Home ARCHIVES Affaire Cnic : Zacchaeus Forjindam adresse un mémorandum à Paul Biya

Affaire Cnic : Zacchaeus Forjindam adresse un mémorandum à Paul Biya

by mboasawa
0 comments

Ephraïm Inoni et Amadou Ali accusés d’avoir instigué l’incarcération de l’ancien directeur général du Chantier naval.

ImageDans les milieux proches de l’ancien directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun, un mémorandum de plus d’une dizaine de pages circule. Le Jour, qui a accédé au document a appris que le document en question a été compilé par Zacchaeus Forjindam en personne, avec l’aide de ses conseils.

Dans ce qui ressemble à un résumé des péripéties ayant conduit à son limogeage, son arrestation puis son incarcération, son inculpation pour détournement de deniers publics en coaction au préjudice du Cnic, et son renvoi devant le Tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri, l’ex patron du Chantier naval se fend en accusation contre plusieurs hautes personnalités, dont le vice-premier ministre, ministre de la Justice, Garde des sceaux, Amadou Ali. «C’est ce dernier qui, usant de son autorité sur le procureur de la République, donna instruction à celui-ci d’ordonner une enquête pénale avec arrestation contre M. Forjindam».

ImageLe mémorandum va plus loin, et précise que le Ministre de la Justice, appuyé par le premier ministre, s’est substitué illégalement au conseil de discipline budgétaire et comptable. Ici, c’est la régularité de toute la procédure, l’enquête judiciaire en premier, qui est remise en question : «l’enquête ainsi ordonnée était illégale, dans la mesure où les dispositions des textes portant organisation des services du Contrôle supérieur de l’Etat confèrent au conseil de discipline budgétaire et comptable de ce ministère, la compétence exclusive pour mettre en débet le directeur général du Cnic…C’est donc au terme de cette enquête illégale et menée de manière partiale, que M. Forjindam fut appréhendé et incarcéré le 7 mai 2008 dans des conditions de brutalité indescriptibles ».
Plus loin, le mémorandum de l’ex Dg du Cnic met en doute la neutralité des juges du Tgi du Wouri qui connaît actuellement son affaire, au motif que l’attitude affichée par ces derniers lors de la première Imageaudience du 8 mai dernier, « laisse clairement paraître que ceux-ci sont également manipulés par le ministre de la Justice ».
Comme ses conseils l’avaient déjà indiqué, lors de la première audience vendredi dernier, Zacchaeus Forjindam exige la forclusion de la liste des témoins du ministère publique, puisque ladite liste n’a pas été déposée au moins cinq jours avant l’ouverture de la première audience, conformément aux prescriptions du nouveau code de procédure pénal. En conclusion, l’ex Dg estime que son procès est politique.

Denis Nkwebo

You may also like

Leave a Comment

Rémy Medou Mvomo : Se décoloniser mentalement et compter sur soi-même sont les idées qui m’ont inspiré

by
2 comments

L’auteur de Afrika ba’a*présente son œuvre au public. –




Votre roman Afrika ba’a est porté par un souffle d’optimisme inhabituel dans les récits africains coloniaux et post coloniaux. Même la ville, qui est souvent considérée comme un lieu de pénibilité, d’épreuves insurmontables, devient ici supportable et même surmontable par le héros Kambara. On peut alors se demander si cet optimisme n’est pas explicable par le moment d’exaltation qui précède l’indépendance du Cameroun, période pendant laquelle dites-vous, vous avez écrit ce récit.
Afrika ba’a est paru en première édition chez Clé en 1969. Mais en réalité, j’ai écrit ce récit en 1958 / 59. Son manuscrit a d’ailleurs participé à l’exposition littéraire organisée à Yaoundé pour marquer notre accession à l’indépendance. Je suis revenu de France en 1957. J’avais 21 ans, l’âge de l’espoir et de l’optimisme. C’était également une période euphorique pour le Cameroun qui s’apprêtait à accéder à l’indépendance. Cette euphorie touchait l’ensemble du pays. Dans mon village ou j’avais replié de retour de France, il y avait une expérience des travaux de chantiers volontaires au bénéfice des communautés villageoises. C’est ce qui m’a inspiré Afrika ba’ a. Mon père était député de la région et président de l’action paysanne. Il y avait des jeunes qui venaient du monde entier, Européens, Africains, Américains, qui se retrouvaient là, sous la férule de l’action paysanne. Ils se livraient aux activités d’utilité sociale : puits d’eau, construction de salles communes, école sous l’arbre. A l’époque, évidemment avec l’atmosphère d’indépendance qui approchait, il y avait un bouillonnement des idées. Ce n’était pas l’apathie actuelle. C’était passionnant, on voyait tout en rose.
L’idée d’Afrika ba’a, c’était de progresser en comptant sur soi. Il y avait aussi la nécessité d’une décolonisation mentale. A l’époque c’était tout à fait nouveau parce les débats tournaient autour de deux idées, la négritude culturelle et la décolonisation.

Votre roman se caractérise par un réalisme cru, le sens du détail et de la précision. Quelle est la place de la réalité dans le récit que vous faites.
C’est un peu mon village que je décris. J’en ai exagéré seulement des aspects pour les besoins du récit. En écrivant, j’ai poussé certaines situations à l’extrême ; on voit des gens qui meurent, il y a des malades, des affamés, mais tout cela, c’était pour mieux valoriser le dénouement. Certains personnages réfèrent à des personnes qui ont existé. D’ailleurs j’ai personnellement participé aux travaux dont je parle dans le roman. Mon père qui était un homme très simple n’aurait jamais accepté que je me mette à l’écart. En France j’ai fait le scoutisme aussi. Ce qui s’est passé au village a un fond de vérité, mais ce qui m’intéresse c’est la manière dont j’ai appréhendé cela.

Afrika ba’a, c’est l’histoire d’un village qui se meurt, qui s’enlise dans la misère, alors que faire ?
Il y a une triple option qui se dégage : soit se laisser aller à la décrépitude selon la fameuse expression camerounaise " on va encore faire comment ? ", soit s’en fuir. A l’époque ce n’était pas encore l’immigration clandestine ; c’était plutôt l’exode rural. La troisième option, celle d’Afrika ba’a, c’est de réagir sur place, pour modifier son milieu et améliorer sa condition de vie.
Dans le roman, les anciens tendent vers la solution de " on va faire comment ". La mentalité de décolonisé les accule à cette option du désespoir. Les jeunes eux préfèrent la deuxième solution. Mais la fuite est-elle la solution ? Dans un premier temps, oui. Mais la fuite et après ? Retourner à la terre se présente alors comme la meilleure solution. Au bout de tout cela, il y a le devoir de progrès qui commence par soi même : il faut commencer le développement par le village, le poursuivre par la région, puis l’étendre au pays tout entier. C’est ma vision dans ce roman.

Entretien mené par Augustin Charles Mbia
*Afrikaba’a est inscrit au programme des classes de 3ème de l’enseignement secondaire général et 4ème année de l’enseignement technique. Prix de vente public :1800 francs CFA.

You may also like

Leave a Comment

Our Company

Lorem ipsum dolor sit amet, consect etur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis.

Newsletter

Laest News

@2021 – All Right Reserved. Designed and Developed by PenciDesign