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Hugo Nyamè : Le nouveau phénomène du Makossa

by mboasawa
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"Pardon madame", le premier album de l’artiste, bouscule la hiérarchie au sommet du show-biz.

Compte tenu de sa longue expérience de compositeur et de ses nombreuses interventions fructueuses dans les albums de ses confrères, d’aucuns lui prédisaient un succès certain une fois qu’il aura décidé de se vendre lui-même. Aujourd’hui, tous ceux-là peuvent se considérer comme des visionnaires. A peine arrivé dans les bacs, Hugo Nyamè fait en effet "très mal" ! A travers les bars, les discothèques et les dancings de la capitale économique, il n’y a plus un seul pas sans les sonorités de "Pardon madame", son premier album commis il y a peu. Certains mélomanes, dès la première écoute des chansons, ont d’ailleurs pensé à un retour en force du célèbre Douleur sur le marché du disque. Et avec raison.
Dans le timbre vocal, le rythme, les roulements de mots, Hugo Nyamè, c’est en effet du Douala Alexandre tout craché. Un talent brut. Du coup, "Pardon madame" se vend comme des petits pains. Et l’artiste, plus que jamais, est sollicité dans tous les rendez-vous du show à travers la ville de Douala et ailleurs. Et, fait rarissime, la promotion médiatique de l’album n’est pas encore véritablement entamée !

Les fans du quartier Deido, comme il fallait s’y attendre, ne tarissent pas d’éloges sur celui qu’ils côtoient depuis toujours. Les mélomanes les plus rigoureux, eux, ont adoptée la galette dès le premier contact avec ses 09 plages. Cela n’a sans doute jamais été assez dit, mais certains titres à succès de Sergeo Polo, entre autres artistes à qui Hugo Nyamè a souvent prêté son talent, portent en effet la griffe de ce phénomène de la composition musicale. La qualité des agencements vocaux contenues dans "Pardon madame" ne saurait donc surprendre.
A commencer par le titre éponyme de l’album lui-même, où Hugo Nyamè dénonce ces femmes si promptes à "manger le marigot" des hommes qu’elles rencontrent dans la rue, mais qui se montrent par la suite réfractaires à "payer" lorsque le besoin se fait sentir. "Même si tu vas au bout du monde, même si tu te réfugies sous les eaux, tu vas me payer…", fredonne l’artiste. Une authentique satire sociale, qui dévoile au grand jour les inclinations primitives des Camerounais aujourd’hui : le ventre et le bas ventre !

Dans "B B", la chanson qui ouvre l’album, Hugo Nyamè joue au mal-aimé, en racontant l’histoire d’une femme qui promettait à son amoureux de ne jamais le quitter, quelles que soient les circonstances. Laquelle finit cependant par rompre son idylle, au grand dam de celui à qui elle jurait fidélité. "Tu ne connais pas un brin de ce que c’est que l’amour", indique, presque en larmes, le mari éconduit, qui décidera lui aussi de refaire sa vie. Même à contrecœur… Les mêmes lamentations liées à l’amour, Hugo Nyamè les réitère dans "Muna Mama", l’une des chansons qui rappellent le plus son confrère aîné Douleur ; et où l’artiste parle de ces femmes sans cœur, qui tiennent le même discours langoureux aux hommes qu’elles prétendent tous aimer. Les pauvres !
N’allez surtout pas croire que Hugo Nyamè en veut particulièrement aux femmes. Dans "Moyo", l’artiste trouve en effet une occasion de défendre leur cause. Il y traite notamment le cas de son beau frère, à qui il promet une sévère bastonnade à cause du traitement inhumain que ce dernier inflige à son épouse. Inspirée d’une histoire vraie, selon ses proches, la chanson fait également partie des plus appréciées de son répertoire. Mais l’artiste a bien du mal à prendre sa revanche sur son "Moyo". A cause d’une loi non écrite qui dit qu’on ne tape pas sur son beau-frère, mais qu’il promet de transgresser un jour. Quitte à être la cible d’un mauvais sort…

Au-delà des divers déboires dans le domaine de l’amour, Hugo Nyamè évoque une question qui semble particulièrement le ronger. Dans "Lombo", il raconte en effet les tribulations qu’il a vécues lors d’un séjour en Europe. Ici, l’artiste se confie à sa maman à qui il raconte comment il fut congédié en France par quelqu’un qu’il croyait pourtant être son frère. Hugo Nyamè semble ne pas comprendre ici, l’individualisme et la cupidité qui, selon lui, caractérisent si bien ceux qui vivent de l’autre côté de l’atlantique. Pour le soutenir dans son plaidoyer, une association de voix chatoyantes, à l’instar de Gaëlle Wondje, Achalle, Flavy Nono et Erico, accompagnent Hugo Nyamè aux chœurs. Et, comme un retour d’ascenseur à celui à qui tous les chanteurs de Makossa reconnaissent le mérite, Joly Priso et Narcisse Pryze ont assuré les programmations et les arrangements de "Pardon madame". Côté orchestre, il y a des caïds des studios également : Haoussa (congas), Lady Bass, Arthur Manga (Bass), Mouasso Elamè, Bobby Nguimè, Eric Sefu (Guitares). Avec une telle constellation, peut-on réellement être surpris du résultat ?

Fiche technique
Album : Pardon Madame
Auteur compositeur : Hugo Nyamè
Nombre de titres : 09
Rythmes : Makossa, Essewè.
Date de sortie officielle : Février 2009
Production : Prys’Oj & Altus Prod
A écouter : Pardon Madame, B B, Moyo…

Eugène Dipanda

ECOUTEZ VOIR   : EPEE

Réalisation N. Bwanga – Camerfeeling

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"Pardon madame", le premier album de l’artiste, bouscule la hiérarchie au sommet du show-biz.

Compte tenu de sa longue expérience de compositeur et de ses nombreuses interventions fructueuses dans les albums de ses confrères, d’aucuns lui prédisaient un succès certain une fois qu’il aura décidé de se vendre lui-même. Aujourd’hui, tous ceux-là peuvent se considérer comme des visionnaires. A peine arrivé dans les bacs, Hugo Nyamè fait en effet "très mal" ! A travers les bars, les discothèques et les dancings de la capitale économique, il n’y a plus un seul pas sans les sonorités de "Pardon madame", son premier album commis il y a peu. Certains mélomanes, dès la première écoute des chansons, ont d’ailleurs pensé à un retour en force du célèbre Douleur sur le marché du disque. Et avec raison.
Dans le timbre vocal, le rythme, les roulements de mots, Hugo Nyamè, c’est en effet du Douala Alexandre tout craché. Un talent brut. Du coup, "Pardon madame" se vend comme des petits pains. Et l’artiste, plus que jamais, est sollicité dans tous les rendez-vous du show à travers la ville de Douala et ailleurs. Et, fait rarissime, la promotion médiatique de l’album n’est pas encore véritablement entamée !

Les fans du quartier Deido, comme il fallait s’y attendre, ne tarissent pas d’éloges sur celui qu’ils côtoient depuis toujours. Les mélomanes les plus rigoureux, eux, ont adoptée la galette dès le premier contact avec ses 09 plages. Cela n’a sans doute jamais été assez dit, mais certains titres à succès de Sergeo Polo, entre autres artistes à qui Hugo Nyamè a souvent prêté son talent, portent en effet la griffe de ce phénomène de la composition musicale. La qualité des agencements vocaux contenues dans "Pardon madame" ne saurait donc surprendre.
A commencer par le titre éponyme de l’album lui-même, où Hugo Nyamè dénonce ces femmes si promptes à "manger le marigot" des hommes qu’elles rencontrent dans la rue, mais qui se montrent par la suite réfractaires à "payer" lorsque le besoin se fait sentir. "Même si tu vas au bout du monde, même si tu te réfugies sous les eaux, tu vas me payer…", fredonne l’artiste. Une authentique satire sociale, qui dévoile au grand jour les inclinations primitives des Camerounais aujourd’hui : le ventre et le bas ventre !

Dans "B B", la chanson qui ouvre l’album, Hugo Nyamè joue au mal-aimé, en racontant l’histoire d’une femme qui promettait à son amoureux de ne jamais le quitter, quelles que soient les circonstances. Laquelle finit cependant par rompre son idylle, au grand dam de celui à qui elle jurait fidélité. "Tu ne connais pas un brin de ce que c’est que l’amour", indique, presque en larmes, le mari éconduit, qui décidera lui aussi de refaire sa vie. Même à contrecœur… Les mêmes lamentations liées à l’amour, Hugo Nyamè les réitère dans "Muna Mama", l’une des chansons qui rappellent le plus son confrère aîné Douleur ; et où l’artiste parle de ces femmes sans cœur, qui tiennent le même discours langoureux aux hommes qu’elles prétendent tous aimer. Les pauvres !
N’allez surtout pas croire que Hugo Nyamè en veut particulièrement aux femmes. Dans "Moyo", l’artiste trouve en effet une occasion de défendre leur cause. Il y traite notamment le cas de son beau frère, à qui il promet une sévère bastonnade à cause du traitement inhumain que ce dernier inflige à son épouse. Inspirée d’une histoire vraie, selon ses proches, la chanson fait également partie des plus appréciées de son répertoire. Mais l’artiste a bien du mal à prendre sa revanche sur son "Moyo". A cause d’une loi non écrite qui dit qu’on ne tape pas sur son beau-frère, mais qu’il promet de transgresser un jour. Quitte à être la cible d’un mauvais sort…

Au-delà des divers déboires dans le domaine de l’amour, Hugo Nyamè évoque une question qui semble particulièrement le ronger. Dans "Lombo", il raconte en effet les tribulations qu’il a vécues lors d’un séjour en Europe. Ici, l’artiste se confie à sa maman à qui il raconte comment il fut congédié en France par quelqu’un qu’il croyait pourtant être son frère. Hugo Nyamè semble ne pas comprendre ici, l’individualisme et la cupidité qui, selon lui, caractérisent si bien ceux qui vivent de l’autre côté de l’atlantique. Pour le soutenir dans son plaidoyer, une association de voix chatoyantes, à l’instar de Gaëlle Wondje, Achalle, Flavy Nono et Erico, accompagnent Hugo Nyamè aux chœurs. Et, comme un retour d’ascenseur à celui à qui tous les chanteurs de Makossa reconnaissent le mérite, Joly Priso et Narcisse Pryze ont assuré les programmations et les arrangements de "Pardon madame". Côté orchestre, il y a des caïds des studios également : Haoussa (congas), Lady Bass, Arthur Manga (Bass), Mouasso Elamè, Bobby Nguimè, Eric Sefu (Guitares). Avec une telle constellation, peut-on réellement être surpris du résultat ?

Fiche technique
Album : Pardon Madame
Auteur compositeur : Hugo Nyamè
Nombre de titres : 09
Rythmes : Makossa, Essewè.
Date de sortie officielle : Février 2009
Production : Prys’Oj & Altus Prod
A écouter : Pardon Madame, B B, Moyo…

Eugène Dipanda

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Compte tenu de sa longue expérience de compositeur et de ses nombreuses interventions fructueuses dans les albums de ses confrères, d’aucuns lui prédisaient un succès certain une fois qu’il aura décidé de se vendre lui-même. Aujourd’hui, tous ceux-là peuvent se considérer comme des visionnaires. A peine arrivé dans les bacs, Hugo Nyamè fait en effet "très mal" ! A travers les bars, les discothèques et les dancings de la capitale économique, il n’y a plus un seul pas sans les sonorités de "Pardon madame", son premier album commis il y a peu. Certains mélomanes, dès la première écoute des chansons, ont d’ailleurs pensé à un retour en force du célèbre Douleur sur le marché du disque. Et avec raison.
Dans le timbre vocal, le rythme, les roulements de mots, Hugo Nyamè, c’est en effet du Douala Alexandre tout craché. Un talent brut. Du coup, "Pardon madame" se vend comme des petits pains. Et l’artiste, plus que jamais, est sollicité dans tous les rendez-vous du show à travers la ville de Douala et ailleurs. Et, fait rarissime, la promotion médiatique de l’album n’est pas encore véritablement entamée !

Les fans du quartier Deido, comme il fallait s’y attendre, ne tarissent pas d’éloges sur celui qu’ils côtoient depuis toujours. Les mélomanes les plus rigoureux, eux, ont adoptée la galette dès le premier contact avec ses 09 plages. Cela n’a sans doute jamais été assez dit, mais certains titres à succès de Sergeo Polo, entre autres artistes à qui Hugo Nyamè a souvent prêté son talent, portent en effet la griffe de ce phénomène de la composition musicale. La qualité des agencements vocaux contenues dans "Pardon madame" ne saurait donc surprendre.
A commencer par le titre éponyme de l’album lui-même, où Hugo Nyamè dénonce ces femmes si promptes à "manger le marigot" des hommes qu’elles rencontrent dans la rue, mais qui se montrent par la suite réfractaires à "payer" lorsque le besoin se fait sentir. "Même si tu vas au bout du monde, même si tu te réfugies sous les eaux, tu vas me payer…", fredonne l’artiste. Une authentique satire sociale, qui dévoile au grand jour les inclinations primitives des Camerounais aujourd’hui : le ventre et le bas ventre !

Dans "B B", la chanson qui ouvre l’album, Hugo Nyamè joue au mal-aimé, en racontant l’histoire d’une femme qui promettait à son amoureux de ne jamais le quitter, quelles que soient les circonstances. Laquelle finit cependant par rompre son idylle, au grand dam de celui à qui elle jurait fidélité. "Tu ne connais pas un brin de ce que c’est que l’amour", indique, presque en larmes, le mari éconduit, qui décidera lui aussi de refaire sa vie. Même à contrecœur… Les mêmes lamentations liées à l’amour, Hugo Nyamè les réitère dans "Muna Mama", l’une des chansons qui rappellent le plus son confrère aîné Douleur ; et où l’artiste parle de ces femmes sans cœur, qui tiennent le même discours langoureux aux hommes qu’elles prétendent tous aimer. Les pauvres !
N’allez surtout pas croire que Hugo Nyamè en veut particulièrement aux femmes. Dans "Moyo", l’artiste trouve en effet une occasion de défendre leur cause. Il y traite notamment le cas de son beau frère, à qui il promet une sévère bastonnade à cause du traitement inhumain que ce dernier inflige à son épouse. Inspirée d’une histoire vraie, selon ses proches, la chanson fait également partie des plus appréciées de son répertoire. Mais l’artiste a bien du mal à prendre sa revanche sur son "Moyo". A cause d’une loi non écrite qui dit qu’on ne tape pas sur son beau-frère, mais qu’il promet de transgresser un jour. Quitte à être la cible d’un mauvais sort…

Au-delà des divers déboires dans le domaine de l’amour, Hugo Nyamè évoque une question qui semble particulièrement le ronger. Dans "Lombo", il raconte en effet les tribulations qu’il a vécues lors d’un séjour en Europe. Ici, l’artiste se confie à sa maman à qui il raconte comment il fut congédié en France par quelqu’un qu’il croyait pourtant être son frère. Hugo Nyamè semble ne pas comprendre ici, l’individualisme et la cupidité qui, selon lui, caractérisent si bien ceux qui vivent de l’autre côté de l’atlantique. Pour le soutenir dans son plaidoyer, une association de voix chatoyantes, à l’instar de Gaëlle Wondje, Achalle, Flavy Nono et Erico, accompagnent Hugo Nyamè aux chœurs. Et, comme un retour d’ascenseur à celui à qui tous les chanteurs de Makossa reconnaissent le mérite, Joly Priso et Narcisse Pryze ont assuré les programmations et les arrangements de "Pardon madame". Côté orchestre, il y a des caïds des studios également : Haoussa (congas), Lady Bass, Arthur Manga (Bass), Mouasso Elamè, Bobby Nguimè, Eric Sefu (Guitares). Avec une telle constellation, peut-on réellement être surpris du résultat ?

Fiche technique
Album : Pardon Madame
Auteur compositeur : Hugo Nyamè
Nombre de titres : 09
Rythmes : Makossa, Essewè.
Date de sortie officielle : Février 2009
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A écouter : Pardon Madame, B B, Moyo…

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"Pardon madame", le premier album de l’artiste, bouscule la hiérarchie au sommet du show-biz.

Compte tenu de sa longue expérience de compositeur et de ses nombreuses interventions fructueuses dans les albums de ses confrères, d’aucuns lui prédisaient un succès certain une fois qu’il aura décidé de se vendre lui-même. Aujourd’hui, tous ceux-là peuvent se considérer comme des visionnaires. A peine arrivé dans les bacs, Hugo Nyamè fait en effet "très mal" ! A travers les bars, les discothèques et les dancings de la capitale économique, il n’y a plus un seul pas sans les sonorités de "Pardon madame", son premier album commis il y a peu. Certains mélomanes, dès la première écoute des chansons, ont d’ailleurs pensé à un retour en force du célèbre Douleur sur le marché du disque. Et avec raison.
Dans le timbre vocal, le rythme, les roulements de mots, Hugo Nyamè, c’est en effet du Douala Alexandre tout craché. Un talent brut. Du coup, "Pardon madame" se vend comme des petits pains. Et l’artiste, plus que jamais, est sollicité dans tous les rendez-vous du show à travers la ville de Douala et ailleurs. Et, fait rarissime, la promotion médiatique de l’album n’est pas encore véritablement entamée !

Les fans du quartier Deido, comme il fallait s’y attendre, ne tarissent pas d’éloges sur celui qu’ils côtoient depuis toujours. Les mélomanes les plus rigoureux, eux, ont adoptée la galette dès le premier contact avec ses 09 plages. Cela n’a sans doute jamais été assez dit, mais certains titres à succès de Sergeo Polo, entre autres artistes à qui Hugo Nyamè a souvent prêté son talent, portent en effet la griffe de ce phénomène de la composition musicale. La qualité des agencements vocaux contenues dans "Pardon madame" ne saurait donc surprendre.
A commencer par le titre éponyme de l’album lui-même, où Hugo Nyamè dénonce ces femmes si promptes à "manger le marigot" des hommes qu’elles rencontrent dans la rue, mais qui se montrent par la suite réfractaires à "payer" lorsque le besoin se fait sentir. "Même si tu vas au bout du monde, même si tu te réfugies sous les eaux, tu vas me payer…", fredonne l’artiste. Une authentique satire sociale, qui dévoile au grand jour les inclinations primitives des Camerounais aujourd’hui : le ventre et le bas ventre !

Dans "B B", la chanson qui ouvre l’album, Hugo Nyamè joue au mal-aimé, en racontant l’histoire d’une femme qui promettait à son amoureux de ne jamais le quitter, quelles que soient les circonstances. Laquelle finit cependant par rompre son idylle, au grand dam de celui à qui elle jurait fidélité. "Tu ne connais pas un brin de ce que c’est que l’amour", indique, presque en larmes, le mari éconduit, qui décidera lui aussi de refaire sa vie. Même à contrecœur… Les mêmes lamentations liées à l’amour, Hugo Nyamè les réitère dans "Muna Mama", l’une des chansons qui rappellent le plus son confrère aîné Douleur ; et où l’artiste parle de ces femmes sans cœur, qui tiennent le même discours langoureux aux hommes qu’elles prétendent tous aimer. Les pauvres !
N’allez surtout pas croire que Hugo Nyamè en veut particulièrement aux femmes. Dans "Moyo", l’artiste trouve en effet une occasion de défendre leur cause. Il y traite notamment le cas de son beau frère, à qui il promet une sévère bastonnade à cause du traitement inhumain que ce dernier inflige à son épouse. Inspirée d’une histoire vraie, selon ses proches, la chanson fait également partie des plus appréciées de son répertoire. Mais l’artiste a bien du mal à prendre sa revanche sur son "Moyo". A cause d’une loi non écrite qui dit qu’on ne tape pas sur son beau-frère, mais qu’il promet de transgresser un jour. Quitte à être la cible d’un mauvais sort…

Au-delà des divers déboires dans le domaine de l’amour, Hugo Nyamè évoque une question qui semble particulièrement le ronger. Dans "Lombo", il raconte en effet les tribulations qu’il a vécues lors d’un séjour en Europe. Ici, l’artiste se confie à sa maman à qui il raconte comment il fut congédié en France par quelqu’un qu’il croyait pourtant être son frère. Hugo Nyamè semble ne pas comprendre ici, l’individualisme et la cupidité qui, selon lui, caractérisent si bien ceux qui vivent de l’autre côté de l’atlantique. Pour le soutenir dans son plaidoyer, une association de voix chatoyantes, à l’instar de Gaëlle Wondje, Achalle, Flavy Nono et Erico, accompagnent Hugo Nyamè aux chœurs. Et, comme un retour d’ascenseur à celui à qui tous les chanteurs de Makossa reconnaissent le mérite, Joly Priso et Narcisse Pryze ont assuré les programmations et les arrangements de "Pardon madame". Côté orchestre, il y a des caïds des studios également : Haoussa (congas), Lady Bass, Arthur Manga (Bass), Mouasso Elamè, Bobby Nguimè, Eric Sefu (Guitares). Avec une telle constellation, peut-on réellement être surpris du résultat ?

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Album : Pardon Madame
Auteur compositeur : Hugo Nyamè
Nombre de titres : 09
Rythmes : Makossa, Essewè.
Date de sortie officielle : Février 2009
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Les réalisations d’André Fouda mises en exergue

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Serge Enyegue retrace, à travers la vie publique du premier député-maire de Yaoundé, l’histoire politique du Cameroun.

Jean-Philippe Nguemeta –

Alain Foka aime répéter que nul n’a le droit d’effacer les pages de l’histoire d’un peuple.  Ainsi, " André Fouda : Itinéraire politique d’un bâtisseur " apparaît comme une contribution à la reconstitution de l’histoire politique du Cameroun. 

Serge Enyegue Mbatsogo, actuellement chargé d’études assistant au ministère des Enseignements secondaires, retrace l’itinéraire intellectuel et politique du très illustre maire de la capitale politique du Cameroun, André Fouda. Ce premier travail, assez fouillé, fait ressortir que André Fouda était une personnalité politique, un homme rigoureux et même autoritaire. Faisant partie des précurseurs de la " gaullisation " des indigènes au Cameroun à travers la Jeunesse camerounaise française (Jeucafra), il a contribué à la consolidation de l’axe Nord-Sud au Cameroun et a œuvré à la fragilisation d’André-Marie Mbida, le tout premier Premier ministre camerounais. D’où la nécessité de restituer son œuvre, afin que nul n’en ignore. André Fouda ne considérait-il pas comme ennemis de la nation ceux des Camerounais qui contrariaient l’administration coloniale ? Mbarga Mboa Philippe et Mboa Essono, des exemples patents, ont tout simplement été condamnés, arrêtés et déportés au Nord-Cameroun.
Le directeur de sa thèse de doctorat et préfacier de l’ouvrage, Daniel Abwa, éclaire ce point de vue : " La contribution de Serge Enyegue à l’édification de ce vaste chantier est donc à encourager, car elle concourt à l’enrichissement de la science historique dans notre pays. De par la qualité de ses analyses, la richesse de ses sources, la rigueur de son approche du problème, cet ouvrage est d’un apport indéniable dans la connaissance de l’Histoire politique du Cameroun ".
L’ouvrage, qui comprend trois parties, montre, dans la première, que André Fouda était un acteur du processus de légitimation du pouvoir français au Cameroun (1951-1957). Aussi Serge Enyegue insiste-t-il sur les déterminants de l’émergence politique d’André Fouda, son implication dans les revendications de l’autonomie communale. La deuxième partie du livre met en exergue la politique d’André Fouda et les objectifs ou facteurs du rapprochement entre Ahmadou Ahidjo et le premier maire de Yaoundé. On retient, pour l’essentiel, que fort de leur passé commun au sein du Bloc démocratique camerounais, le tandem Ahmadou Ahidjo- André Fouda n’avait d’autre but que de fragiliser ou d’assurer l’éviction d’André-Marie Mbida. La troisième partie traite de la maturation idéologique d’André Fouda au service de l’Unc (1966-1980) et met l’accent sur ses réalisations marquées par la dénomination des rues et places de la capitale.
 
Serge Enyegue
André Fouda : Itinéraire politique d’un bâtisseur 1951-1980
L’Harmattan, 2008
197 pages

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