe Mbangue
Age : 26 ans
Taille : 1m79
Poids : 74 kg
Poste : attaquant
Club: Istanbul B. (Turq.)
Bebey Kingue P.
Club : Les Astres de Dla Age : 22 ans
Poste : milieu de terrain
Nkoulou Ndoubena
Age : 18 ans
Poste : défenseur
Club : Monaco (France)
Aurélien Chedjou
Age : 22 ans
Taille : 1m84
Poids : 75 kg
Poste : Milieu
Club : Lille (France)
Serge Ngal
Age : 23 ans
Poste : milieu
Club: Uniao Lei. (Port.)
Mayebi Joslain
Age: 21 ans
Taille : 1m89
Poids : 90 kg
Poste : Gardien
Club: Hakoach (Israel)
Olle Olle Junior
Age: 21 ans
Poste: milieu
Taille : 1m75
Poids : 73 kg
Club: Freiburg (All.)
Enam Alexis
Age : 22 ans
Poste: défenseur

Club: C. Africain Tunis
Athlétisme : Françoise Mbango en vedette

Les quatre années qui ont suivi le titre olympique de Françoise Mbango Etonne au triple saut féminin ont été mouvementées. Disparue de la compétition en août 2005, elle a resurgi en avril dernier et a coiffé une nouvelle couronne de championne d’Afrique. Françoise Mbango qui a vécu aux Etats-Unis, a accouché d’un petit garçon, a été suspendue par la fédération camerounaise d’athlétisme (Fca) avant d’être réhabilitée. Une motivation supplémentaire pour cette athlète dont la grande envie est, de rééditer à Pékin en Chine, l’exploit de Athènes 2004 où elle avait enlevé la médaille en or de sa spécialité. “ Ma préparation me met en confiance pour Pékin ”, déclare t-elle. Outre Françoise Mbango Etonne, le Cameroun sera représenté en athlétisme à Beijing par quatre autres sportifs : Carole Kaboud Mebam dans les 400 mètres haies dames, Hogo Lucien Mamba au triple saut messieurs, Léonie Myriam Mani dans les 100 et 200 mètres dames, et Georgina Toth (Hongroise naturalisée Camerounaise) pour le concours du marteau dames.

Lutte : Ali Annabel Laure déterminée

La lutte camerounaise sera représentée aux Jeux olympiques 2008 dans la catégorie dames. La lutteuse Ali Annabel Laure (72kg), ambassadrice de cette discipline, annonce qu’elle est prête pour affronter la compétition qui s’ouvre la semaine prochaine à Beijing en Chine. La lutteuse, née le 4 mars 1995, a peaufiné sa mise au vert au Sénégal où elle est en formation au Centre africain de lutte de Thiès, et à Yaoundé au Cameroun. Elle n’avait pas pu, pour raison de visa d’entrée en France refusé par l’ambassade, rejoindre son entraîneur à Lyon.
Judo : lourde mission pour Franck M. Moussima
Désigné porte-étendard de la délégation camerounaise aux Jeux olympiques de Beijing en Chine, le judoka Franck Martial Moussima aura, outre l’exigence de veiller au bon comportement de tous les autres athlètes, celle de se battre pour offrir au Cameroun une médaille. Médaillé de bronze à la 29ème édition des championnats d’Afrique de la discipline disputée en mai dernier à Agadir au Maroc (c’est ce métal qui l’a qualifié pour les JO de Pékin), il s’est également classé deuxième dans sa catégorie au nombre de points engrangés lors des compétitions continentales majeures, ces trois dernières années.

Boxe : trois pugilistes gonflés à bloc
La toute première médaille olympique du Cameroun a été obtenue grâce au boxeur Joseph Bessala, en 1968 à Mexico au Mexique. Dans la catégorie des 67kg. Il avait perdu en finale aux points, face à l’Allemand Manfred Wolke. Seize ans plus tard, un autre pugiliste camerounais, Martin Ndongo Ebanga, décroche la médaille de bronze à Los Angeles aux Etats-Unis. A Beijing en Chine, le Cameroun aligne trois boxeurs : Thomas Essomba (48kg), Smaïla Mahamat (64 kg) et Joseph Mulema (69 kg) qui ont obtenu leur qualification de haute lutte sur le continent africain. Aux JO, ces trois pugilistes espèrent rééditer les exploits de Joseph Bessala et Martin Ndongo Ebanga.

Natation : Guedia et Brigion prêts pour le plongeon

Le Cameroun sera représenté aux 29èmes Jeux olympiques par deux nageurs : Antoinette Joyce Guedia Mouaffo (13 ans) et Alain Tobe Brigion. Alignée dans la catégorie cadette, la jeune nageuse Antoinette Joyce Guedia Mouaffo est double championne du Cameroun (2006 et 2008) de natation. Aux Jeux africains de 2007 à Alger en Algérie, elle s’est classée 5ème au classement final de sa catégorie. Pour sa deuxième participation à une compétition internationale et sa première hors d’Afrique, Antoinette Joyce Guedia Mouaffo compte se battre et nager rapidement pour espérer remporter une médaille dans la capitale chinoise. Une détermination aussi affichée par Alain Tobe Brigion, le représentant camerounais chez les messieurs.

Haltérophilie : un défi pour Brice V. Batchaya K.

La sélection de Brice Batchaya Ketchanke pour les Jeux olympiques a été la résultante d’un bras de fer entre l’entraîneur national et le directeur technique national de cette discipline. Un conflit qui a tourné en la faveur de l’entraîneur national qui, dès l’annonce de l’octroi d’une place au Cameroun pour ce rendez-vous, a jeté son dévolu sur Brice Batchaya Ketchanke. Contrairement au directeur technique national qui penchait pour un Matam. L’haltérophile Brice Vivien Batchaya Ketchanke (85kg) et son entraîneur Désiré Vincent Tsanga Adzigui sont arrivés au village olympique lundi 28 juillet dernier. Et attendent avec impatience le début des compétitions.

Sports nautiques (aviron) : l’intrépide P. Etia Ndoumbe

Introduit au Cameroun depuis bientôt cinq ans, l’aviron fait partie des disciplines dans lesquelles le pays sera représenté à Beijing en Chine. L’ambassadeur camerounais de cette discipline nautique n’est autre que Paul Etia Ndoumbe, rameur difficilement battable dans les eaux camerounaises. Champion du Cameroun de sa catégorie (82kg), Paul Etia Ndoumbe s’est mis au vert du côté de Youpwe à Douala, sous la supervision de Paul Longo Sosso, président de la Fédération camerounaise des sports nautiques (Fécasnau). Interrogé, le rameur dit avoir un esprit de gagneur et compte le démontrer aux JO de Pékin.

Tennis de table : l’amazone Victorine Fomun A.

Pour la toute première fois de son histoire, le tennis de table camerounais sera représenté aux Jeux olympiques. Une décision prise le 24 juin 2008 par Jordi Serra, directeur exécutif de la Fédération internationale de tennis de table, après le désistement des Tunisiens. La qualification de Victorine Fomun Angum pour les JO de Beijing a été indiquée par courrier électronique au président de la Fédération camerounaise de tennis de table (Fecatt) et au président du comité national olympique et sportif du Cameroun. Le choix de la championne d’Afrique Victorine Fomun Agum est loin d’être fortuit. La pongiste figurait sur la liste d’attente de la Fédération internationale de tennis de table après sa prestation aux derniers Jeux africains d’Alger en 2007. Dans la capitale algérienne, elle avait été éliminée aux huitièmes de finale, ce qui lui avait permis d’occuper la dixième place. 

Le messager

You may also like

Leave a Comment

Our Company

Lorem ipsum dolor sit amet, consect etur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis.

Newsletter

Laest News

@2021 – All Right Reserved. Designed and Developed by PenciDesign