L’événement a débuté hier, avec un joli programme pour les amoureux de hip hop.
Eugène Dipanda – Hier encore, c’était "Ça me dit rap", ce fameux concept créé en avril 2001 et tant adulé dans les milieux jeunes. L’objectif, à l’époque, était alors bien simple : promouvoir le Rap local ainsi que quelques autres musiques dites urbaines. Si le dessein est resté le même, Axes Jeunes, l’association promotrice de l’événement, a néanmoins décidé de procéder à une sorte de lifting du projet. "Depuis plus de deux décennies, on assiste à l’émergence de nouveaux modes d’expression artistiques en Afrique: le rap, le djing (animation des disc jockeys), le grafiti, la danse hip hop, le théâtre de rue, les jeux vidéo, les rollers, le basket play-ground, qui sont autant de formes d’expression artistiques et culturelles, qui envahissent notre paysage urbain et se présente comme nouveaux vecteurs d’identification de la jeunesse", expliquent les organisateurs du festival baptisé "Couleurs urbaines".
Selon ces derniers, en effet, ce festival qui a officiellement démarré hier, mardi 12 juin, ne se limitera plus au seul rap, tel que cela se passait avec le concept "Ça me dit rap". Au cours de cette première édition des "Couleurs urbaines", les journées seront essentiellement consacrées aux activités à caractère pédagogique, tel que l’a expliqué le directeur du Festival lundi dernier, au cours de la conférence de presse organisée dans les locaux de l’un des sponsors à Yaoundé.
Révélations
Selon Hans Mbong, il s’agit notamment des rencontres professionnelles, des ateliers de formation à la danse, des fora et autres tables rondes. Les spectacles, eux, auront lieu en soirée, à partir de vendredi prochain. Contrairement à "Ça me dit rap", qui était mensuel, avec des programmations spéciales pendant les vacances, le festival "Couleurs urbaines" se veut un rendez-vous annuel et international. Comme l’association Axes Jeunes l’avait déjà prévenu d’ailleurs, les participants devraient arriver de plusieurs pays, à l’instar de la France, du Gabon, de la Côte-d’Ivoire, du Sénégal et du Burkina Faso.
"Œuvrer pour la diffusion et le développement des cultures urbaines en Afrique ; exprimer le bouillonnement créatif et l’esprit d’initiative des jeunes du Sud et du Nord ; permettre aux artistes et aux professionnels du Sud de partager leurs expériences et d’échanger sur la création et la diffusion de ces nouvelles initiatives artistiques ; offrir aux artistes un espace de dialogue et d’ouverture vers le public et les professionnels, mais aussi vers les producteurs, promoteurs et médias internationaux ; être la plate-forme où les jeunes du Nord et du Sud pourront s’exprimer dans tous les genres et cultures urbaines ; élargir un champ de consommation des produits culturels en Afrique…", les objectifs du festival "Couleurs urbaines" sont nombreux et variés.
Pour réussir ce pari, Axes Jeunes aura donc besoin de moyens financiers importants. Mais, pour son coordonnateur, le plus important est l’offre artistique, car, "il y a un réel besoin dans l’environnement culturel camerounais", estime Hans Mbong. En attendant de voir concrètement ce que les jeunes tireront effectivement de ce premier rendez-vous de "Couleurs urbaines", le concept "Ça me dit rap", lui, a eu la particularité de révéler plusieurs rappeurs locaux, à l’instar des groupe C-Minaire, X-Maleya, Bantou Possi, Ak Sang Grav etc., sans oublier tous les autres, désormais professionnels du hip hop, que sont le Bronz, R’flet, Elock, Bete 2 Scène, Negrissim, Big Bzy, Rasyn, Krotal, Koppo, Dj Bilik Jo… en guise de reconnaissance, la plupart de ces derniers font d’ailleurs partie de la programmation artistique de "Couleurs urbaines". Ils devraient en principe se produire aux côtés de leurs confrères Faso Kombat du Burkina Faso, Nix du Sénégal et Mel Races de France…
