mardi, février 17, 2026
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Trois Camerounais illuminent la biennale de Bamako

by mboasawa
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Ils sont trois Camerounais, tous artistes photographes professionnels. La direction artistique des Rencontres africaines de photographie de Bamako a sectionné leurs œuvres parmi les quelque 5 mille travaux reçus pour faire partie de la section officielle de Bamako 2009. Angèle Etoundi Essomba, la quarantaine révolue est certainement la plus expérimentée de tous. Cette grande dame de la photographie contemporaine qui fait pratiquement le tour du monde à travers des expositions photographiques les plus courues est venue présenter dans la capitale malienne une série de photographies sur le thème de la femme qu’elle développe depuis quelques années.

En fait, il s’agit d’un travail inspiré de deux voyages effectués par l’artiste en 2006 et 2007 à Zanzibar. On y voit dans la première image neuf femmes enveloppées de robes noires suspendues sur des pierres qui forment l’entrée d’une grotte. Elles ont le même regard, et sur chaque visage, on lie une certaine mélancolie, davantage un stress de vivre. Dans les deux images qui suivent la mise en scène du travail de Angèle Etoundi Essomba, on retrouve les mêmes femmes. Cette fois, elles ont le dos tourné et regardent l’horizon dans le lointain de la mer dont la couleur ici est verte. Avant de s’asseoir sur la plage, toujours tout de blanc vêtus, dans une attitude d’écoute silence d’un être transcendant qui leur parle non seulement de  vive  voix, mais également de cœur à cœur. Les autres photos sont des monos, une dame qui porte une robe noire avec un intérieur rouge et qui marche sur la plage.

Le message de l’artiste tend à faire comprendre que « la femme est la matrice du monde. C’est elle qui est la gardienne de notre identité, c’est elle qui transmet les valeurs culturelles et les connaissances traditionnelles et c’est elle qui sert de pont entre la tradition et la modernité », explique Angèle Etoundi Essomba. Bref, un hymne de célébration de la dignité de la femme, de sa vitalité, de sa dignité de mère qui donne la vie, et mer qui prend la vie. On se bouscule pratiquement au Palais de la culture de Bamako depuis samedi dernier que les Rencontres africaines de photographie ont démarré au pays de Amadou Toumani Touré.

Le deuxième Camerounais dont l’œuvre fait mouche en ce moment à Bamako est Guy Wouete. L’artiste qui avait déjà fait sensation à la dernière Biennale de l’art contemporain de Dakar au Sénégal est venu dans la capitale malienne avec une œuvre vidéo intitulée « Volcano ». Contrairement à Angèle Etoundi Essomba dont l’œuvre est beaucoup complexe pour les nombreux visiteurs de l’exposition panafricaine, Guy Wouete, a choisi de dire les choses crûment. La critique nigérienne de l’art contemporain, Bisi Silva, qui était littéralement séduite entre autres par le talent de l’artiste le lui a un peu reproché. Mais Guy Wouete est resté dans sa démarche : « Je n’ai pas voulu faire dans l’intellectualisme. Je suis un artiste et je traite d’un sujet grave » lance-t-il pendant l’échange que nous avons eu au Musée national du Mali ce 10 novembre 2009 en après-midi.

Sur la vidéo défile des images de la tête d’un homme  couché et regardant le ciel. D’abord le visage en question est serein. Puis subitement, il se met à sortir de sa bouche du feu et des laves tel un volcan qui dormait, et qui est subitement entré en activité. « Je m’interroge sur la guerre, le désastre humanitaire auquel elle a conduit et ses graves conséquences sur la nature, sur les questions d’intégralité et d’absence de démocratie dans les gouvernements de nos pays du Sud. Je pense à mon pays le Cameroun. Et je dis qu’il faut se méfier des pays dits en paix comme le nôtre. Car les jeunes sont en train de partir parce que les vieux à la fois, corrompus et qui ont une attitude prédatrice ne veulent pas partir. Il faut donc faire attention. »

Le même sujet est traité par Balthelemy Toguo (voir interview). Depuis qu’il est arrivé, à Bamako venant de France pour les Rencontres photographiques, on l’appelle « Monsieur le Président ». Cela fait suite à son travail constitué de trois photographies où il met en orbite le comportement de certains leaders africains sur l’exploitation de la forêt et la mauvaise gouvernance de leur pays qui conduit des milliers de jeunes à l’exil. Un travail très apprécié, au regard de la popularité dont jouit ce fils de Bandjoun dans les coulisses du festival consacré à la photographie.

Rendu à son quatrième jour, les Rencontres africaines de la photographie de Bamako vont dévoiler ce 11 novembre les différentes récompenses. En attendant, hier 10 novembre, Paul Kagamé, président de la République du Rwanda qui a effectué pendant deux jours une visite d’Etat au Mali a vécu (il est vrai à distance) cette fête de la photographie africaine. Son homologue Amadou Toumani Touré lui a certainement fait goûter dans le luxueux salon de l’hôtel Laïco Amitié où il a résidé, et où se déroule aussi une exposition, le bonheur que procure une photographie artistiquement bien travaillée.

jean.francois.channon

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Ils sont trois Camerounais, tous artistes photographes professionnels. La direction artistique des Rencontres africaines de photographie de Bamako a sectionné leurs œuvres parmi les quelque 5 mille travaux reçus pour faire partie de la section officielle de Bamako 2009. Angèle Etoundi Essomba, la quarantaine révolue est certainement la plus expérimentée de tous. Cette grande dame de la photographie contemporaine qui fait pratiquement le tour du monde à travers des expositions photographiques les plus courues est venue présenter dans la capitale malienne une série de photographies sur le thème de la femme qu’elle développe depuis quelques années.

En fait, il s’agit d’un travail inspiré de deux voyages effectués par l’artiste en 2006 et 2007 à Zanzibar. On y voit dans la première image neuf femmes enveloppées de robes noires suspendues sur des pierres qui forment l’entrée d’une grotte. Elles ont le même regard, et sur chaque visage, on lie une certaine mélancolie, davantage un stress de vivre. Dans les deux images qui suivent la mise en scène du travail de Angèle Etoundi Essomba, on retrouve les mêmes femmes. Cette fois, elles ont le dos tourné et regardent l’horizon dans le lointain de la mer dont la couleur ici est verte. Avant de s’asseoir sur la plage, toujours tout de blanc vêtus, dans une attitude d’écoute silence d’un être transcendant qui leur parle non seulement de  vive  voix, mais également de cœur à cœur. Les autres photos sont des monos, une dame qui porte une robe noire avec un intérieur rouge et qui marche sur la plage.

Le message de l’artiste tend à faire comprendre que « la femme est la matrice du monde. C’est elle qui est la gardienne de notre identité, c’est elle qui transmet les valeurs culturelles et les connaissances traditionnelles et c’est elle qui sert de pont entre la tradition et la modernité », explique Angèle Etoundi Essomba. Bref, un hymne de célébration de la dignité de la femme, de sa vitalité, de sa dignité de mère qui donne la vie, et mer qui prend la vie. On se bouscule pratiquement au Palais de la culture de Bamako depuis samedi dernier que les Rencontres africaines de photographie ont démarré au pays de Amadou Toumani Touré.

Le deuxième Camerounais dont l’œuvre fait mouche en ce moment à Bamako est Guy Wouete. L’artiste qui avait déjà fait sensation à la dernière Biennale de l’art contemporain de Dakar au Sénégal est venu dans la capitale malienne avec une œuvre vidéo intitulée « Volcano ». Contrairement à Angèle Etoundi Essomba dont l’œuvre est beaucoup complexe pour les nombreux visiteurs de l’exposition panafricaine, Guy Wouete, a choisi de dire les choses crûment. La critique nigérienne de l’art contemporain, Bisi Silva, qui était littéralement séduite entre autres par le talent de l’artiste le lui a un peu reproché. Mais Guy Wouete est resté dans sa démarche : « Je n’ai pas voulu faire dans l’intellectualisme. Je suis un artiste et je traite d’un sujet grave » lance-t-il pendant l’échange que nous avons eu au Musée national du Mali ce 10 novembre 2009 en après-midi.

Sur la vidéo défile des images de la tête d’un homme  couché et regardant le ciel. D’abord le visage en question est serein. Puis subitement, il se met à sortir de sa bouche du feu et des laves tel un volcan qui dormait, et qui est subitement entré en activité. « Je m’interroge sur la guerre, le désastre humanitaire auquel elle a conduit et ses graves conséquences sur la nature, sur les questions d’intégralité et d’absence de démocratie dans les gouvernements de nos pays du Sud. Je pense à mon pays le Cameroun. Et je dis qu’il faut se méfier des pays dits en paix comme le nôtre. Car les jeunes sont en train de partir parce que les vieux à la fois, corrompus et qui ont une attitude prédatrice ne veulent pas partir. Il faut donc faire attention. »

Le même sujet est traité par Balthelemy Toguo (voir interview). Depuis qu’il est arrivé, à Bamako venant de France pour les Rencontres photographiques, on l’appelle « Monsieur le Président ». Cela fait suite à son travail constitué de trois photographies où il met en orbite le comportement de certains leaders africains sur l’exploitation de la forêt et la mauvaise gouvernance de leur pays qui conduit des milliers de jeunes à l’exil. Un travail très apprécié, au regard de la popularité dont jouit ce fils de Bandjoun dans les coulisses du festival consacré à la photographie.

Rendu à son quatrième jour, les Rencontres africaines de la photographie de Bamako vont dévoiler ce 11 novembre les différentes récompenses. En attendant, hier 10 novembre, Paul Kagamé, président de la République du Rwanda qui a effectué pendant deux jours une visite d’Etat au Mali a vécu (il est vrai à distance) cette fête de la photographie africaine. Son homologue Amadou Toumani Touré lui a certainement fait goûter dans le luxueux salon de l’hôtel Laïco Amitié où il a résidé, et où se déroule aussi une exposition, le bonheur que procure une photographie artistiquement bien travaillée.

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Ils sont trois Camerounais, tous artistes photographes professionnels. La direction artistique des Rencontres africaines de photographie de Bamako a sectionné leurs œuvres parmi les quelque 5 mille travaux reçus pour faire partie de la section officielle de Bamako 2009. Angèle Etoundi Essomba, la quarantaine révolue est certainement la plus expérimentée de tous. Cette grande dame de la photographie contemporaine qui fait pratiquement le tour du monde à travers des expositions photographiques les plus courues est venue présenter dans la capitale malienne une série de photographies sur le thème de la femme qu’elle développe depuis quelques années.

En fait, il s’agit d’un travail inspiré de deux voyages effectués par l’artiste en 2006 et 2007 à Zanzibar. On y voit dans la première image neuf femmes enveloppées de robes noires suspendues sur des pierres qui forment l’entrée d’une grotte. Elles ont le même regard, et sur chaque visage, on lie une certaine mélancolie, davantage un stress de vivre. Dans les deux images qui suivent la mise en scène du travail de Angèle Etoundi Essomba, on retrouve les mêmes femmes. Cette fois, elles ont le dos tourné et regardent l’horizon dans le lointain de la mer dont la couleur ici est verte. Avant de s’asseoir sur la plage, toujours tout de blanc vêtus, dans une attitude d’écoute silence d’un être transcendant qui leur parle non seulement de  vive  voix, mais également de cœur à cœur. Les autres photos sont des monos, une dame qui porte une robe noire avec un intérieur rouge et qui marche sur la plage.

Le message de l’artiste tend à faire comprendre que « la femme est la matrice du monde. C’est elle qui est la gardienne de notre identité, c’est elle qui transmet les valeurs culturelles et les connaissances traditionnelles et c’est elle qui sert de pont entre la tradition et la modernité », explique Angèle Etoundi Essomba. Bref, un hymne de célébration de la dignité de la femme, de sa vitalité, de sa dignité de mère qui donne la vie, et mer qui prend la vie. On se bouscule pratiquement au Palais de la culture de Bamako depuis samedi dernier que les Rencontres africaines de photographie ont démarré au pays de Amadou Toumani Touré.

Le deuxième Camerounais dont l’œuvre fait mouche en ce moment à Bamako est Guy Wouete. L’artiste qui avait déjà fait sensation à la dernière Biennale de l’art contemporain de Dakar au Sénégal est venu dans la capitale malienne avec une œuvre vidéo intitulée « Volcano ». Contrairement à Angèle Etoundi Essomba dont l’œuvre est beaucoup complexe pour les nombreux visiteurs de l’exposition panafricaine, Guy Wouete, a choisi de dire les choses crûment. La critique nigérienne de l’art contemporain, Bisi Silva, qui était littéralement séduite entre autres par le talent de l’artiste le lui a un peu reproché. Mais Guy Wouete est resté dans sa démarche : « Je n’ai pas voulu faire dans l’intellectualisme. Je suis un artiste et je traite d’un sujet grave » lance-t-il pendant l’échange que nous avons eu au Musée national du Mali ce 10 novembre 2009 en après-midi.

Sur la vidéo défile des images de la tête d’un homme  couché et regardant le ciel. D’abord le visage en question est serein. Puis subitement, il se met à sortir de sa bouche du feu et des laves tel un volcan qui dormait, et qui est subitement entré en activité. « Je m’interroge sur la guerre, le désastre humanitaire auquel elle a conduit et ses graves conséquences sur la nature, sur les questions d’intégralité et d’absence de démocratie dans les gouvernements de nos pays du Sud. Je pense à mon pays le Cameroun. Et je dis qu’il faut se méfier des pays dits en paix comme le nôtre. Car les jeunes sont en train de partir parce que les vieux à la fois, corrompus et qui ont une attitude prédatrice ne veulent pas partir. Il faut donc faire attention. »

Le même sujet est traité par Balthelemy Toguo (voir interview). Depuis qu’il est arrivé, à Bamako venant de France pour les Rencontres photographiques, on l’appelle « Monsieur le Président ». Cela fait suite à son travail constitué de trois photographies où il met en orbite le comportement de certains leaders africains sur l’exploitation de la forêt et la mauvaise gouvernance de leur pays qui conduit des milliers de jeunes à l’exil. Un travail très apprécié, au regard de la popularité dont jouit ce fils de Bandjoun dans les coulisses du festival consacré à la photographie.

Rendu à son quatrième jour, les Rencontres africaines de la photographie de Bamako vont dévoiler ce 11 novembre les différentes récompenses. En attendant, hier 10 novembre, Paul Kagamé, président de la République du Rwanda qui a effectué pendant deux jours une visite d’Etat au Mali a vécu (il est vrai à distance) cette fête de la photographie africaine. Son homologue Amadou Toumani Touré lui a certainement fait goûter dans le luxueux salon de l’hôtel Laïco Amitié où il a résidé, et où se déroule aussi une exposition, le bonheur que procure une photographie artistiquement bien travaillée.

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Ils sont trois Camerounais, tous artistes photographes professionnels. La direction artistique des Rencontres africaines de photographie de Bamako a sectionné leurs œuvres parmi les quelque 5 mille travaux reçus pour faire partie de la section officielle de Bamako 2009. Angèle Etoundi Essomba, la quarantaine révolue est certainement la plus expérimentée de tous. Cette grande dame de la photographie contemporaine qui fait pratiquement le tour du monde à travers des expositions photographiques les plus courues est venue présenter dans la capitale malienne une série de photographies sur le thème de la femme qu’elle développe depuis quelques années.

En fait, il s’agit d’un travail inspiré de deux voyages effectués par l’artiste en 2006 et 2007 à Zanzibar. On y voit dans la première image neuf femmes enveloppées de robes noires suspendues sur des pierres qui forment l’entrée d’une grotte. Elles ont le même regard, et sur chaque visage, on lie une certaine mélancolie, davantage un stress de vivre. Dans les deux images qui suivent la mise en scène du travail de Angèle Etoundi Essomba, on retrouve les mêmes femmes. Cette fois, elles ont le dos tourné et regardent l’horizon dans le lointain de la mer dont la couleur ici est verte. Avant de s’asseoir sur la plage, toujours tout de blanc vêtus, dans une attitude d’écoute silence d’un être transcendant qui leur parle non seulement de  vive  voix, mais également de cœur à cœur. Les autres photos sont des monos, une dame qui porte une robe noire avec un intérieur rouge et qui marche sur la plage.

Le message de l’artiste tend à faire comprendre que « la femme est la matrice du monde. C’est elle qui est la gardienne de notre identité, c’est elle qui transmet les valeurs culturelles et les connaissances traditionnelles et c’est elle qui sert de pont entre la tradition et la modernité », explique Angèle Etoundi Essomba. Bref, un hymne de célébration de la dignité de la femme, de sa vitalité, de sa dignité de mère qui donne la vie, et mer qui prend la vie. On se bouscule pratiquement au Palais de la culture de Bamako depuis samedi dernier que les Rencontres africaines de photographie ont démarré au pays de Amadou Toumani Touré.

Le deuxième Camerounais dont l’œuvre fait mouche en ce moment à Bamako est Guy Wouete. L’artiste qui avait déjà fait sensation à la dernière Biennale de l’art contemporain de Dakar au Sénégal est venu dans la capitale malienne avec une œuvre vidéo intitulée « Volcano ». Contrairement à Angèle Etoundi Essomba dont l’œuvre est beaucoup complexe pour les nombreux visiteurs de l’exposition panafricaine, Guy Wouete, a choisi de dire les choses crûment. La critique nigérienne de l’art contemporain, Bisi Silva, qui était littéralement séduite entre autres par le talent de l’artiste le lui a un peu reproché. Mais Guy Wouete est resté dans sa démarche : « Je n’ai pas voulu faire dans l’intellectualisme. Je suis un artiste et je traite d’un sujet grave » lance-t-il pendant l’échange que nous avons eu au Musée national du Mali ce 10 novembre 2009 en après-midi.

Sur la vidéo défile des images de la tête d’un homme  couché et regardant le ciel. D’abord le visage en question est serein. Puis subitement, il se met à sortir de sa bouche du feu et des laves tel un volcan qui dormait, et qui est subitement entré en activité. « Je m’interroge sur la guerre, le désastre humanitaire auquel elle a conduit et ses graves conséquences sur la nature, sur les questions d’intégralité et d’absence de démocratie dans les gouvernements de nos pays du Sud. Je pense à mon pays le Cameroun. Et je dis qu’il faut se méfier des pays dits en paix comme le nôtre. Car les jeunes sont en train de partir parce que les vieux à la fois, corrompus et qui ont une attitude prédatrice ne veulent pas partir. Il faut donc faire attention. »

Le même sujet est traité par Balthelemy Toguo (voir interview). Depuis qu’il est arrivé, à Bamako venant de France pour les Rencontres photographiques, on l’appelle « Monsieur le Président ». Cela fait suite à son travail constitué de trois photographies où il met en orbite le comportement de certains leaders africains sur l’exploitation de la forêt et la mauvaise gouvernance de leur pays qui conduit des milliers de jeunes à l’exil. Un travail très apprécié, au regard de la popularité dont jouit ce fils de Bandjoun dans les coulisses du festival consacré à la photographie.

Rendu à son quatrième jour, les Rencontres africaines de la photographie de Bamako vont dévoiler ce 11 novembre les différentes récompenses. En attendant, hier 10 novembre, Paul Kagamé, président de la République du Rwanda qui a effectué pendant deux jours une visite d’Etat au Mali a vécu (il est vrai à distance) cette fête de la photographie africaine. Son homologue Amadou Toumani Touré lui a certainement fait goûter dans le luxueux salon de l’hôtel Laïco Amitié où il a résidé, et où se déroule aussi une exposition, le bonheur que procure une photographie artistiquement bien travaillée.

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Cameroun – Guinée Equatoriale : Un colonel équato-guinéen kidnappé à Yaoundé

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Il s’agirait d’un opposant au régime en place à Malabo. –

Le ballet d’audiences, qui a eu cours pendant tout le weekend dernier, et qui s’est poursuivi hier pendant toute la journée au ministère des Relations extérieures du Cameroun à Yaoundé, laissait présager des lendemains de la Commission mixte Cameroun Nigeria, tenue en fin de semaine.  Il en était autrement.

A peine remis des fatigues des travaux de ladite commission mixte, le ministre Henri Eyebe Ayissi a dû recevoir des personnalités, au sujet d’une affaire qui risque d’envenimer davantage les relations déjà tendues entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Jean Baptiste Bokam, le secrétaire d’Etat à la Gendarmerie nationale, le Haut commissaire aux réfugiés en poste à Yaoundé, des fonctionnaires de la Surêté nationale et des journalistes très introduits de la Crtv, ont successivement défilé chez le Minrex. Ces  audiences étaient  consécutives à une interpellation des services du Haut commissariat aux réfugiés à Yaoundé, au sujet du sort d’un réfugié politique équato-guinéen, porté disparu depuis une semaine maintenant.
L’affaire remonte à mardi dernier, lorsque deux agents de la police camerounaise, ont interpellé le sujet équato-guinéen, officiellement enregistré parmi les réfugiés politiques au Cameroun. Le nommé Ndam Ibrahim, en service à la Direction de la police judiciaire à Yaoundé, réussit à décharger une arme à feu chez son chef de service des interventions et des recherches à la Dpj, le commissaire Nyebe, aux motifs qu’il est sur la piste d’un Equato-guinéen, spécialiste des braquages et du trafic des grosses cylindrées. Aidé par un autre agent de police, le gardien de la paix Ndam Hamidou, en service quant à lui aux Renseignements généraux du Commissariat central de Yaoundé, il procède à l’arrestation du suspect, puis le convoie à l’ambassade de Guinée Equatoriale à Yaoundé, contre une prime de 15 millions de francs Cfa à eux promise par les services de renseignements de ce pays voisin.
Selon des sources bien introduites à la Dpj, il n’y aurait aucune trace d’un mandat d’arrêt contre le sujet équato-guinéen. Les fonctionnaires de la police camerounaise mis en cause dans cette affaire ont, selon toute vraisemblance, agi en marge des instructions de leur hiérarchie. Ils auraient commis l’erreur, au moment de l’interpellation du citoyen  équato-guinéen, de laisser ce dernier faire usage de son téléphone portable, qui a de ce fait réussi à alerter des réseaux, dont celui du Haut commissaire aux réfugiés à Yaoundé. C’est ce dernier qui a entrepris de se mettre sur la trace du réfugié, en interpellant la Direction de la Police judiciaire, puis le ministère des Relations extérieures. Le Cameroun serait de ce fait accusé d’une violation grave de la convention sur la protection des réfugiés politiques. C’est officiellement ce qui justifie le ballet d’audiences observé chez le Minrex, qui lui-même, recevrait des pressions du président de la République, actuellement en route pour le sommet de la Francophonie au Canada. Paul Biya voudrait en effet que la lumière soit faite sur cette affaire qui ne contribuerait pas à améliorer la qualité des relations difficiles avec Obiang Nguéma Mbazogo.
Les deux fonctionnaires de police ont été mis aux arrêts et sont actuellement détenus à la Dpj de Yaoundé. Ils sont officiellement accusés "d’intelligence avec un service de renseignement étranger". Quoi qu’il en soit, des fonctionnaires de la Dpj, approchés pour nous éclairer sur la question, reconnaissent  la faute professionnelle de leurs collègues, qui ont manifestement agi en marge des procédures usuelles. Même si ceux du ministère des Relations Extérieures estiment que ce sont des actes isolés de fonctionnaires de police, ils affirment que les actes des mis en cause ne sauraient engager l’Etat du Cameroun tout entier. Toujours est-il que le délégué général à la Sûreté nationale, de retour au Cameroun depuis hier soir, d’après nos sources, devrait prendre des mesures disciplinaires à l’endroit de ses collaborateurs impliqués dans cette affaire. Pour l’instant, un mystère plane sur le sort réservé à ce colonel équato guinéen. Est-il séquestré dans les locaux de l’ambassade de Guinée Equatoriale à Yaoundé ? A-t-il été rapatrié dans son pays ? Il faudra attente les résultats des recherches en cours.

Jacques Bessala Manga

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