mardi, février 17, 2026
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Message : La France vue du Cameroun

by mboasawa
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L’attitude des autorités françaises dans notre pays dénoncée dans un mémorandum de la société civile adressée à Nicolas Sarkozy.

Dans ses bagages pour son retour en France, via le Nigeria, François Fillon le Premier ministre français n’aura pas seulement emporté la médaille de grand officier de l’ordre national de la valeur que lui a épinglée le chef de l’Etat Paul Biya ou le magnifique masque bamoun qui va bientôt meubler sa collection personnelle. Le chef du Gouvernement français est reparti du Cameroun, porteur d’un "mémorandum de la société civile camerounaise" intitulé "Pour un partenariat France-Cameroun rénové". Un document adressé à Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat français qui va accueillir dans les prochaines semaines son homologue camerounais Paul Biya. C’est un document de 15 pages dont deux d’annexe qui survole la coopération entre la France et le Cameroun et fait en outre des propositions de sujets pour les entretiens Sarkozy-Biya de juillet prochain en France.

La société civile regroupée sous le vocable de Collectif des citoyens patriotes (Ccp) dénonce ce qu’il appelle l’ "immense gap entre la vision de la France, au Cameroun, entre les hommes au pouvoir, et la population ". Une vision des relations de la part des hommes au pouvoir au Cameroun qui semble prédominer selon les rédacteurs du mémorandum qui relèvent l’inefficacité de la coopération française au Cameroun. Une situation qui se traduit, selon Pauline Biyong et ses camarades, par le fait que "les années passent, la coopération se poursuit, mais le développement ne suit pas, et l’image de la France se dégrade de jour en jour auprès de l’opinion nationale qui l’accuse d’être complice du régime qui ne promeut pas le progrès".

Minerais
Les différents accords de coopération, dont les premiers ont été signés avant l’avènement de l’indépendance en 1960 sont également dénoncés dans la mesure où, selon les rédacteurs du mémorandum, " ils étaient négociés avec des protégés et obligés de la France, à savoir la classe politique hissée au pouvoir au Cameroun… ". Des accords qui " octroyaient la quasi-totalité du sous-sol camerounais à la partie française, sous prétexte qu’il existerait dans celui-ci, des minerais stratégiques dont la France avait besoin… ". Le paradoxe de cette situation comme le relève le document, l’absence sur le sol camerounais d’entreprises industrielles françaises.

Si la France est également dénoncée dans sa passivité vis-à-vis des autorités de Yaoundé dans leur manque de volonté de mettre sur pied une démocratie véritable, avec notamment le blocage des institutions prévues dans la constitution révisée en janvier 1996, elle est appelée à continuer à apporter son expertise en matière dans le domaine politique, de la sécurité, à la promotion d’une presse responsable que le Ccp présente comme le véritable contre-pouvoir, non sans mettre en garde contre " la mauvaise organisation des prochaines élections (qui) peut nous amener à une instabilité politique".
Au chapitre des propositions pour les entretiens entre les deux chefs d’Etat en juillet prochain, le Ccp souligne entre autres, " le renouvellement de la classe politique, le respect des engagements pris et des lois votées, le dialogue avec tous les partis politiques et la société civile, la nécessité du débat permanent sur tous les sujets qui engagent la nation… ".

JFB

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L’attitude des autorités françaises dans notre pays dénoncée dans un mémorandum de la société civile adressée à Nicolas Sarkozy.

Dans ses bagages pour son retour en France, via le Nigeria, François Fillon le Premier ministre français n’aura pas seulement emporté la médaille de grand officier de l’ordre national de la valeur que lui a épinglée le chef de l’Etat Paul Biya ou le magnifique masque bamoun qui va bientôt meubler sa collection personnelle. Le chef du Gouvernement français est reparti du Cameroun, porteur d’un "mémorandum de la société civile camerounaise" intitulé "Pour un partenariat France-Cameroun rénové". Un document adressé à Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat français qui va accueillir dans les prochaines semaines son homologue camerounais Paul Biya. C’est un document de 15 pages dont deux d’annexe qui survole la coopération entre la France et le Cameroun et fait en outre des propositions de sujets pour les entretiens Sarkozy-Biya de juillet prochain en France.

La société civile regroupée sous le vocable de Collectif des citoyens patriotes (Ccp) dénonce ce qu’il appelle l’ "immense gap entre la vision de la France, au Cameroun, entre les hommes au pouvoir, et la population ". Une vision des relations de la part des hommes au pouvoir au Cameroun qui semble prédominer selon les rédacteurs du mémorandum qui relèvent l’inefficacité de la coopération française au Cameroun. Une situation qui se traduit, selon Pauline Biyong et ses camarades, par le fait que "les années passent, la coopération se poursuit, mais le développement ne suit pas, et l’image de la France se dégrade de jour en jour auprès de l’opinion nationale qui l’accuse d’être complice du régime qui ne promeut pas le progrès".

Minerais
Les différents accords de coopération, dont les premiers ont été signés avant l’avènement de l’indépendance en 1960 sont également dénoncés dans la mesure où, selon les rédacteurs du mémorandum, " ils étaient négociés avec des protégés et obligés de la France, à savoir la classe politique hissée au pouvoir au Cameroun… ". Des accords qui " octroyaient la quasi-totalité du sous-sol camerounais à la partie française, sous prétexte qu’il existerait dans celui-ci, des minerais stratégiques dont la France avait besoin… ". Le paradoxe de cette situation comme le relève le document, l’absence sur le sol camerounais d’entreprises industrielles françaises.

Si la France est également dénoncée dans sa passivité vis-à-vis des autorités de Yaoundé dans leur manque de volonté de mettre sur pied une démocratie véritable, avec notamment le blocage des institutions prévues dans la constitution révisée en janvier 1996, elle est appelée à continuer à apporter son expertise en matière dans le domaine politique, de la sécurité, à la promotion d’une presse responsable que le Ccp présente comme le véritable contre-pouvoir, non sans mettre en garde contre " la mauvaise organisation des prochaines élections (qui) peut nous amener à une instabilité politique".
Au chapitre des propositions pour les entretiens entre les deux chefs d’Etat en juillet prochain, le Ccp souligne entre autres, " le renouvellement de la classe politique, le respect des engagements pris et des lois votées, le dialogue avec tous les partis politiques et la société civile, la nécessité du débat permanent sur tous les sujets qui engagent la nation… ".

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La société civile regroupée sous le vocable de Collectif des citoyens patriotes (Ccp) dénonce ce qu’il appelle l’ "immense gap entre la vision de la France, au Cameroun, entre les hommes au pouvoir, et la population ". Une vision des relations de la part des hommes au pouvoir au Cameroun qui semble prédominer selon les rédacteurs du mémorandum qui relèvent l’inefficacité de la coopération française au Cameroun. Une situation qui se traduit, selon Pauline Biyong et ses camarades, par le fait que "les années passent, la coopération se poursuit, mais le développement ne suit pas, et l’image de la France se dégrade de jour en jour auprès de l’opinion nationale qui l’accuse d’être complice du régime qui ne promeut pas le progrès".

Minerais
Les différents accords de coopération, dont les premiers ont été signés avant l’avènement de l’indépendance en 1960 sont également dénoncés dans la mesure où, selon les rédacteurs du mémorandum, " ils étaient négociés avec des protégés et obligés de la France, à savoir la classe politique hissée au pouvoir au Cameroun… ". Des accords qui " octroyaient la quasi-totalité du sous-sol camerounais à la partie française, sous prétexte qu’il existerait dans celui-ci, des minerais stratégiques dont la France avait besoin… ". Le paradoxe de cette situation comme le relève le document, l’absence sur le sol camerounais d’entreprises industrielles françaises.

Si la France est également dénoncée dans sa passivité vis-à-vis des autorités de Yaoundé dans leur manque de volonté de mettre sur pied une démocratie véritable, avec notamment le blocage des institutions prévues dans la constitution révisée en janvier 1996, elle est appelée à continuer à apporter son expertise en matière dans le domaine politique, de la sécurité, à la promotion d’une presse responsable que le Ccp présente comme le véritable contre-pouvoir, non sans mettre en garde contre " la mauvaise organisation des prochaines élections (qui) peut nous amener à une instabilité politique".
Au chapitre des propositions pour les entretiens entre les deux chefs d’Etat en juillet prochain, le Ccp souligne entre autres, " le renouvellement de la classe politique, le respect des engagements pris et des lois votées, le dialogue avec tous les partis politiques et la société civile, la nécessité du débat permanent sur tous les sujets qui engagent la nation… ".

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Dans ses bagages pour son retour en France, via le Nigeria, François Fillon le Premier ministre français n’aura pas seulement emporté la médaille de grand officier de l’ordre national de la valeur que lui a épinglée le chef de l’Etat Paul Biya ou le magnifique masque bamoun qui va bientôt meubler sa collection personnelle. Le chef du Gouvernement français est reparti du Cameroun, porteur d’un "mémorandum de la société civile camerounaise" intitulé "Pour un partenariat France-Cameroun rénové". Un document adressé à Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat français qui va accueillir dans les prochaines semaines son homologue camerounais Paul Biya. C’est un document de 15 pages dont deux d’annexe qui survole la coopération entre la France et le Cameroun et fait en outre des propositions de sujets pour les entretiens Sarkozy-Biya de juillet prochain en France.

La société civile regroupée sous le vocable de Collectif des citoyens patriotes (Ccp) dénonce ce qu’il appelle l’ "immense gap entre la vision de la France, au Cameroun, entre les hommes au pouvoir, et la population ". Une vision des relations de la part des hommes au pouvoir au Cameroun qui semble prédominer selon les rédacteurs du mémorandum qui relèvent l’inefficacité de la coopération française au Cameroun. Une situation qui se traduit, selon Pauline Biyong et ses camarades, par le fait que "les années passent, la coopération se poursuit, mais le développement ne suit pas, et l’image de la France se dégrade de jour en jour auprès de l’opinion nationale qui l’accuse d’être complice du régime qui ne promeut pas le progrès".

Minerais
Les différents accords de coopération, dont les premiers ont été signés avant l’avènement de l’indépendance en 1960 sont également dénoncés dans la mesure où, selon les rédacteurs du mémorandum, " ils étaient négociés avec des protégés et obligés de la France, à savoir la classe politique hissée au pouvoir au Cameroun… ". Des accords qui " octroyaient la quasi-totalité du sous-sol camerounais à la partie française, sous prétexte qu’il existerait dans celui-ci, des minerais stratégiques dont la France avait besoin… ". Le paradoxe de cette situation comme le relève le document, l’absence sur le sol camerounais d’entreprises industrielles françaises.

Si la France est également dénoncée dans sa passivité vis-à-vis des autorités de Yaoundé dans leur manque de volonté de mettre sur pied une démocratie véritable, avec notamment le blocage des institutions prévues dans la constitution révisée en janvier 1996, elle est appelée à continuer à apporter son expertise en matière dans le domaine politique, de la sécurité, à la promotion d’une presse responsable que le Ccp présente comme le véritable contre-pouvoir, non sans mettre en garde contre " la mauvaise organisation des prochaines élections (qui) peut nous amener à une instabilité politique".
Au chapitre des propositions pour les entretiens entre les deux chefs d’Etat en juillet prochain, le Ccp souligne entre autres, " le renouvellement de la classe politique, le respect des engagements pris et des lois votées, le dialogue avec tous les partis politiques et la société civile, la nécessité du débat permanent sur tous les sujets qui engagent la nation… ".

JFB

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Insubmersible

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Lorsque Ruben Um Nyobe fondait avec ses compagnons le 10 avril 1948 l’Union des populations du Cameroun (Upc) dans un bar de New-Bell,  » Chez Sierra « , l’ancien instituteur, commis des Finances et greffier était âgé de 35 ans.
Jean Baptiste Ketchateng –




Un an avant, il prenait part au congrès constitutif du Racam, un parti aux ambitions similaires à l’Upc et qui fut presqu’immédiatement interdit par la France coloniale. Il était trentenaire. L’âge où un homme peut être considéré comme mûr chez nous aujourd’hui. Pourtant, à l’époque, celui que le colonisateur français considérait déjà comme un adversaire à surveiller – les rapports de police disaient de lui qu’il cherchait à acquérir un savoir pour lui-même et pour l’émancipation des Camerounais – avait déjà tracé derrière lui les sillons sur lesquels des milliers et peut-être des millions de compatriotes maltraités par le règne de la colonisation allaient marcher.
Um avait 35 ans donc mais déjà, il avait embrassé un destin national et même africain, puisqu’il fut élu vice-président du Rassemblement démocratique africain (Rda). Dans la nuit noire de la colonisation, le " jeune " Um Nyobe avait aussi une passion pour l’instruction au point de pousser ses études jusqu’au baccalauréat, une performance inédite alors, l’école primaire supérieure étant placée au-dessus des jeunes camerounais comme un plafond de verre au-delà duquel brillaient les lumières des savoirs auxquels ils auraient voulu accéder.

Ainsi frappée d’ostracisme la jeunesse d’alors a participé avec Um Nyobe au combat pour la libération du Cameroun. Félix Moumié et Ernest Ouandié étaient âgés de 28 et 29 ans lorsque sous le regard bienveillant de "Mpodol " il prenait des responsabilités au sommet de la direction de l’Upc à Eseka en 1952. Deux ans plus tard, en 1954, les leaders upécistes fondent la Jeunesse démocratique du Cameroun, la Jdc, une organisation spécialement destinée à mobiliser la jeunesse camerounaise en vue de libérer le Cameroun de la colonisation.

A une époque où l’homme Noir dominé trouvait parmi ses semblables des voix pour dire qu’il n’était pas possible de vivre sans le colon blanc et la technique qui lui avait permis de transformer radicalement le visage de tout le pays, et mieux encore, de le faire partir pour gérer entre Camerounais et dans l’intérêt de tous, n’était-il pas courageux, pour des jeunes gens comme Um, Moumié, Ouandié et les milliers d’anonymes, de vouloir l’indépendance ?

Aussi, Mutations a-t-il pensé que 60 ans après la création de l’Upc et 50 ans après l’assassinat de Ruben Um Nyobe par la France et le gouvernement d’Ahmadou Ahidjo, la jeunesse pouvait dire ce qu’elle pense de celui qui, pour beaucoup, finalement, est une icône. Malgré l’effacement organisé de la mémoire collective de la vie héroïque de l’homme qui voulait un Cameroun libre et où il fait bon vivre.

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