Le groupe Bisso Na Bisso a fait appel, dans son deuxième album, Africa, à de grands noms de la musique. – 
Bisso Na Bisso, enfin de retour !
On a mis du temps pour sortir cet album. Deux ans d’enregistrement. Les 14 titres ont été choisis parmi une trentaine de morceaux qu’on a composés.
On les a joués sur scène, à Dakar, sans que les gens ne les connaissent, et on a eu d’assez bonnes réactions. Bisso Na Bisso est un groupe qui délire beaucoup, et je pense que les gens de la diaspora africaine en ont besoin. En plus, on a pu charmer d’autres personnes qui ne nous connaissaient pas ou qui étaient proches de l’Afrique.
Dix ans entre deux sorties d’albums, c’est long …
Oui, mais chaque membre avait besoin de développer sa carrière solo. Après le premier album de Bisso, on n’a fait qu’un seul concert à Paris et beaucoup en Afrique, aux Antilles… Pour ma part, j’ai fait des compiles : Dealer de zouk, Dealer de ragga, des albums solo, etc… et c’est pareil pour le reste du groupe. Tout le monde était sur des projets personnels. Et on s’est réuni de nouveau pour le second album Bisso Na Bisso. Le premier Bisso a fait plaisir à la diaspora africaine parce qu’on venait avec une fierté africaine, en assumant notre double culture franco-africaine.
Votre premier album, Racines, s’est vendu à 200 000 exemplaires. Pensez-vous qu’Africa aura le même succès ?
C’est vrai que les chiffres de la musique ont beaucoup baissé depuis 10 ans. Le disque d’or n’est plus à 100 000 mais à 75 000 exemplaires vendus. J’aimerais bien que cet album soit décoré. Si on a le disque d’or, ce sera pas mal.
Comment as-tu eu l’idée de réunir tous les invités de chaque pays pour cet album ?
Le choix a été fait en groupe. On a fait Racines, notre premier album, à cause du conflit qui s’est passé à Brazzaville, et on s’est rendu compte que les sujets dont on parlait pouvaient toucher tout le continent. Sur cet opus, Africa, on a voulu prendre les invités du continent et aussi d’ailleurs pour s’adresser à la diaspora africaine à travers le monde et surtout surligner cette idée des Etats-Unis d’Afrique. C’est-à-dire, créer un Rungis au milieu de l’Afrique où le surplus de bananes du Cameroun, par exemple, pourrait servir à alimenter les autres pays. On a besoin de défendre notre culture, nos coutumes, notre continent face au monde. On a besoin d’une Afrique solide.
Afrik.com
