J. B. Ndongo Essomba : Son cœur balance

par mboasawa

Natif de l’arrondissement de Sa’a, le député refuse d’admettre que sa résidence de campagne appartient à Obala.

La scène qui entre dans son quatrième round mercredi prochain, rappelle à suffisance un entretien entre feu T. Bella et Jean Bernard Ndongo Essomba au terme d’un meeting du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) un soir de 1997. Ce jour là en effet, le défunt maire d’Obala fit remarquer à son poulain et non moins confrère dans les affaires, Jean Bernard Ndongo Essomba, et devant des élites de la Lékié, que "pour avoir choisi de t’établir sur le goudron à Nkoltomo II, tu es désormais un administré d’Obala. Par conséquent, tu es désormais mon électeur". Cette sortie humoristique de Théodore Bella fut accueillie par de nombreux éclats de rire de l’assistance.

Au moment des faits, personne n’imaginait la profondeur du propos qualifié de prémonition par certains aujourd’hui. Et pourtant, tout est là. Pour certains, celui qui a été élu député lors du scrutin du 1er mars 1992, vit mal son appartenance à l’arrondissement d’Obala de par son établissement à Nkoltomo II (Nkolebaï). Les tenants de cette thèse mettent en avant, les enjeux politiques dans cette circonscription électorale. Il s’agit, entre autres au sein du parti au pouvoir le Rdpc, de la configuration des commissions en charge de la vie de cette formation politique dont le renouvellement des organes de base a de tout temps été un moment des plus importants. D’autant que les élections à l’intérieur du Rdpc préparent aux échéances nationales tombées depuis deux décennies au moins dans la nasse du parti au pouvoir.

Battu aux primaires de 1997 par la liste conduite par Antoine Louis Ntsimi, Jean Bernard Ndongo Essomba retrouve l’Assemblée nationale en 2002 à la fois comme élu de Sa’a dans le département de la Lékié, et sans encombre comme président du groupe parlementaire en remplacement de Raymond Mengolo Avomo. Au terme du double scrutin du 22 juillet 2007, il est réélu. Homme aussi bien craint que redouté, on lui reconnaît quelque entregent au niveau du sommet de l’Etat. Lui qui a vu entre temps le département de la Lékié éclater en deux pôles d’influence (Lékié Nord et Lékié Sud), abritant ses cinq plénipotentiaires à l’hémicycle de Ngoa Ekellé. Lui par ailleurs qui, le 1er juin 2008, a bouclé sa première tournée parlementaire.
Un séjour particulièrement enfiévré auprès de son électorat tant il intervenait quelques semaines seulement après l’interpellation de son "fils" Urbain Olanguena Awono (en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé). Et pour cause, des autorités traditionnelles auront demandé à leur hôte, où est passé Olanguena à certaines étapes de son parcours.

Pour le rassurer, le maire de la commune de Sa’a, Mbena Mengue présenté comme l’un des proches de l’ancien ministre, tout comme François Fouda, le président de la section Rdpc de la Lékié Nord, auront indiqué dans leurs allocutions de circonstance de rappeler à leur visiteur qu’il n’avait aucune inquiétude à avoir en venant à Sa’a. "Nous vous demandons de rester parmi nous sans inquiétude", avait alors lancé le maire.
Mais l’année 2008 n’aura pas été de tout repos pour le député et homme d’affaires. Cité dans le rapport du contrôle supérieur de l’Etat relatif à la gestion de certains programmes sous tutelle du ministère de la Santé publique, il a surtout mal pris le relais fait par certains médias qu’il a traduit en justice, sur l’implication des établissements Ndongo Essomba dans cette tranche de vie du Cameroun. Ce d’autant que quelques semaines plus tard, un communiqué du ministre de l’Eau et de l’Energie citait les mêmes établissements dans une affaire de chantiers partiellement réalisés depuis 2005. Jean Bernard Ndongo Essomba, homme d’affaires jadis prospère, pense qu’on lui en veut pour son argent. Il l’a en tout cas répété le 1er septembre dernier lors de la descente sur le terrain du préfet de la Lékié, Grégoire Mvongo, à Nkoltomo II.

L.N.

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par mboasawa

Natif de l’arrondissement de Sa’a, le député refuse d’admettre que sa résidence de campagne appartient à Obala.

La scène qui entre dans son quatrième round mercredi prochain, rappelle à suffisance un entretien entre feu T. Bella et Jean Bernard Ndongo Essomba au terme d’un meeting du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) un soir de 1997. Ce jour là en effet, le défunt maire d’Obala fit remarquer à son poulain et non moins confrère dans les affaires, Jean Bernard Ndongo Essomba, et devant des élites de la Lékié, que "pour avoir choisi de t’établir sur le goudron à Nkoltomo II, tu es désormais un administré d’Obala. Par conséquent, tu es désormais mon électeur". Cette sortie humoristique de Théodore Bella fut accueillie par de nombreux éclats de rire de l’assistance.

Au moment des faits, personne n’imaginait la profondeur du propos qualifié de prémonition par certains aujourd’hui. Et pourtant, tout est là. Pour certains, celui qui a été élu député lors du scrutin du 1er mars 1992, vit mal son appartenance à l’arrondissement d’Obala de par son établissement à Nkoltomo II (Nkolebaï). Les tenants de cette thèse mettent en avant, les enjeux politiques dans cette circonscription électorale. Il s’agit, entre autres au sein du parti au pouvoir le Rdpc, de la configuration des commissions en charge de la vie de cette formation politique dont le renouvellement des organes de base a de tout temps été un moment des plus importants. D’autant que les élections à l’intérieur du Rdpc préparent aux échéances nationales tombées depuis deux décennies au moins dans la nasse du parti au pouvoir.

Battu aux primaires de 1997 par la liste conduite par Antoine Louis Ntsimi, Jean Bernard Ndongo Essomba retrouve l’Assemblée nationale en 2002 à la fois comme élu de Sa’a dans le département de la Lékié, et sans encombre comme président du groupe parlementaire en remplacement de Raymond Mengolo Avomo. Au terme du double scrutin du 22 juillet 2007, il est réélu. Homme aussi bien craint que redouté, on lui reconnaît quelque entregent au niveau du sommet de l’Etat. Lui qui a vu entre temps le département de la Lékié éclater en deux pôles d’influence (Lékié Nord et Lékié Sud), abritant ses cinq plénipotentiaires à l’hémicycle de Ngoa Ekellé. Lui par ailleurs qui, le 1er juin 2008, a bouclé sa première tournée parlementaire.
Un séjour particulièrement enfiévré auprès de son électorat tant il intervenait quelques semaines seulement après l’interpellation de son "fils" Urbain Olanguena Awono (en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé). Et pour cause, des autorités traditionnelles auront demandé à leur hôte, où est passé Olanguena à certaines étapes de son parcours.

Pour le rassurer, le maire de la commune de Sa’a, Mbena Mengue présenté comme l’un des proches de l’ancien ministre, tout comme François Fouda, le président de la section Rdpc de la Lékié Nord, auront indiqué dans leurs allocutions de circonstance de rappeler à leur visiteur qu’il n’avait aucune inquiétude à avoir en venant à Sa’a. "Nous vous demandons de rester parmi nous sans inquiétude", avait alors lancé le maire.
Mais l’année 2008 n’aura pas été de tout repos pour le député et homme d’affaires. Cité dans le rapport du contrôle supérieur de l’Etat relatif à la gestion de certains programmes sous tutelle du ministère de la Santé publique, il a surtout mal pris le relais fait par certains médias qu’il a traduit en justice, sur l’implication des établissements Ndongo Essomba dans cette tranche de vie du Cameroun. Ce d’autant que quelques semaines plus tard, un communiqué du ministre de l’Eau et de l’Energie citait les mêmes établissements dans une affaire de chantiers partiellement réalisés depuis 2005. Jean Bernard Ndongo Essomba, homme d’affaires jadis prospère, pense qu’on lui en veut pour son argent. Il l’a en tout cas répété le 1er septembre dernier lors de la descente sur le terrain du préfet de la Lékié, Grégoire Mvongo, à Nkoltomo II.

L.N.

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par mboasawa

Natif de l’arrondissement de Sa’a, le député refuse d’admettre que sa résidence de campagne appartient à Obala.

La scène qui entre dans son quatrième round mercredi prochain, rappelle à suffisance un entretien entre feu T. Bella et Jean Bernard Ndongo Essomba au terme d’un meeting du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) un soir de 1997. Ce jour là en effet, le défunt maire d’Obala fit remarquer à son poulain et non moins confrère dans les affaires, Jean Bernard Ndongo Essomba, et devant des élites de la Lékié, que "pour avoir choisi de t’établir sur le goudron à Nkoltomo II, tu es désormais un administré d’Obala. Par conséquent, tu es désormais mon électeur". Cette sortie humoristique de Théodore Bella fut accueillie par de nombreux éclats de rire de l’assistance.

Au moment des faits, personne n’imaginait la profondeur du propos qualifié de prémonition par certains aujourd’hui. Et pourtant, tout est là. Pour certains, celui qui a été élu député lors du scrutin du 1er mars 1992, vit mal son appartenance à l’arrondissement d’Obala de par son établissement à Nkoltomo II (Nkolebaï). Les tenants de cette thèse mettent en avant, les enjeux politiques dans cette circonscription électorale. Il s’agit, entre autres au sein du parti au pouvoir le Rdpc, de la configuration des commissions en charge de la vie de cette formation politique dont le renouvellement des organes de base a de tout temps été un moment des plus importants. D’autant que les élections à l’intérieur du Rdpc préparent aux échéances nationales tombées depuis deux décennies au moins dans la nasse du parti au pouvoir.

Battu aux primaires de 1997 par la liste conduite par Antoine Louis Ntsimi, Jean Bernard Ndongo Essomba retrouve l’Assemblée nationale en 2002 à la fois comme élu de Sa’a dans le département de la Lékié, et sans encombre comme président du groupe parlementaire en remplacement de Raymond Mengolo Avomo. Au terme du double scrutin du 22 juillet 2007, il est réélu. Homme aussi bien craint que redouté, on lui reconnaît quelque entregent au niveau du sommet de l’Etat. Lui qui a vu entre temps le département de la Lékié éclater en deux pôles d’influence (Lékié Nord et Lékié Sud), abritant ses cinq plénipotentiaires à l’hémicycle de Ngoa Ekellé. Lui par ailleurs qui, le 1er juin 2008, a bouclé sa première tournée parlementaire.
Un séjour particulièrement enfiévré auprès de son électorat tant il intervenait quelques semaines seulement après l’interpellation de son "fils" Urbain Olanguena Awono (en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé). Et pour cause, des autorités traditionnelles auront demandé à leur hôte, où est passé Olanguena à certaines étapes de son parcours.

Pour le rassurer, le maire de la commune de Sa’a, Mbena Mengue présenté comme l’un des proches de l’ancien ministre, tout comme François Fouda, le président de la section Rdpc de la Lékié Nord, auront indiqué dans leurs allocutions de circonstance de rappeler à leur visiteur qu’il n’avait aucune inquiétude à avoir en venant à Sa’a. "Nous vous demandons de rester parmi nous sans inquiétude", avait alors lancé le maire.
Mais l’année 2008 n’aura pas été de tout repos pour le député et homme d’affaires. Cité dans le rapport du contrôle supérieur de l’Etat relatif à la gestion de certains programmes sous tutelle du ministère de la Santé publique, il a surtout mal pris le relais fait par certains médias qu’il a traduit en justice, sur l’implication des établissements Ndongo Essomba dans cette tranche de vie du Cameroun. Ce d’autant que quelques semaines plus tard, un communiqué du ministre de l’Eau et de l’Energie citait les mêmes établissements dans une affaire de chantiers partiellement réalisés depuis 2005. Jean Bernard Ndongo Essomba, homme d’affaires jadis prospère, pense qu’on lui en veut pour son argent. Il l’a en tout cas répété le 1er septembre dernier lors de la descente sur le terrain du préfet de la Lékié, Grégoire Mvongo, à Nkoltomo II.

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Natif de l’arrondissement de Sa’a, le député refuse d’admettre que sa résidence de campagne appartient à Obala.

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Au moment des faits, personne n’imaginait la profondeur du propos qualifié de prémonition par certains aujourd’hui. Et pourtant, tout est là. Pour certains, celui qui a été élu député lors du scrutin du 1er mars 1992, vit mal son appartenance à l’arrondissement d’Obala de par son établissement à Nkoltomo II (Nkolebaï). Les tenants de cette thèse mettent en avant, les enjeux politiques dans cette circonscription électorale. Il s’agit, entre autres au sein du parti au pouvoir le Rdpc, de la configuration des commissions en charge de la vie de cette formation politique dont le renouvellement des organes de base a de tout temps été un moment des plus importants. D’autant que les élections à l’intérieur du Rdpc préparent aux échéances nationales tombées depuis deux décennies au moins dans la nasse du parti au pouvoir.

Battu aux primaires de 1997 par la liste conduite par Antoine Louis Ntsimi, Jean Bernard Ndongo Essomba retrouve l’Assemblée nationale en 2002 à la fois comme élu de Sa’a dans le département de la Lékié, et sans encombre comme président du groupe parlementaire en remplacement de Raymond Mengolo Avomo. Au terme du double scrutin du 22 juillet 2007, il est réélu. Homme aussi bien craint que redouté, on lui reconnaît quelque entregent au niveau du sommet de l’Etat. Lui qui a vu entre temps le département de la Lékié éclater en deux pôles d’influence (Lékié Nord et Lékié Sud), abritant ses cinq plénipotentiaires à l’hémicycle de Ngoa Ekellé. Lui par ailleurs qui, le 1er juin 2008, a bouclé sa première tournée parlementaire.
Un séjour particulièrement enfiévré auprès de son électorat tant il intervenait quelques semaines seulement après l’interpellation de son "fils" Urbain Olanguena Awono (en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé). Et pour cause, des autorités traditionnelles auront demandé à leur hôte, où est passé Olanguena à certaines étapes de son parcours.

Pour le rassurer, le maire de la commune de Sa’a, Mbena Mengue présenté comme l’un des proches de l’ancien ministre, tout comme François Fouda, le président de la section Rdpc de la Lékié Nord, auront indiqué dans leurs allocutions de circonstance de rappeler à leur visiteur qu’il n’avait aucune inquiétude à avoir en venant à Sa’a. "Nous vous demandons de rester parmi nous sans inquiétude", avait alors lancé le maire.
Mais l’année 2008 n’aura pas été de tout repos pour le député et homme d’affaires. Cité dans le rapport du contrôle supérieur de l’Etat relatif à la gestion de certains programmes sous tutelle du ministère de la Santé publique, il a surtout mal pris le relais fait par certains médias qu’il a traduit en justice, sur l’implication des établissements Ndongo Essomba dans cette tranche de vie du Cameroun. Ce d’autant que quelques semaines plus tard, un communiqué du ministre de l’Eau et de l’Energie citait les mêmes établissements dans une affaire de chantiers partiellement réalisés depuis 2005. Jean Bernard Ndongo Essomba, homme d’affaires jadis prospère, pense qu’on lui en veut pour son argent. Il l’a en tout cas répété le 1er septembre dernier lors de la descente sur le terrain du préfet de la Lékié, Grégoire Mvongo, à Nkoltomo II.

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Création littéraire : Patrice Nganang pense la préemption

par

L’écrivain camerounais pose dans cet ouvrage les ressorts d’une nouvelle littérature africaine.
Parfait Tabapsi –




En lançant il y a une décade son fameux projet "Rwanda, écrire par devoir de mémoire", l’écrivain tchadien Nocky Djedanoum avait conforté nombre d’observateurs de la scène littéraire africaine de ce que l’écriture, la création littéraire africaine ne serait plus désormais la même. Puisque le génocide rwandais était passé par là. Ce sentiment sera davantage confirmé avec la publication, après une odyssée au pays d’Alexis Kagame sur le théâtre des décombres, d’ouvrages d’envergure qui allaient faire date dans la bibliographie des auteurs africains. De "Murambi, le livre des ossements" du Sénégalais Boubacar Boris Diop à "Moisson de crânes" du Djiboutien Abdourahman Waberi, le nouveau visage de cette littérature s’était donné à voir, emportant même au passage plus que de l’intérêt.

Si donc on a pu percevoir une nouvelle attitude ou posture créatrice de la part de certains écrivains africains au tournant du siècle, il reste qu’on n’avait pas beaucoup entendu de discours théorique sur ce nouveau concept, une sorte d’esthétique qui en délimiterait le territoire. En parcourant le dernier ouvrage de Patrice Nganang, on a comme l’impression de commencer à y voir plus clair. Fort en effet de ce que "toute littérature est enceinte de son projet esthétique", il y pose que "plus qu’une intrusion d’écrivain dans la maison de la critique, cet essai est donc une volonté de réinscription de la littérature africaine contemporaine dans le champ des idées ; il est surtout une volonté de découverte de l’espace convulsif qui est habitat de la vérité, dans la contrapunctique de ses manifestations".

Et pour concerner le lecteur sur la réalité de cette littérature, qui à bien y regarder de son point de vue n’est pas nouvelle (puisqu’il évoque la "trinité originaire" constituée de Tutuola, Césaire et Soyinka), il se propose de partir des "écritures africaines nouvelles" pour aboutir ce qu’il appelle "préemption", en passant par les figures originaires de cette écriture de la tragédie et une "typologie romanesque". Ainsi au fil des pages, l’on découvre la vaste culture livresque de cet écrivain-enseignant. Une culture où la littérature nigériane semble se tailler la part du lion. De Amos Tutuola à Wole Soyinka en passant par Chinua Achebe, il donne à redécouvrir cette enrichissante œuvre qui a depuis donné au continent littéraire son seul prix Nobel noir.

Parce que écrire "ce n’est pas seulement raconter des histoires. C’est aussi inscrire ses mots dans la profondeur autant d’une terre que d’un rêve", l’auteur de Temps de chien puise à une source à laquelle il nous a souvent abreuvé, les ressorts de ce que devrait être la littérature africaine d’aujourd’hui. Recourant à ces "dictons des rues de Yaoundé" pour mieux expliquer son option d’une écriture du drame, pour dire combien cette écriture doit pouvoir "traquer et découvrir dans le quotidien tous les signes autant de la catastrophe à venir que de l’émerveillement et saura surprendre devant un mot, devant une phrase, devant une question qui n’étonne plus le commun, la porte de la barbarie ; devant une action insensée faite dans le quotidien, et surtout devant une routine, elle saura voir le commencement de cala qui ailleurs a creusé le puits sans fond du crime".

Dans cet ouvrage, si l’on découvre avec bonheur le souci didactique de son auteur, lui qui dit d’ailleurs de ce travail qu’il est un livre-atelier ; s’il faut saluer le travail d’élaboration d’une esthétique de la préemption ; si l’on est frappé par le niveau d’érudition de l’auteur sur les littératures d’ici et d’ailleurs, il reste que l’on aurait souhaité un "relâchement" dans l’art de mener ce travail, qu’il laissât au placard cette propension à "parler vrai" jusqu’à la limite de l’intolérable pour des lecteurs qui ne seraient pas habitués à son style. Mais à quoi bon en définitive puisqu’il est souvent dit que la création, fût-elle littéraire, est le domaine de tous les possibles ?

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