Rien ne va plus entre le ministre de la Communication et ses plus proches collaborateurs qu’il a voulu envoyer à la touche.
Une fois de plus, la présidence de la République et la Primature, n’ont pas accédé au projet de redéploiement des cadres au sein du ministère de la Communication tel qu’élaboré et souhaité par Jean Pierre Biyiti bi Essam, le patron des lieux. Selon certaines indiscrétions, le ministre voulait se débarrasser de certaines « têtes fortes », devenues encombrantes. Quelques jours avant l’arrivée du Pape, il a ansi préparé et envoyé à la hiérarchie, un projet de promotion de quelques cadres jugés « dociles » et acquis à sa cause.
Le projet des nominations prévoyait ainsi le départ du Pr. Albert Mbida (inspecteur général), Félix Zogo et Israël Léonard Sah (respectivement conseiller techniques n° 1 et 2), Ebona Nyetam (directeur de la communication publique), Metugué (directeur de la communication internationale)… Alors que ce dernier était proposé au poste d’inspecteur général, Ngamkak Kisito devait quant à lui remplacer Mvotto Obounou (frappé par la limite d’âge) au poste de directeur des médias privés.
« Le ministre veut garder un regard absolu sur l’argent de l’aide publique à la communication privée. Pour cette raison, il a besoin de quelqu’un de sûr ; celui qui maîtrise les ficelles de la combine. L’homme d’action à travers qui on peut toujours continuer à glisser des noms d’organes de presse fictifs ou à prélever des « commissions » aux journaux éligibles », fulmine un cadre de la maison. Dans ses prétentions, Jean Pierre Biyiti bi Essam aurait proposé la nomination de Mvotto Obounou (à la retraite depuis le mois d’août 2008), au poste de directeur de l’Imprimerie nationale.
« Le ministre était convaincu de tenir le bon piston pour faire passer ses nominations. C’est ainsi qu’il a écarté l’inspecteur général et les deux conseillers techniques de toute activité liée à l’arrivée du Pape. C’est de la même façon qu’il a remis en scelle Mvotto Obounou en lui confiant les clés du coffre-fort des fonds débloqués pour assurer la couverture médiatique et toutes les actions de communication concernant la visite papale », soutient-on dans les coulisses.
Mais, le plan du ministre aurait échoué, ses propositions lui ayant été retournées pour de plus amples éléments de motivation, à en croire des sources introduites. Des hauts cadres et collaborateurs ayant le bras long ont réussi à obtenir des copies dudit projet de « redéploiement » du personnel. Ce qui crée entre collègues, une ambiance polluée, plombée par la suspicion, la délation, la haine, la rancœur et la méfiance. « Entre le ministre et ses collaborateurs, le courant ne passe plus. Chacun sachant le sort qui lui est destiné, presque plus personne n’a encore le cœur à l’ouvrage. Alors que ceux qui devaient être limogés se tournent les pouces à ne rien faire, les candidats à la promotion attendent le jour où leur destin va changer pour se mettre au travail », explique-t-on.
Des décisions au lieu des arrêtés
Pour arriver à ses fins, Jean Pierre Biyiti bi Essam aurait choisi de faire pression sur le Pm, en le mettant devant le fait accompli. Il aurait ainsi commencé par signer de simples décisions nommant des intérimaires, en lieu et place des arrêtés portant le visa des services du Pm. Il a été rappelé à l’ordre. Ce d’autant plus que ses décisions contenaient une bourde juridiquement inacceptable. « En l’état, les décisions du ministre ne doivent pas porter la disposition de l’article 2 qui donne avantages de toutes natures aux intéressés. Faute de pouvoir faire passer des arrêtés portant nomination de certains cadres, le ministre a certes le droit de signer des décisions ; à la différence que celles-ci doivent spécialement contenir dans le libellé la mention de désignation. Le cas échéant, en l’absence du visa du Pm, il n’y a point d’article 2 », commente un autre cadre du ministère sous anonymat.
