“Quand j’ai appris que Charlotte était morte, je ne le croyais pas. Elle m’a caché qu’elle était si gravement malade. Elle avait des dettes chez moi et m’avait promis de les payer dès qu’elle aura gagné une tontine le 13 juin 2009. Aujourd’hui, je ne sais pas comment je vais faire”. Clara, assise derrière le comptoir de sa boutique, à Mercadet Poissonnière dans le 18ème arrondissement de Paris, est bien connue par de nombreux artistes camerounais qui vivent dans la capitale française. Non seulement parce qu’elle vend des produits bien de chez nous, depuis la boisson (top citron, ananas, Beaufort, Guiness…) jusqu’aux bâtons de manioc, poisson fumé et autres ndolè, tapioca, plantin. Mais surtout, parce qu’elle est un peu considérée comme le passage obligé pour ceux des artistes qui ont des problèmes de tous ordres: “Je suis en train de me battre pour que Pierre de Moussy, dont l’état de santé devient inquiétant, puisse se faire arranger les quelques dents qui lui restent dans la bouche”, explique la brave dame, avant de poursuivre à propos de Charlotte Mbango: “j’aurai dû douter qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Quand elle venait me voir, il y a encore quelques mois, elle était systématiquement assise là (elle montre du doigt une chaise à l’angle de la boutique). Alors je mettais un de ses morceaux et elle versait des larmes en l’écoutant. Je lui demandais alors pourquoi pleurer sur un magnifique morceau? Elle me répondait “Clara laisse, j’ai trop de problèmes”, confie-t-elle.
Et de conclure: “J’en veux particulièrement à des gens comme Céline, l’épouse de Ebwéa (l’ex-Lion Indomptable ndlr), qui savait tout mais ne m’a rien dévoilé”. Comme gage de ses dettes, Charlotte Mbango a juste laissé à mama Clara une petite centaine de Cd qu’elle pourra vendre. Mais sans être sûre de recouvrer entièrement son dû. Depuis la disparition de la chanteuse, Clara arbore de manière symbolique, un foulard noir. Une autre artiste, qui a du mal à se retrouver son équilibre depuis le décès de Charlotte Mbango, c’est Chantal Ayissi. La reine du bikutsi est la personne à qui la diva de la chanson africaine s’est le plus confiée durant les dernières semaines de son vivant. C’est elle notamment, qui va organiser une quête pour faciliter le rapatriement de la malade de l’hôpital de Dublin où elle était internée depuis plusieurs mois jusqu’au Chu de Kremlin Bicêtre conformément au vœu de la patiente : “Charlotte Mbango m’a demandé de tout faire pour la ramener en France. Elle savait qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre. Les médecins ayant donné le pronostic final. Elle m’a confié énormément de secrets, y compris concernant les relations qu’elle entretenait avec sa famille. Pour elle, il était clair que seule sa famille d’artistes comptait depuis longtemps. C’est d’ailleurs pourquoi elle a souhaité être entourée par cette famille durant ses derniers jours. Avant de lui rendre visite à l’hôpital de Dublin, alors que j’étais venue dans cette ville pour donner un spectacle, c’est l’association des Camerounais de Dublin représentée par Emmanuel Ngatcha et Dada, qui s’occupait de Charlotte à l’hôpital. Quand j’ai vu dans quel état Charlotte était…Je me suis dit qu’il n’était pas possible de faire autrement que de me battre pour elle”, souligne cette autre diva.
Et le pasteur Ewèlè de l’Uebc ne s’y est d’ailleurs pas trompé, lui qui a rendu un vibrant hommage à Chantal Ayissi et aux Camerounais de Dublin lors de la levée du corps de Charlotte Mbango le 16 juin dernier au Chu du Kremlin Bicêtre, même s’il a essayé par ailleurs d’arrondir les angles de cet hommage pressentant probablement ce qui allait se passer par la suite. Car depuis, le torchon brûle entre certains frères de Charlotte Mbango et Chantal Ayissi. On reprocherait à cette dernière d’en savoir un peu trop sur les relations entre Charlotte Mbango et sa famille. Chantal Ayissi répond qu’elle a tout fait selon la volonté de Charlotte, ses derniers désirs de son vivant. C’est ainsi que Charlotte Mbango avait demandé qu’il y ait une veillée à Paris sur fond de concert de musique et de fête, alors que sa famille était opposée à cette idée voulant que son corps soit immédiatement acheminé sur Douala pour les obsèques. Décidément, la disparition de Charlotte Mbango n’a pas fini de faire couler de l’encre
“Quand j’ai appris que Charlotte était morte, je ne le croyais pas. Elle m’a caché qu’elle était si gravement malade. Elle avait des dettes chez moi et m’avait promis de les payer dès qu’elle aura gagné une tontine le 13 juin 2009. Aujourd’hui, je ne sais pas comment je vais faire”. Clara, assise derrière le comptoir de sa boutique, à Mercadet Poissonnière dans le 18ème arrondissement de Paris, est bien connue par de nombreux artistes camerounais qui vivent dans la capitale française. Non seulement parce qu’elle vend des produits bien de chez nous, depuis la boisson (top citron, ananas, Beaufort, Guiness…) jusqu’aux bâtons de manioc, poisson fumé et autres ndolè, tapioca, plantin. Mais surtout, parce qu’elle est un peu considérée comme le passage obligé pour ceux des artistes qui ont des problèmes de tous ordres: “Je suis en train de me battre pour que Pierre de Moussy, dont l’état de santé devient inquiétant, puisse se faire arranger les quelques dents qui lui restent dans la bouche”, explique la brave dame, avant de poursuivre à propos de Charlotte Mbango: “j’aurai dû douter qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Quand elle venait me voir, il y a encore quelques mois, elle était systématiquement assise là (elle montre du doigt une chaise à l’angle de la boutique). Alors je mettais un de ses morceaux et elle versait des larmes en l’écoutant. Je lui demandais alors pourquoi pleurer sur un magnifique morceau? Elle me répondait “Clara laisse, j’ai trop de problèmes”, confie-t-elle.
Et de conclure: “J’en veux particulièrement à des gens comme Céline, l’épouse de Ebwéa (l’ex-Lion Indomptable ndlr), qui savait tout mais ne m’a rien dévoilé”. Comme gage de ses dettes, Charlotte Mbango a juste laissé à mama Clara une petite centaine de Cd qu’elle pourra vendre. Mais sans être sûre de recouvrer entièrement son dû. Depuis la disparition de la chanteuse, Clara arbore de manière symbolique, un foulard noir. Une autre artiste, qui a du mal à se retrouver son équilibre depuis le décès de Charlotte Mbango, c’est Chantal Ayissi. La reine du bikutsi est la personne à qui la diva de la chanson africaine s’est le plus confiée durant les dernières semaines de son vivant. C’est elle notamment, qui va organiser une quête pour faciliter le rapatriement de la malade de l’hôpital de Dublin où elle était internée depuis plusieurs mois jusqu’au Chu de Kremlin Bicêtre conformément au vœu de la patiente : “Charlotte Mbango m’a demandé de tout faire pour la ramener en France. Elle savait qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre. Les médecins ayant donné le pronostic final. Elle m’a confié énormément de secrets, y compris concernant les relations qu’elle entretenait avec sa famille. Pour elle, il était clair que seule sa famille d’artistes comptait depuis longtemps. C’est d’ailleurs pourquoi elle a souhaité être entourée par cette famille durant ses derniers jours. Avant de lui rendre visite à l’hôpital de Dublin, alors que j’étais venue dans cette ville pour donner un spectacle, c’est l’association des Camerounais de Dublin représentée par Emmanuel Ngatcha et Dada, qui s’occupait de Charlotte à l’hôpital. Quand j’ai vu dans quel état Charlotte était…Je me suis dit qu’il n’était pas possible de faire autrement que de me battre pour elle”, souligne cette autre diva.
Et le pasteur Ewèlè de l’Uebc ne s’y est d’ailleurs pas trompé, lui qui a rendu un vibrant hommage à Chantal Ayissi et aux Camerounais de Dublin lors de la levée du corps de Charlotte Mbango le 16 juin dernier au Chu du Kremlin Bicêtre, même s’il a essayé par ailleurs d’arrondir les angles de cet hommage pressentant probablement ce qui allait se passer par la suite. Car depuis, le torchon brûle entre certains frères de Charlotte Mbango et Chantal Ayissi. On reprocherait à cette dernière d’en savoir un peu trop sur les relations entre Charlotte Mbango et sa famille. Chantal Ayissi répond qu’elle a tout fait selon la volonté de Charlotte, ses derniers désirs de son vivant. C’est ainsi que Charlotte Mbango avait demandé qu’il y ait une veillée à Paris sur fond de concert de musique et de fête, alors que sa famille était opposée à cette idée voulant que son corps soit immédiatement acheminé sur Douala pour les obsèques. Décidément, la disparition de Charlotte Mbango n’a pas fini de faire couler de l’encre
Par Jean Célestin EDJANGUE à Paris
Révélations autour de la mort de Charlotte Mbango
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“Quand j’ai appris que Charlotte était morte, je ne le croyais pas. Elle m’a caché qu’elle était si gravement malade. Elle avait des dettes chez moi et m’avait promis de les payer dès qu’elle aura gagné une tontine le 13 juin 2009. Aujourd’hui, je ne sais pas comment je vais faire”. Clara, assise derrière le comptoir de sa boutique, à Mercadet Poissonnière dans le 18ème arrondissement de Paris, est bien connue par de nombreux artistes camerounais qui vivent dans la capitale française. Non seulement parce qu’elle vend des produits bien de chez nous, depuis la boisson (top citron, ananas, Beaufort, Guiness…) jusqu’aux bâtons de manioc, poisson fumé et autres ndolè, tapioca, plantin. Mais surtout, parce qu’elle est un peu considérée comme le passage obligé pour ceux des artistes qui ont des problèmes de tous ordres: “Je suis en train de me battre pour que Pierre de Moussy, dont l’état de santé devient inquiétant, puisse se faire arranger les quelques dents qui lui restent dans la bouche”, explique la brave dame, avant de poursuivre à propos de Charlotte Mbango: “j’aurai dû douter qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Quand elle venait me voir, il y a encore quelques mois, elle était systématiquement assise là (elle montre du doigt une chaise à l’angle de la boutique). Alors je mettais un de ses morceaux et elle versait des larmes en l’écoutant. Je lui demandais alors pourquoi pleurer sur un magnifique morceau? Elle me répondait “Clara laisse, j’ai trop de problèmes”, confie-t-elle.
Et de conclure: “J’en veux particulièrement à des gens comme Céline, l’épouse de Ebwéa (l’ex-Lion Indomptable ndlr), qui savait tout mais ne m’a rien dévoilé”. Comme gage de ses dettes, Charlotte Mbango a juste laissé à mama Clara une petite centaine de Cd qu’elle pourra vendre. Mais sans être sûre de recouvrer entièrement son dû. Depuis la disparition de la chanteuse, Clara arbore de manière symbolique, un foulard noir. Une autre artiste, qui a du mal à se retrouver son équilibre depuis le décès de Charlotte Mbango, c’est Chantal Ayissi. La reine du bikutsi est la personne à qui la diva de la chanson africaine s’est le plus confiée durant les dernières semaines de son vivant. C’est elle notamment, qui va organiser une quête pour faciliter le rapatriement de la malade de l’hôpital de Dublin où elle était internée depuis plusieurs mois jusqu’au Chu de Kremlin Bicêtre conformément au vœu de la patiente : “Charlotte Mbango m’a demandé de tout faire pour la ramener en France. Elle savait qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre. Les médecins ayant donné le pronostic final. Elle m’a confié énormément de secrets, y compris concernant les relations qu’elle entretenait avec sa famille. Pour elle, il était clair que seule sa famille d’artistes comptait depuis longtemps. C’est d’ailleurs pourquoi elle a souhaité être entourée par cette famille durant ses derniers jours. Avant de lui rendre visite à l’hôpital de Dublin, alors que j’étais venue dans cette ville pour donner un spectacle, c’est l’association des Camerounais de Dublin représentée par Emmanuel Ngatcha et Dada, qui s’occupait de Charlotte à l’hôpital. Quand j’ai vu dans quel état Charlotte était…Je me suis dit qu’il n’était pas possible de faire autrement que de me battre pour elle”, souligne cette autre diva.
Et le pasteur Ewèlè de l’Uebc ne s’y est d’ailleurs pas trompé, lui qui a rendu un vibrant hommage à Chantal Ayissi et aux Camerounais de Dublin lors de la levée du corps de Charlotte Mbango le 16 juin dernier au Chu du Kremlin Bicêtre, même s’il a essayé par ailleurs d’arrondir les angles de cet hommage pressentant probablement ce qui allait se passer par la suite. Car depuis, le torchon brûle entre certains frères de Charlotte Mbango et Chantal Ayissi. On reprocherait à cette dernière d’en savoir un peu trop sur les relations entre Charlotte Mbango et sa famille. Chantal Ayissi répond qu’elle a tout fait selon la volonté de Charlotte, ses derniers désirs de son vivant. C’est ainsi que Charlotte Mbango avait demandé qu’il y ait une veillée à Paris sur fond de concert de musique et de fête, alors que sa famille était opposée à cette idée voulant que son corps soit immédiatement acheminé sur Douala pour les obsèques. Décidément, la disparition de Charlotte Mbango n’a pas fini de faire couler de l’encre
Par Jean Célestin EDJANGUE à Paris
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“Quand j’ai appris que Charlotte était morte, je ne le croyais pas. Elle m’a caché qu’elle était si gravement malade. Elle avait des dettes chez moi et m’avait promis de les payer dès qu’elle aura gagné une tontine le 13 juin 2009. Aujourd’hui, je ne sais pas comment je vais faire”. Clara, assise derrière le comptoir de sa boutique, à Mercadet Poissonnière dans le 18ème arrondissement de Paris, est bien connue par de nombreux artistes camerounais qui vivent dans la capitale française. Non seulement parce qu’elle vend des produits bien de chez nous, depuis la boisson (top citron, ananas, Beaufort, Guiness…) jusqu’aux bâtons de manioc, poisson fumé et autres ndolè, tapioca, plantin. Mais surtout, parce qu’elle est un peu considérée comme le passage obligé pour ceux des artistes qui ont des problèmes de tous ordres: “Je suis en train de me battre pour que Pierre de Moussy, dont l’état de santé devient inquiétant, puisse se faire arranger les quelques dents qui lui restent dans la bouche”, explique la brave dame, avant de poursuivre à propos de Charlotte Mbango: “j’aurai dû douter qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Quand elle venait me voir, il y a encore quelques mois, elle était systématiquement assise là (elle montre du doigt une chaise à l’angle de la boutique). Alors je mettais un de ses morceaux et elle versait des larmes en l’écoutant. Je lui demandais alors pourquoi pleurer sur un magnifique morceau? Elle me répondait “Clara laisse, j’ai trop de problèmes”, confie-t-elle.
Et de conclure: “J’en veux particulièrement à des gens comme Céline, l’épouse de Ebwéa (l’ex-Lion Indomptable ndlr), qui savait tout mais ne m’a rien dévoilé”. Comme gage de ses dettes, Charlotte Mbango a juste laissé à mama Clara une petite centaine de Cd qu’elle pourra vendre. Mais sans être sûre de recouvrer entièrement son dû. Depuis la disparition de la chanteuse, Clara arbore de manière symbolique, un foulard noir. Une autre artiste, qui a du mal à se retrouver son équilibre depuis le décès de Charlotte Mbango, c’est Chantal Ayissi. La reine du bikutsi est la personne à qui la diva de la chanson africaine s’est le plus confiée durant les dernières semaines de son vivant. C’est elle notamment, qui va organiser une quête pour faciliter le rapatriement de la malade de l’hôpital de Dublin où elle était internée depuis plusieurs mois jusqu’au Chu de Kremlin Bicêtre conformément au vœu de la patiente : “Charlotte Mbango m’a demandé de tout faire pour la ramener en France. Elle savait qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre. Les médecins ayant donné le pronostic final. Elle m’a confié énormément de secrets, y compris concernant les relations qu’elle entretenait avec sa famille. Pour elle, il était clair que seule sa famille d’artistes comptait depuis longtemps. C’est d’ailleurs pourquoi elle a souhaité être entourée par cette famille durant ses derniers jours. Avant de lui rendre visite à l’hôpital de Dublin, alors que j’étais venue dans cette ville pour donner un spectacle, c’est l’association des Camerounais de Dublin représentée par Emmanuel Ngatcha et Dada, qui s’occupait de Charlotte à l’hôpital. Quand j’ai vu dans quel état Charlotte était…Je me suis dit qu’il n’était pas possible de faire autrement que de me battre pour elle”, souligne cette autre diva.
Et le pasteur Ewèlè de l’Uebc ne s’y est d’ailleurs pas trompé, lui qui a rendu un vibrant hommage à Chantal Ayissi et aux Camerounais de Dublin lors de la levée du corps de Charlotte Mbango le 16 juin dernier au Chu du Kremlin Bicêtre, même s’il a essayé par ailleurs d’arrondir les angles de cet hommage pressentant probablement ce qui allait se passer par la suite. Car depuis, le torchon brûle entre certains frères de Charlotte Mbango et Chantal Ayissi. On reprocherait à cette dernière d’en savoir un peu trop sur les relations entre Charlotte Mbango et sa famille. Chantal Ayissi répond qu’elle a tout fait selon la volonté de Charlotte, ses derniers désirs de son vivant. C’est ainsi que Charlotte Mbango avait demandé qu’il y ait une veillée à Paris sur fond de concert de musique et de fête, alors que sa famille était opposée à cette idée voulant que son corps soit immédiatement acheminé sur Douala pour les obsèques. Décidément, la disparition de Charlotte Mbango n’a pas fini de faire couler de l’encre
Par Jean Célestin EDJANGUE à Paris
Révélations autour de la mort de Charlotte Mbango
Adela Bikim franchit un palier
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Les textes répondent par l’affirmative là où la pratique incite plus tôt au contraire.
Dorine Ekwè –
Le 17 septembre dernier, la Société civile camerounaise de l’Art musical (Socam) née le 07 juin des cendres de la Cmc à qui l’agrément a été retiré par le ministère de la Culture le 12 mai 2008, a procédé à une répartition "spéciale" à ses membres et ceux désireux de le devenir. Seulement, de cette répartition "forcée", suspicion et rancœur sont nés. Alors que certains artistes affirment que cet argent n’est rien d’autre qu’une dotation faite par le ministère de la Culture tirée du Fonds spécial d’aide aux initiatives culturelles, d’autres par contre ne cachent pas leur courroux. Il affirment pour la plupart que "cette répartition dite spéciale se présente comme une sorte de stratagème pour attirer les artistes et les gagner à la cause de l’équipe actuelle ; eux qui pour la plupart continuent de bouder la Socam. La présidente et son équipe veulent par cette répartition sans doute prendre leurs marques et marquer leur présence sur cette scène des droits d’auteur qui fait couler de l’encre et de la salive depuis quelques années maintenant". Sur l’ensemble du territoire, les artistes de renom ont, dans la plupart des cas, boudé cette répartition qu’ils assimilent à un appât qui leur est tendu par les nouveaux gestionnaires des droits de l’art musical au Cameroun qui ont "du mal à s’imposer".
De ce fait, des voix s’élèvent et plusieurs artistes évoquent la possibilité de gérer par eux-mêmes leur droit tel qu’évoqué à l’alinéa 3 de l’article 75 de la loi du 19 décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins. Cet alinéa précise en effet que les auteurs et titulaires de droits voisins bénéficient de la faculté d’exercer directement les droits qui leurs sont reconnus par la loi malgré la présence d’une société de gestion collective. De quelle façon cela se fera-t-il ? Quelles sont les méthodes qu’useront les artistes intéressés par ce mode de gestion pour percevoir leurs droits auprès des organismes supposés leur reverser leurs droits ?
La question demeure quand on sait que, selon Mesmer L. Gueuyou, consultant en propriété intellectuelle, "La gestion collective du droit d’auteur dépend essentiellement de la volonté des auteurs. Leur décision de s’unir pour exercer en commun leurs droits patrimoniaux est la base des sociétés d’auteurs. Cette constatation vaut aussi pour les pays où sont installés des organismes étatiques ou semi étatiques, car si les auteurs n’y ont pas recours ces organismes tournent à vide."
Blaise Nkene, consultant au ministère de la Culture sur la question, affirme quant à lui qu’il est impossible pour un individu, au Cameroun, de percevoir ses droits de sa propre initiative. "La société de gestion collective a besoin de l’artiste, comme lui a besoin de cette dernière. La loi prévoit bel et bien que l’artiste puisse gérer ses droits tout seul mais il lui faudra l’appui d’une institution. C’est pour éviter le désordre que le principe des sociétés de gestion collective a été retenu. Cette mention rentre dans le cadre de la libéralisation du secteur du droit d’auteur et figure dans toutes les lois régissant ce domaine." Dans la même lancée, l’éventualité évoquée par certains de créer des syndicats qui opèreront également la gestion des droits de leurs membres est battue en brèche. "Il n’y a que la société de gestion collective de la corporation concernée qui pourra le faire. Il ne faut surtout pas que les gens se leurrent."
Mesmer L. Gueuyou, consultant en propriété intellectuelle précise tout de même que, quelque soit l’option prise par les uns et les autres, c’est la volonté de l’auteur qui prime. Selon lui en effet, "avant de se prononcer sur les différentes formes et modalités de son utilisation, l’auteur doit décider de sortir ou non l’œuvre de son tiroir. En cas de publication, il peut la présenter lui même en public, par exemple, comme musicien; il peut aussi produire des disques ou cassettes et les vendre. Personne ne l’en empêchera; le droit d’auteur compte depuis plus d’un demi siècle au nombre des droits de l’homme avec toutes les garanties de son libre exercice."
Roméo Dika : Les textes font problème
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