Plus de 200 tableaux peints par des jeunes élèves de Douala, sont exposés à la délégation de la Culture pour le Littoral. –
Raina Fagam, 11 ans, ne tient plus en place. L’artiste en herbe a hâte de montrer sa toile à son père, venu comme nombre de parents admirer le travail de sa fille. Le tableau de Raina représente deux femmes s’attelant à déposer des ordures dans une poubelle. On comprend ainsi que la jeune peintre a axé son œuvre sur le thème de l’hygiène et de la salubrité. Un hic sur la fresque quand même : le ciel est peint en vert. "Le maître d’art plastique me l’a reproché. Le ciel est toujours en bleu", s’excuse la jeune fille. Cependant, on est bien loin des gribouillages auxquels on pourrait s’attendre.
Elève au cours moyen deuxième année au centre scolaire Tom and John, Raina compte parmi les participants au projet baptisé "L’écolier génie de l’art", initié par l’artiste-plasticien Joe Kessy. En collaboration avec plusieurs établissements primaires de la ville de Douala, ce dernier a encadré plus d’une centaine de jeunes apprenants. Il s’agissait des pensionnaires des quatre centres scolaires que sont : l’école publique d’Akwa, l’école catholique Maria Goretti de New-Bell, les Petits Rousseau et Tom and John. Durant plus d’un mois, Joe Kessy a en effet familiarisés ses jeunes apprenants à l’art de manier le pinceau.
Sous le thème "Ma ville se modernise, je m’implique", les apprentis peintres ont promené leur imagination. "Le but de cette initiative était d’intéresser les plus petits à la culture citadine. De développer chez eux, le sens du civisme. C’est par ailleurs l’occasion d’intégrer l’apprentissage de l’art dès l’école primaire", renseigne Joe Kessy. "Nous avions des séances de travail une fois par semaine. La première fois, nous avons faits des dessins sur du papier. La fois suivante, nous avons dessiné les personnages sur la toile, puis nous les avons habillés de peinture. Les tableaux ont été achevés avec une ou plusieurs touches de peinture sur la totalité du tableau. J’ai beaucoup appris sur l’art plastique", confie Raina Fagam, visiblement contente.
Le vernissage de samedi dernier constituait également une exposition vente. Pour encourager l’initiative, les parents ont eu à acheter les œuvres de leurs enfants. Moyennant la modique somme de 2000 francs Cfa, M Kepta s’est ainsi doté de la toile de sa fille de 7 ans. "Elle a peint deux motos en collision et une victime sur le carreau", révèle fièrement Justin Kepta. "C’est une très bonne initiative, car elle permet de révéler la créativité chez l’enfant et de détecter ainsi des talents", poursuit-il. Pour la suite du projet, Joe Kessy ambitionne de sélectionner les meilleures représentations et de les faire reproduire, cette fois, par des artistes plasticiens professionnels.
Monique Ngo Mayag
