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La faiblesse des constitutions africaine face à la vacance ou l’absence du pouvoir exécutif

by mboasawa
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Peut être vous ne le savez sans doute pas, que l’on soit à Cotonou, Abidjan, Kinshasa, Lomé, Yaoundé, Brazzaville les corpus constitutionnels des pays francophone africains ont été  élaborés en relation directe organique, idéologique avec ceux qui sont en vigueur chez les puissances coloniales, mais encore c’est chez ces dernières que s’est constitué le bloc de spécialistes du droit constitutionnel qui ont érigé leurs vues sur la matière en parole autorisée sur le texte officiel africain.

Si nous commençons par jeter un regard critique sur ces constitutions, à quelques nuances prêtes,  elles sont toutes identiques, surtout quand l’on évoque le point relatif sur l’organisation pour le fonctionnement des institutions de l’Etat en cas d’absence ou de décès de l’exécutif national.

Sans toute fois prendre le risque de nous tromper, si nous jetons un regard modéré et critiquement valable sur le cas du décès de Omar Bongo, du président du Gabon, vous comprendrez ce à quoi nous voulons nous y atteler à expliquer.

En cas de vacance de la présidence de la République, pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constatés par la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, ou à défaut, par les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de ses membres, les fonctions du Président de la République (…), en cas d’empêchement de celui-ci dûment constaté par la Cour constitutionnelle saisie dans les mêmes conditions que ci-dessus, par le Président du Sénat ou, si ce dernier à son tour est empêché, par le premier vice-Président de l’Assemblée nationale. L’autorité qui assure l’intérim du Président de la République, dans les conditions du présent article, ne peut se porter candidat à l’élection présidentielle.

Au Gabon, Madame, Rose Francine Rogombé, dispose ainsi de 45 jours pour conduire la transition. C’est-à-dire durant la même période, elle pourra organiser une nouvelle élection présidentielle.

Comme nous l’avons toujours vécu, dans les traditions africaines, en cas de décès d’un chef d’Etat au pouvoir, par souci de respect de la mémoire de « l’illustre » disparu, le législateur décrète une période d’au moins 30 jours de deuil national. Une manière de constater qu’au niveau des services publics durant ces 30 jours, le service accordée est au stricte minimum.

Après les 30 jours, le pouvoir intérimaire ne dispose plus que 15 jours pour mener à bon port la transition dans le stricte respect du délai constitutionnel.

Le droit à l’état pure est le signe récognitif de la société vu au prisme des réalités socioculturelles (1). Il en résulte que la Constitution, qui est la loi fondamentale, doit prendre en compte les réalités spécifiques du terroir et ne doit pas être extensible en dehors des limites de la société. Les pays occidentaux ont un long passé commun. Colonisés par Rome, ils ont subi également la domination de Charlemagne et de Charles Quint. Leur culture repose sur les mêmes principes fondamentaux. Cependant, leurs Constitutions qui épousent les réalités spécifiques de chaque peuple diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre. Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Allemagne, autant de pays, autant de modèles de Constitution.

 Il est donc anachronique et paradoxal de constater que les pays africains dont l’histoire a connu une évolution différente depuis deux mille ans au moins, et dont le fondement culturel est spécifique, ont adopté des Constitutions analogues à celles des anciennes métropoles. Les pays d’Afrique francophone ont des Constitutions pratiquement identiques, calquées pour l’essentiel sur le modèle français

Ce mimétisme constitutionnel doublé d’un  déficit démocratique des constitutions africaines dans lequel est confronté le Gabon attend bien  d’autres pays de l’Afrique francophone  en cas de vacance du pouvoir.

Au Cameroun , la loi fondamentale stipule qu’en cas de vacance de Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République doit impérativement avoir lieu vingt (20) jours au moins et quarante (40) au plus après l’ouverture de la vacance. Ainsi, l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République, par le président du Sénat, et si ce dernier est, à son tour, empêché, par son suppléant, suivant l’ordre de préséance du Sénat.  Le Sénat tarde à se mettre en place au Cameroun, constituant ainsi une insécurité institutionnelle et constitutionnelle

Tout comme au Gabon, au Burkina, au Congo Brazzaville, au Bénin,  Le Président de la République par intérim pour le cas du Cameroun,  ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du gouvernement. Il ne peut être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République.

Sous d’autres contrées africaines, comme en Côte d’Ivoire, ce délai varie de 30 à 90 jours. Temps relativement court pour des Etats dont la plupart ne sont même pas capables de supporter les budgets électoraux et qui ne demandent à leurs peuples respectifs à s’inscrire sur les listes électorales à la veilles des élections.

Il devient ainsi urgent pour nos constitutionnalistes africains de revoir à la hausse les dispositions qui régissent les durées de transition liées au décès d’un chef de l’Etat en fonction de nos réalités. Dans un monde de compétition de plus en plus acharnée, les Africains doivent avoir le courage d’innover ou d’accepter de périr sans gloire. L’Afrique ne peut s’épanouir réellement avec les vêtements  et les chaussures des autres.  ( A suivre)

(1) Hugues SEUMO in La Tribalisation des constitutions africaines, (PP 75-76), Annales Nakon ed, Paris 2000

© Camer.be : Hugues SEUMO
Paru le 12-06-2009 11:32:41

 

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Peut être vous ne le savez sans doute pas, que l’on soit à Cotonou, Abidjan, Kinshasa, Lomé, Yaoundé, Brazzaville les corpus constitutionnels des pays francophone africains ont été  élaborés en relation directe organique, idéologique avec ceux qui sont en vigueur chez les puissances coloniales, mais encore c’est chez ces dernières que s’est constitué le bloc de spécialistes du droit constitutionnel qui ont érigé leurs vues sur la matière en parole autorisée sur le texte officiel africain.

Si nous commençons par jeter un regard critique sur ces constitutions, à quelques nuances prêtes,  elles sont toutes identiques, surtout quand l’on évoque le point relatif sur l’organisation pour le fonctionnement des institutions de l’Etat en cas d’absence ou de décès de l’exécutif national.

Sans toute fois prendre le risque de nous tromper, si nous jetons un regard modéré et critiquement valable sur le cas du décès de Omar Bongo, du président du Gabon, vous comprendrez ce à quoi nous voulons nous y atteler à expliquer.

En cas de vacance de la présidence de la République, pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constatés par la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, ou à défaut, par les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de ses membres, les fonctions du Président de la République (…), en cas d’empêchement de celui-ci dûment constaté par la Cour constitutionnelle saisie dans les mêmes conditions que ci-dessus, par le Président du Sénat ou, si ce dernier à son tour est empêché, par le premier vice-Président de l’Assemblée nationale. L’autorité qui assure l’intérim du Président de la République, dans les conditions du présent article, ne peut se porter candidat à l’élection présidentielle.

Au Gabon, Madame, Rose Francine Rogombé, dispose ainsi de 45 jours pour conduire la transition. C’est-à-dire durant la même période, elle pourra organiser une nouvelle élection présidentielle.

Comme nous l’avons toujours vécu, dans les traditions africaines, en cas de décès d’un chef d’Etat au pouvoir, par souci de respect de la mémoire de « l’illustre » disparu, le législateur décrète une période d’au moins 30 jours de deuil national. Une manière de constater qu’au niveau des services publics durant ces 30 jours, le service accordée est au stricte minimum.

Après les 30 jours, le pouvoir intérimaire ne dispose plus que 15 jours pour mener à bon port la transition dans le stricte respect du délai constitutionnel.

Le droit à l’état pure est le signe récognitif de la société vu au prisme des réalités socioculturelles (1). Il en résulte que la Constitution, qui est la loi fondamentale, doit prendre en compte les réalités spécifiques du terroir et ne doit pas être extensible en dehors des limites de la société. Les pays occidentaux ont un long passé commun. Colonisés par Rome, ils ont subi également la domination de Charlemagne et de Charles Quint. Leur culture repose sur les mêmes principes fondamentaux. Cependant, leurs Constitutions qui épousent les réalités spécifiques de chaque peuple diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre. Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Allemagne, autant de pays, autant de modèles de Constitution.

 Il est donc anachronique et paradoxal de constater que les pays africains dont l’histoire a connu une évolution différente depuis deux mille ans au moins, et dont le fondement culturel est spécifique, ont adopté des Constitutions analogues à celles des anciennes métropoles. Les pays d’Afrique francophone ont des Constitutions pratiquement identiques, calquées pour l’essentiel sur le modèle français

Ce mimétisme constitutionnel doublé d’un  déficit démocratique des constitutions africaines dans lequel est confronté le Gabon attend bien  d’autres pays de l’Afrique francophone  en cas de vacance du pouvoir.

Au Cameroun , la loi fondamentale stipule qu’en cas de vacance de Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République doit impérativement avoir lieu vingt (20) jours au moins et quarante (40) au plus après l’ouverture de la vacance. Ainsi, l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République, par le président du Sénat, et si ce dernier est, à son tour, empêché, par son suppléant, suivant l’ordre de préséance du Sénat.  Le Sénat tarde à se mettre en place au Cameroun, constituant ainsi une insécurité institutionnelle et constitutionnelle

Tout comme au Gabon, au Burkina, au Congo Brazzaville, au Bénin,  Le Président de la République par intérim pour le cas du Cameroun,  ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du gouvernement. Il ne peut être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République.

Sous d’autres contrées africaines, comme en Côte d’Ivoire, ce délai varie de 30 à 90 jours. Temps relativement court pour des Etats dont la plupart ne sont même pas capables de supporter les budgets électoraux et qui ne demandent à leurs peuples respectifs à s’inscrire sur les listes électorales à la veilles des élections.

Il devient ainsi urgent pour nos constitutionnalistes africains de revoir à la hausse les dispositions qui régissent les durées de transition liées au décès d’un chef de l’Etat en fonction de nos réalités. Dans un monde de compétition de plus en plus acharnée, les Africains doivent avoir le courage d’innover ou d’accepter de périr sans gloire. L’Afrique ne peut s’épanouir réellement avec les vêtements  et les chaussures des autres.  ( A suivre)

(1) Hugues SEUMO in La Tribalisation des constitutions africaines, (PP 75-76), Annales Nakon ed, Paris 2000

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Paru le 12-06-2009 11:32:41

 

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Peut être vous ne le savez sans doute pas, que l’on soit à Cotonou, Abidjan, Kinshasa, Lomé, Yaoundé, Brazzaville les corpus constitutionnels des pays francophone africains ont été  élaborés en relation directe organique, idéologique avec ceux qui sont en vigueur chez les puissances coloniales, mais encore c’est chez ces dernières que s’est constitué le bloc de spécialistes du droit constitutionnel qui ont érigé leurs vues sur la matière en parole autorisée sur le texte officiel africain.

Si nous commençons par jeter un regard critique sur ces constitutions, à quelques nuances prêtes,  elles sont toutes identiques, surtout quand l’on évoque le point relatif sur l’organisation pour le fonctionnement des institutions de l’Etat en cas d’absence ou de décès de l’exécutif national.

Sans toute fois prendre le risque de nous tromper, si nous jetons un regard modéré et critiquement valable sur le cas du décès de Omar Bongo, du président du Gabon, vous comprendrez ce à quoi nous voulons nous y atteler à expliquer.

En cas de vacance de la présidence de la République, pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constatés par la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, ou à défaut, par les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de ses membres, les fonctions du Président de la République (…), en cas d’empêchement de celui-ci dûment constaté par la Cour constitutionnelle saisie dans les mêmes conditions que ci-dessus, par le Président du Sénat ou, si ce dernier à son tour est empêché, par le premier vice-Président de l’Assemblée nationale. L’autorité qui assure l’intérim du Président de la République, dans les conditions du présent article, ne peut se porter candidat à l’élection présidentielle.

Au Gabon, Madame, Rose Francine Rogombé, dispose ainsi de 45 jours pour conduire la transition. C’est-à-dire durant la même période, elle pourra organiser une nouvelle élection présidentielle.

Comme nous l’avons toujours vécu, dans les traditions africaines, en cas de décès d’un chef d’Etat au pouvoir, par souci de respect de la mémoire de « l’illustre » disparu, le législateur décrète une période d’au moins 30 jours de deuil national. Une manière de constater qu’au niveau des services publics durant ces 30 jours, le service accordée est au stricte minimum.

Après les 30 jours, le pouvoir intérimaire ne dispose plus que 15 jours pour mener à bon port la transition dans le stricte respect du délai constitutionnel.

Le droit à l’état pure est le signe récognitif de la société vu au prisme des réalités socioculturelles (1). Il en résulte que la Constitution, qui est la loi fondamentale, doit prendre en compte les réalités spécifiques du terroir et ne doit pas être extensible en dehors des limites de la société. Les pays occidentaux ont un long passé commun. Colonisés par Rome, ils ont subi également la domination de Charlemagne et de Charles Quint. Leur culture repose sur les mêmes principes fondamentaux. Cependant, leurs Constitutions qui épousent les réalités spécifiques de chaque peuple diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre. Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Allemagne, autant de pays, autant de modèles de Constitution.

 Il est donc anachronique et paradoxal de constater que les pays africains dont l’histoire a connu une évolution différente depuis deux mille ans au moins, et dont le fondement culturel est spécifique, ont adopté des Constitutions analogues à celles des anciennes métropoles. Les pays d’Afrique francophone ont des Constitutions pratiquement identiques, calquées pour l’essentiel sur le modèle français

Ce mimétisme constitutionnel doublé d’un  déficit démocratique des constitutions africaines dans lequel est confronté le Gabon attend bien  d’autres pays de l’Afrique francophone  en cas de vacance du pouvoir.

Au Cameroun , la loi fondamentale stipule qu’en cas de vacance de Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République doit impérativement avoir lieu vingt (20) jours au moins et quarante (40) au plus après l’ouverture de la vacance. Ainsi, l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République, par le président du Sénat, et si ce dernier est, à son tour, empêché, par son suppléant, suivant l’ordre de préséance du Sénat.  Le Sénat tarde à se mettre en place au Cameroun, constituant ainsi une insécurité institutionnelle et constitutionnelle

Tout comme au Gabon, au Burkina, au Congo Brazzaville, au Bénin,  Le Président de la République par intérim pour le cas du Cameroun,  ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du gouvernement. Il ne peut être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République.

Sous d’autres contrées africaines, comme en Côte d’Ivoire, ce délai varie de 30 à 90 jours. Temps relativement court pour des Etats dont la plupart ne sont même pas capables de supporter les budgets électoraux et qui ne demandent à leurs peuples respectifs à s’inscrire sur les listes électorales à la veilles des élections.

Il devient ainsi urgent pour nos constitutionnalistes africains de revoir à la hausse les dispositions qui régissent les durées de transition liées au décès d’un chef de l’Etat en fonction de nos réalités. Dans un monde de compétition de plus en plus acharnée, les Africains doivent avoir le courage d’innover ou d’accepter de périr sans gloire. L’Afrique ne peut s’épanouir réellement avec les vêtements  et les chaussures des autres.  ( A suivre)

(1) Hugues SEUMO in La Tribalisation des constitutions africaines, (PP 75-76), Annales Nakon ed, Paris 2000

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Si nous commençons par jeter un regard critique sur ces constitutions, à quelques nuances prêtes,  elles sont toutes identiques, surtout quand l’on évoque le point relatif sur l’organisation pour le fonctionnement des institutions de l’Etat en cas d’absence ou de décès de l’exécutif national.

Sans toute fois prendre le risque de nous tromper, si nous jetons un regard modéré et critiquement valable sur le cas du décès de Omar Bongo, du président du Gabon, vous comprendrez ce à quoi nous voulons nous y atteler à expliquer.

En cas de vacance de la présidence de la République, pour quelque cause que ce soit, ou d’empêchement définitif de son titulaire constatés par la Cour constitutionnelle saisie par le gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, ou à défaut, par les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de ses membres, les fonctions du Président de la République (…), en cas d’empêchement de celui-ci dûment constaté par la Cour constitutionnelle saisie dans les mêmes conditions que ci-dessus, par le Président du Sénat ou, si ce dernier à son tour est empêché, par le premier vice-Président de l’Assemblée nationale. L’autorité qui assure l’intérim du Président de la République, dans les conditions du présent article, ne peut se porter candidat à l’élection présidentielle.

Au Gabon, Madame, Rose Francine Rogombé, dispose ainsi de 45 jours pour conduire la transition. C’est-à-dire durant la même période, elle pourra organiser une nouvelle élection présidentielle.

Comme nous l’avons toujours vécu, dans les traditions africaines, en cas de décès d’un chef d’Etat au pouvoir, par souci de respect de la mémoire de « l’illustre » disparu, le législateur décrète une période d’au moins 30 jours de deuil national. Une manière de constater qu’au niveau des services publics durant ces 30 jours, le service accordée est au stricte minimum.

Après les 30 jours, le pouvoir intérimaire ne dispose plus que 15 jours pour mener à bon port la transition dans le stricte respect du délai constitutionnel.

Le droit à l’état pure est le signe récognitif de la société vu au prisme des réalités socioculturelles (1). Il en résulte que la Constitution, qui est la loi fondamentale, doit prendre en compte les réalités spécifiques du terroir et ne doit pas être extensible en dehors des limites de la société. Les pays occidentaux ont un long passé commun. Colonisés par Rome, ils ont subi également la domination de Charlemagne et de Charles Quint. Leur culture repose sur les mêmes principes fondamentaux. Cependant, leurs Constitutions qui épousent les réalités spécifiques de chaque peuple diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre. Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Allemagne, autant de pays, autant de modèles de Constitution.

 Il est donc anachronique et paradoxal de constater que les pays africains dont l’histoire a connu une évolution différente depuis deux mille ans au moins, et dont le fondement culturel est spécifique, ont adopté des Constitutions analogues à celles des anciennes métropoles. Les pays d’Afrique francophone ont des Constitutions pratiquement identiques, calquées pour l’essentiel sur le modèle français

Ce mimétisme constitutionnel doublé d’un  déficit démocratique des constitutions africaines dans lequel est confronté le Gabon attend bien  d’autres pays de l’Afrique francophone  en cas de vacance du pouvoir.

Au Cameroun , la loi fondamentale stipule qu’en cas de vacance de Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République doit impérativement avoir lieu vingt (20) jours au moins et quarante (40) au plus après l’ouverture de la vacance. Ainsi, l’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République, par le président du Sénat, et si ce dernier est, à son tour, empêché, par son suppléant, suivant l’ordre de préséance du Sénat.  Le Sénat tarde à se mettre en place au Cameroun, constituant ainsi une insécurité institutionnelle et constitutionnelle

Tout comme au Gabon, au Burkina, au Congo Brazzaville, au Bénin,  Le Président de la République par intérim pour le cas du Cameroun,  ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du gouvernement. Il ne peut être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République.

Sous d’autres contrées africaines, comme en Côte d’Ivoire, ce délai varie de 30 à 90 jours. Temps relativement court pour des Etats dont la plupart ne sont même pas capables de supporter les budgets électoraux et qui ne demandent à leurs peuples respectifs à s’inscrire sur les listes électorales à la veilles des élections.

Il devient ainsi urgent pour nos constitutionnalistes africains de revoir à la hausse les dispositions qui régissent les durées de transition liées au décès d’un chef de l’Etat en fonction de nos réalités. Dans un monde de compétition de plus en plus acharnée, les Africains doivent avoir le courage d’innover ou d’accepter de périr sans gloire. L’Afrique ne peut s’épanouir réellement avec les vêtements  et les chaussures des autres.  ( A suivre)

(1) Hugues SEUMO in La Tribalisation des constitutions africaines, (PP 75-76), Annales Nakon ed, Paris 2000

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DESIRE KOUADIO ET LES ARTISTES “Il y a trop d’ingrats”

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Désiré Kouadio est l’un des promoteurs de spectacles ivoiriens dont on parle le plus, en bien ou en mal, c’est selon. Pour une fois, le patron de KD Productions a décidé de se confier. Et il revient sur les affaires passées et présentes qui le concernent. –

Allure juvénile malgré son embonpoint, Désiré Kouadio est un tranquille père de famille de 34 ans (marié et père d’un enfant). Mais hors de chez lui, cet Ivoirien d’origine s’est taillé une carrière de promoteur de spectacles. Un métier dans lequel Désiré a atterri après un bac électromécanique et une pige dans une agence de voyage.
Désiré Kouadio n’est pas de ceux qui se laissent marcher sur les pieds ou doubler, impunément.
Il y a quelques années, c’est le colosse Yodé du duo Yodé et Siro qui a eu maille à partir avec lui. La rumeur rapportait que dans une bagarre qui a opposé les deux hommes, Désiré Kouadio était sorti vainqueur, au prix d’un magistral coup de boule. Aujourd’hui, le promoteur de spectacle préfère calmer le jeu sur ce différend avec Yodé :
«C’est vrai que j’ai eu des histoires avec Yodé,  mais ça remonte à 1997. C’était un problème de contrat non respecté. Nous en sommes venus aux mains, malheureusement. Mais le problème est réglé puisqu’on a retravaillé ensemble depuis.»
L’autre «fait d’arme» que certains reprochent à Désiré Kouadio, c’est d’avoir déchiré le passeport de Lato Crespino. «Je n’ai jamais déchiré le passeport de Lato Crespino. En fait, je lui avais fait un visa pour qu’il vienne jouer en France. Mais au dernier moment, à l’aéroport, Lato  me dit qu’en plus de la France, il voulait aller voir sa sœur en Suisse. Moi, je me suis porté garant pour le visa sur la France, je ne pouvais pas le laisser partir en Suisse. Et comme il ne voulait pas entendre raison, moi, je ne voulais pas prendre de risque. J’ai juste décollé le visa que je lui avais permis d’avoir.» Se défend-il.
Dernièrement, c’est une affaire Désiré Kouadio-Espoir 2000 qui a grandement défrayé la chronique show-bizienne. Pendant que les zouglou l’accuse de les avoir abandonnés en France et d’avoir gardé par-devers lui le cachet de leur dernier spectacle, Désiré Kouadio, lui, a une toute autre version. Selon lui, cela fait des lustres qu’il travaille avec Espoir 2000 et ce,  sur la base de la confiance mutuelle. Et c’est dans ce sens qu’il était devenu, pour un temps, le manager tourneur du groupe en Europe.
«Je les ai fait venir en France du 6 juin au 5 août.  Tout devait se faire avec mon accord et je devais avoir ma commission sur tout ce qu’ils faisaient. Mais vers la fin de leur séjour, le 28 juillet précisément, les choses ont commencé à se gâter… Ils sont allés faire un clip, ils sont même allés en studio pour faire le remix de la chanson Abidjan farot. Ils ont repris Abidjan farot  avec Passy, ils ont fait  une autre version avec Patson. En plus, ils ont commencé à faire  des concerts un peu partout sans mon aval. Comme c’est moi qui les avait fait venir en France, j’ai arrêté de payer l’hôtel parce que je ne peux pas faire venir un artiste et laisser d’autres personnes en profiter.»
Toujours est-il qu’une fois à Abidjan, Espoir 2000 a porté plainte contre Désiré Kouadio et lui réclame un peu plus de deux millions de francs CFA.
L’autre différend qui oppose Espoir 2000 à Désiré Kouadio, c’est cette affaire de mandat d’arrêt délivré contre le groupe zouglou au Cameroun parce qu’il n’a pas honoré un contrat avec un promoteur camerounais. Voici la version de Désiré Kouadio : «En fait, Pat Saco n’a pas voulu honorer le contrat au Cameroun parce qu’il était en palabre avec moi. Je pense qu’il se comporte  comme ça parce qu’il a eu de nouvelles connexions quand j’ai invité Espoir 2000 en France, cette année.» Mais Désiré Kouadio promet malgré tout de vider le contentieux avec le promoteur camerounais et de faire lever le mandat d’arrêt.
A côté de toutes les affaires qu’on lui colle, à tort et parfois à raison, Désiré Kouadio jouit d’une certaine expérience dans la promotion de spectacles en Europe. Et à ce titre,
il a sa petite idée sur les raisons qui font que les artistes ivoiriens qui jouent dans de grandes salles en Europe se comptent sur les doigts de la main. «J’organise mes spectacles sur fonds propres en France. Alors je fais jouer les artistes dans les salles que mes moyens me permettent de payer . . . Bercy, ça coûte 200  millions de f CFA, le Bataclan qui est la quatrième plus grande salle de France coûte 60 millions. J’ai quand même fait trois concerts au Bataclan. Là, je voulais franchir un autre palier, mais je ne tombe que sur des artistes ingrats…Il y a aussi l’état d’esprit des artistes ivoiriens qui n’est pas bon. Si un artiste  vient en Europe  dans le but de nuire à quelqu’un, ça ne peut pas marcher. Parce qu’il y a des choses que  Dieu ne permet pas. Il y a aussi l’assiduité et le sérieux qui manquent chez nos artistes.»

Usher Aliman
http://www.topvisages.net

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