L’enseignant plasticien présente sa dernière création au Musée national de Yaoundé.
Eric Vincent Fomo (Stagiaire) –
"Je suis content de cette exposition. L’artiste a su prendre les formes de l’histoire de l’art et y ajouter des objets de son environnement. Il ne s’est pas enfermé dans un style, comme les autres artistes, ce qui constitue la nouvelle esthétique internationale". Jean Kouam Tawadje, commissaire de l’exposition, n’a pas tari d’éloges après le vernissage des œuvres de Jean Jacques Kanté. C’était vendredi dernier au Musée national de Yaoundé. Devant un public estimé à plus de 100 personnes venues contempler sa dernière création, Jean Jacques Kanté a en effet su retenir l’attention, à travers un nouveau concept baptisé l’archéologie où "Art-Kéo".
"J’ai voulu reconstituer l’histoire de l’Afrique. L’archéologie, c’est la recherche. Il y a des choses autour de nous qu’il faut retrouver", explique l’enseignant de l’Institut de formation artistique de Mbalmayo (Ifa) qui en est à sa quatrième exposition individuelle après celles baptisées "Le temps", "Vision cosmique", et "Cuisine plastique".
Le point culminant de l’exposition a été la fouille des objets d’art de l’artiste enfouis dans de la sciure. Là, de nombreuses personnes se sont jetées dans les rejets de planches en essayant de dénicher les objets enfouis. La palme d’or de la fouille est revenue à Kafrinne, une créatrice de bijoux à Marseille (France), qui a trouvé un cauri. Et selon la légende, celui qui trouve un cauri trouve le bonheur. Ce qui a justifié son cri perçant qui a surpris tout le monde, y compris l’artiste. D’autres objets comme les cornes en ivoire, les calebasses, et des pots ont aussi été retrouvés.
Olivier Youbi Tchonang, également enseignant à (l’Ifa) de Mbalmayo s’est également réjoui de la trouvaille de kanté. "Il a utilisé une technique mixte pour ses œuvres. Ce qui nous permet de voir les couleurs, les contrastes qui nous interpellent et nous renvoient à une image du passé. Il parle des profondeurs de l’âme, ressort les joies, les peines pour fixer sur la toile. Ces œuvres sont en accord avec le thème. Puisque l’archéologie est un site où on va reconstituer quelque chose". Mais, l’enseignant Youbi émet quelques réserves, qui sont, en fait, de craintes sur l’exposition. "J’ai peur que les gens ne perçoivent pas la substance ou l’esprit de cette exposition. Dans ce sens-ci, l’archéologie n’est pas seulement le passé, on prépare aussi le présent et le futur. C’est quelque chose qui permet à l’artiste de s’équilibrer. Pour avancer dans tous les domaines, dans d’autres archéologies (politique, économique etc.) en dehors de la portée sociale et culturelle dénotée ici", explique-t-il.
De part et d’autre sur les murs, le public a pu admirer la cinquantaine de toiles exposées par Jean Jacques Kanté. Ses tableaux se présentent comme "un carrefour des civilisations, l’artiste est allé au delà de l’océan atlantique", précise Jean Kouam Tawadje. Lequel précise que les tableaux évoquaient, entre autres, des symbolismes sur la tête du buffle, qui rappellent le roi à l’origine, l’abstraction géométrique de Pierre Mondrian (un célèbre plasticien), l’origine de la vie etc. Un mois, c’est le temps que va durer l’exposition de Jean Jacques Kanté au Musée national. De nombreuses personnes sont attendues, pour contempler et, au besoin, acquérir les meilleures œuvres.
