Après l’amnistie, ils ont choisi de s’engager en politique.
Bouba Sambo regrette encore sans doute sa contribution substantielle à la gestation de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp). L’actuel notable de la cour du Lamido de Garoua se rappelle de la période faste du multipartisme. Une période au cours de laquelle, il avait visiblement cru que les formations politiques pouvaient permettre au Cameroun de sortir de l’impasse, à travers confie t-il " un débat intelligible et désintéressé ". Même s’il a été rappelé à servir dans les rangs de la Sûreté nationale, il reste que ce commissaire de police interpellé et resté en prison sans jugement ; maintient un regard froid, relativement aux différentes turpitudes des partis politiques au Cameroun. Il confie que, " Nous voulions avoir un parti fort. Mais ce qui se passe aujourd’hui ne nous autorise pas à militer dans ces formations politiques où l’intérêt du dirigeant prime ".
Cette posture, Bouba Sambo ne la partage que très peu avec ses camarades "putschistes". Hamadou Malloum, administrateur civil principal et ancien gouverneur de l’Adamoua a aussi milité au sein de l’Undp, au point d’ériger un de ses terrains à Maroua en siège du parti. Mais au regard, avait-il indiqué à l’époque de quelques dérapages dans la gestion du parti, il avait décidé de se retirer pour embrasser le Rdpc (Rassemblement démocratique du peuple camerounais). Au point de nourrir des ambitions pour occuper des positions électorales déterminantes. Sa silhouette en ce moment quitte très peu les manifestations organisées par son parti.. Un engagement politique qu’il dit assumer en raison des valeurs défendues par ce parti.
Une posture que semble avoir adopté Boubakari Bello dont la présence dans les rangs du Rdpc est quasi-constante. Au niveau de la section Rdpc du Diamaré Centre, on reconnaît ses contributions substantielles à la marche du parti. Même s’il est de notoriété publique à l’Extrême Nord que cet ancien inspecteur de police devenu homme d’affaires, est en froid avec Sali Daïrou, le président de la section.du Rdpc Une attitude qu’il doit à son adhésion à un courant au niveau du Diamaré Centre. Courant incarné par le ministre Adji Abdoulaye Haman et Alioum Alhadji Hamadou.
Mais le plus tonitruant dans son engagement politique reste bien Dakolé Daïssala. Le président national du mouvement pour la défense de la République (Mdr) est devenu un acteur majeur de la scène politique camerounaise. Son rôle dans la survie du régime Biya en 1992 au moyen de ses six députés à l’Assemblée nationale lui vaut encore aujourd’hui les faveurs du président de la République. Ses combats restent constants pour cet ancien directeur de la Sotuc devenu ministre de la République du fait de son entregent politique. Sur son rapprochement avec un pouvoir qui l’a fait prisonnier, il indique que, " la gestion d’une affaire essentiellement politique, a été confiée à une équipe d’officiers dont certains bien connus ne jouissaient pas toujours d’une santé mentale à toute épreuve. Et puis, l’appât du lucre a fait le reste pour justifier des sorties massives d’argent au nom de prétendues exigences sécuritaires. "
D.G.
