L’Afd aurait déjà consenti à financer à hauteur de 50 milliards ce projet qui doit sortir des terres d’ici 4 à 5 ans.
Ce n’est pas un projet du Groupement inter patronal du Cameroun (Gcam). Mais dans la dynamique de communication engagée depuis quelques mois par son président, les habitants de Douala, qui ont vécu des bouchons «cauchemardesques» le 26 juillet dernier sont désormais au courant du niveau d’avancement du projet de construction d’un second pont sur le fleuve Wouri. Incident qui a, selon le Gicam, «fini de prouver le caractère hautement économique et stratégique de cet ouvrage». «Officiellement, le futur pont sur le Wouri sera construit à 10 mètres, à droite du pont actuel, vu du quartier Deïdo. L’infrastructure comportera deux ponts d’une longueur de 850 mètres, soit un routier avec 5 voies et un rail à deux voies. Deux sens giratoires sont prévus aux extrémités pour une bon accessibilité», a décrit le président du Gicam Olivier Behle, lors du point de presse qu’il a donné vendredi dernier au siège du groupement à Douala.
«L’avant projet sommaire est terminé. Un appel à manifestation d’intérêt pour la constitution d’une short-list dans le cadre de la conception et de la réalisation a été lancé, le dossier d’appel d’offres est disponible et la durée prévisionnelle des travaux est d’environ 48 mois dont 8 d’études», a poursuivi le président du Gicam qui était entouré à cette occasion par d’autres membres du bureau, dont André Fotso, Léopold Ngallé Ekwalla et Henri Fosso. En soutien à la déclaration du président du Gicam, le vice président André Fotso, représentant du Gicam à la concertation ayant abouti à cette étude de faisabilité de construction du pont, a indiqué que ce projet va couter près de 120 milliards de francs Cfa.
«Il s’agit des financements directs des pouvoirs publics. Une partie a déjà été trouvée, car l’Afd a donné son accord pour le financement à hauteur de 50 milliards de francs Cfa. Et d’ici 4 à 5 ans, le problème peut être résolu», a affirmé André Fotso. Toutefois, a rappelé le président du Gicam, la construction de ce second pont ne devrait pas faire oublier d’autres projets en rapport avec la circulation dans la capitale économique. Pour Olivier Behle, «la voie de contournement reste d’actualité».
Même si l’appel d’offres va être lancé et devra suivre la procédure d’un marché public, les observateurs se posent déjà des questions sur l’indépendance au regard de l’intervention de la France dans le financement de l’ouvrage. «On sait bien que les Chinois et Français sont autant intéressés par la construction de ce deuxième pont. Or, la France à travers l’Afd est déjà engagée pour une partie du financement. Est-ce qu’il n’y aurait pas alors concurrence déloyale si des entreprises françaises venaient à soumissionner ? Car, on sait que lors de son passage au Cameroun il y a quelque semaines, le président de Medef International pour la région Afrique, Lucas Patrick, s’est demandé jusqu’à quand les contribuables français vont continuer à accepter cette situation qui veut que pour des projets financés par la France ce soient plutôt des entreprises chinoises qui gagnent le marchés!», se demande un adhérent du Gicam.
Lazare Kolyang
