Trouver une réponse dénuée de tout jugement moral à cette question paraît difficile. Cela dépend en tout cas de la position de celui ou celle qui se connecte sur Internet. Alors que certains y viennent pour s’informer et communiquer, d’autres s’adonnent à des “ pratiques ” plus ou moins condamnables. Cette dernière catégorie de personnes est en effet loin des objectifs des savants de la Nasa (Etats-Unis), lorsqu’ils avaient créé pendant la deuxième Guerre mondiale un système de communication qui se révèle être aujourd’hui l’une des plus grandes révolutions de la communication.
De manière globale, les Camerounais ont découvert les Technologies de l’information et de la communication (Tic), notamment l’Internet, vers la fin des années 90. Passée l’euphorie de cette “ trouvaille ”, ils ont petit à petit pénétré dans les méandres de la gigantesque toile pour découvrir tout ce qu’elle offre de bon comme de mauvais. Dans les nombreux cybercafés qui pullulent dans nos métropoles, et même dans les différents bureaux qui sont connectés à Internet, l’on a fini par découvrir les rencontres virtuelles. Les femmes, surtout, s’y sont données à cœur joie, prioritairement pour chercher un “ mari blanc ”. Malgré le regard de reproches de certaines personnes dans leur entourage, beaucoup d’entres elles ont pu dégoter leurs coqs aux plumes d’or. Malheureusement, certaines y ont laissé des plumes en se retrouvant dans les pays occidentaux, plongées dans des réseaux de prostitution par des proxénètes qui leur avaient pourtant promis le paradis.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus de s’expatrier. Ni d’être en contact avec un blanc pour courir certains risques. Le risque par exemple de se voir sur le “ Net ” dans des situations classées “ X ”. De nombreuses photos et vidéos de femmes camerounaises se retrouvent ainsi sur Internet, laissées à la merci des pervers, des voyeurs, etc. Ils ne sont plus obligés de se connecter à des sites pornographiques (qu’ils trouvent d’ailleurs de plus en plus stéréotypés) pour se “ rincer l’œil ”. Les Tic ne nécessitent pas nécessairement une formation soutenue. En tout cas, pas pour faire certains “ travaux et recherches ”. Un téléphone portable multimédia, ou un appareil photo avec option vidéo, le tout est joué. L’on n’a plus qu’à créer son blog et y poster tout ce qu’on peut filmer. Ou tout simplement, pourquoi ne pas faire circuler des photos entre “ amis et connaissances ”, sans se soucier de qui les verra. Tant pis pour ceux et celles qui se retrouvent ainsi à la merci de regards indiscrets, sans être informés au préalable.
C’est ce qui s’est passé avec la dizaine de jeunes élèves camerounaises qui ont suscité cette enquête que vous livre Le Messager. Même s’il est difficile de remonter jusqu’à elles pour savoir ce qu’elles en pensent, l’affaire a fait grand bruit dans certains milieux, notamment le milieu estudiantin. Occasion pour nous de revenir sur les dérives observées dans notre pays au sujet de l’Internet, et bien sûr de tirer encore une fois la sonnette d’alarme quant à ces pratiques qui prennent de l’ampleur sans que la société camerounaise ne songe à réagir.
